Sport
Publié le 18/02/2008 à 12:00 par edouardtamba
Athlétisme - Course de l`Espoir
Trois athlètes font main basse sur l`ascension
La 13e édition de la course de l`espoir s`est courue hier, 17 février 2008 a Buea. L`informatique y fait son ascension.
Exit la course de l`espoir, acte 13. La ville de Buea a vibré hier au rythme de l`ascension du mont Cameroun. Une compétition considérée comme l’une des plus ardue au monde dans le genre. Les candidats ont répondu présents. Le jour ne s`était pas complètement levé qu`ils avaient pris le Molyko stadium d`assaut. Lorsque sept heures pointe sur les montres, six cents vingt cinq s`élancent a la conquête du « Char des dieux ». La course des vétérans et des jeunes n`est pas longue. Les premiers tournent au niveau des services du gouverneur et reviennent au stade. Bani Salomon traverse la ligne d`arrivée après 55 minutes. Tincho Jean lui colle presque au train, suivi de Tiwa Zachee Darius. Nfor Eunice Nunding sème les autres dames en 1h03`. Cote jeunes, Temgoua Wamba Fabrice s`impose chez les garçons, et Wirnkar Nadeche chez les filles.
Ces arrivées n`intéressent pas grand monde. Les attentions sont focalisées sur les seniors. L`ont apprend que Bongkiyung Januarius mène la course et aurait traverse le premier refuge presque en solo. Puis le suspens revient. Aux environs de 10h30, l`on annonce le premier entrain de descendre entre les 2e et 1er refuge. Mais aucun nom ne filtre. C`est le retour de l`Alouette de l`armée de l`air au Molyko stadium qui indiquera que le dénouement est proche. La messe est dite en un quelques minutes. Les abonnés du podium depuis 1999 confirment que la montagne reconnaît les siens. Ngonga Pongha Tiafe Charle fait la passe de quatre victoires. Cet athlète remporte l`épreuve chez les seniors messieurs. Quarante et un kilomètres parcourus en 4h35`49``. Soit cinq minutes de moins que le vainqueur de la 12e édition. Mais pas suffisant pour inquiéter les 3h46`34`` du regrette Lekunze.
Bongkiyung Januarius, détenteur du titre depuis 2006 prend la deuxième place avec un chrono de 4h37`10. Suivi trois minutes plus tard de Kongnuy Joseph, champion de la montagne entre 1999 et 2001. Il faudra attendre près d`une heure pour voir arriver la première dame. Giwe Catherine Ngwang s`offre le luxe du double, en 5h39`21``. Juste devant une coureuse que personne n`attendait : Liengu Sarah Etonge. Consacrée a l`occasion “reine officielle de l`ascension du mont Cameroun ”. C`est la jeune Ngalim Lizette Narila qui ferme le tableau. L`absence d`équipes étrangères permet aux Camerounais de s`arroger les trois premières places du relais masculin. Le directeur technique national (Dtn), Michel Nkolo, se réjouit du déroulement de la course. Parce que, d`une part les hommes ont mieux fait que l`an dernier. “Chez les hommes, les trois premiers sont des habitués de la compétition. Ils se préparent continuellement ”, explique le Dtn.
“Mais, observe-t-il, l`entraînement est caractéristique de certaines circonstances telles que la santé, la maternité…” chez les dames. D`autre part, le contentement du directeur technique vient de l`introduction de l`outil informatique dans la gestion de la course. “C`est la toute première fois qu`on utilise ce type d`équipement en Afrique pour les courses de montagne” révèle le Dtn. Les athlètes étaient équipés de puces électroniques. Ce qui a permis de vérifier leur passage effectif a tous les points de contrôle. “Ca nous a permis de détecter tous les tricheurs et de les mettre a l`écart”, se félicite Michel Nkolo. De plus, les chiffres concernant d`éventuels abandons se précisaient plus vite. C`est ainsi qu`a une heure du temps limite, l`on savait au staff technique que deux cents neuf (209) athlètes sont arrives au troisième refuge. Heureuses perspectives pour les espoirs mis en cette Course de l`Espoir.
Edouard TAMBA
Envoyé special a Buea
In Le Messager du 18 février 2008
Résultats
Hommes - Seniors
1-
NGONGA PONGHA Charles 04:35:49.55
2-
BONGKIYUNG Januarius 04:37:10.25
3-
KONGNUY Joseph 04:40:28.56
Dames - Seniors
1-
GIWE Catherine NGWANG 05:39:21.95
2-
Sarah LIENGU ETONGE 05:43:38.62
3-
NGALIM Lizette NARILA 05:49:12.24
Hommes - Juniors
1-
TEMGOUA WAMBA Fabrice 01:46:14 16.
2-
Bakari Earnest NGINYUI 01:47:21 16.
3-
SANDA Hamadu 01:49:04 16.
Dames - Juniors
1-
WIRNKAR Nadeche NAVTI 02:11:04 13.73
2-
NJOWUN Habib WARDZENY 02:11:43 13.67
3-
NGORAN Immaculate 02:11:56 13.64
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Publié le 12/05/2008 à 12:00 par edouardtamba
INFRASTRUCTURES
Aes Sonel, Snec et Camtel ralentissent les travaux
Le Palais des sports en construction à Yaoundé a reçu la visite des ministres en charge des sports, et des affaires sociales le22 avril 2008.
Le délai de livraison du futur palais des sports de Yaoundé est incertain. Selon le chef de la mission de contrôle, Elemva François, « On aurait du livrer ce joyaux architectural en fin février 2008, mais il y a eu des aléas… ». L’échéance désormais fixée à juillet 2008 n’est pas plus sûre. Le ministre des sports et de l’éducation physique (Minsep) s’est voulu rassurant hier à l’issue de la visite du chantier. « Au niveau du ministère des sports et de l’éducation physique, nous savons que les travaux vont bon train (…) Nous n’avons pas d’inquiétude à ce sujet. Les délais seront tenus Il n’y a pas lieu de s’inquiéter ». Le chef de la mission de contrôle se veut plus précis. « Les travaux sont réalisés à 80%. Nous sommes dans le second œuvre, c’est-à-dire les finitions. Pour ce qui est de la date de livraison, c’est assez complexe. On craint de donner une date exacte. L’entreprise nous a promis de livrer le bâtiment en fin juillet 2008 », indique Elemva François.
L’air dubitatif de ce dernier tient de l’attitude de certaines entreprises dont les prestations sont encore attendues. Selon lui, Aes-Sonel, Snec et Camtel tardent à entamer leurs travaux pour l’adduction d’eau, d’électricité et l’arrimage du bâtiment à la fibre optique. Ces entreprises ont elle-même préparé leurs factures, à en croire le chef de la mission de contrôle. Ce pour un montant global d’environ 250 millions de Fcfa, dont 200 millions pour l’électricité. « L’argent est déjà là. On les supplie même d’aller signer les marchés », confie Elemva F. L’un de ses collaborateurs précise que l’argent a été débloqué par le ministère des finances à la suite d’une injonction expresse du premier ministre au cours d’une réunion.
Le cas de la Snec a pu être présenté au Minsep pendant la visite du chantier. « Il faut qu’on puisse avoir accès à l’eau avant de mettre le plafond. C’est impératif. Si la Snec peut venir (…) », signalait le chef de la mission de contrôle à Augustin Edjoa. Cette disposition tient du fait que l’entreprise a fait passer les canalisations dans le plafond. Ce qui oblige les plombiers à vérifier l’étanchéité de l’ouvrage avant la pause des panneaux devant recouvrir le plafond. Le secrétaire général du Minsep, N’Hanack Tonye a indiqué ici que le marché avec la Snec pourrait être signé d’ici à la fin de cette semaine. Au-delà des prestations des ces entreprises, d’autres types de travaux n’ont pas encore été entamés. C’est le cas de la fixation des sièges, la fourniture des meubles de bureau et du salon Vip, les équipements sportifs et les équipements de régie audio, vidéo et téléphonique. A cela s’ajoute les sanitaires, la peinture, la vitrerie, le carrelage externe… et la décoration.
Le tour de ce palais des sports aura au moins vu la satisfaction d’un visiteur : le ministre des affaires sociales, Cathérine Bakang Mbock. Et pour cause, l’ouvrage assure la mobilité des handicapés. « Dans le cas de ce chantier, nous sommes rassurés. L’intégration de l’approche handicap est effective. Nous avons les rampes d’accès à toutes les tribunes. Le revêtement des sols est fait en matériaux antidérapant ce qui permet aux personnes à béquilles de se mouvoir sans problème », se réjouit-elle. Et le must pour ces derniers, ceux équipés de chaises roulantes ont une cinquantaine de place réservées juste derrière la tribune présidentielle.
Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 23-04-08
Publié le 30/04/2007 à 12:00 par Edouard Tamba/Le Messager
Caa Assemblée générale
L’Afrique centrale soutient Kalkaba Malboum /
La région Centre de la Confédération africaine d’Athlétisme (Caa) a renouvelé son bureau le 4 avril dernier à Yaoundé.
Le siège du Comité national olympique et sportif du Cameroun (Cnosc) a accueilli les travaux. Au menu, la présentation du rapport général des quatre dernières années, et l’élection d’un nouveau bureau. Le président de la Fédération gabonaise d’athlétisme, Richard Damas, a été élu à la tête de la région pour les quatre prochaines années. “ On a procédé à une élection de bureau par consensus. Comme toujours en athlétisme, nous avons travaillé dans la fraternité et la compréhension ”, confie un participant aux travaux. Il précise : “ après la désignation de Richard Damas comme président, on lui a demandé de proposer son bureau. ” La proposition est passée comme une lettre à la poste.
Ainsi, le Camerounais Ange Sama est le premier vice-président. Antonio Menezes, de Sao Tomé et Principe, garde son poste de deuxième vice-président. Le Burundais Deo Nshimiri Mana assume les fonctions de trésorier général, tandis que sa voisine du Rwanda, Venantie Mukagatare est commissaire aux comptes. Le secrétaire général sera nommé par le président.
La région a innové par la mise sur pied de nouvelles structures. Il s’agit de la commission de développement et des compétitions, et de la commission marketing et communication. Elles seront respectivement dirigées par Emmanuel Mpio du Congo et Ngozo Dominique de la République centrafricaine (Rca). Selon le président de la Caa, Kalkaba Malboum, ces nouvelles commissions vont permettre à l’Afrique centrale d’optimiser la formation de ses athlètes et de mieux organiser ses compétitions.
Le budget sera discuté à Dakar, en marge du Congrès de la Caa, le 28 avril prochain. Mais, déjà, les participants ont adopté une motion de soutien pour la candidature du président sortant de la Caa, le Camerounais Hamad Kalkaba Malboum, candidat à sa propre succession.
[i]Par Edouard TAMBA
In Le Messager
11-04-2007[/i]
Hamad Kalkaba Malboum :
“ L’Afrique centrale aura une place plus importante au sein de la Caa ”
Venu présider l’Assemblée générale (Ag) de la Région III, le président sortant de la Confédération africaine d’athlétisme (Caa) est déjà en campagne.
Quelles sont les leçons à retenir de cette Ag ?
Je pense que la première leçon, c’est la solidarité des membres de la région. Ils ont placé leur action au profit du leadership que la région exerce en ce moment au niveau continental, par ma présence à la tête de la Confédération africaine d’athlétisme. Tout s’est passé dans un esprit de consensus. Nous avons mis en place de nouvelles structures et tous les membres de la région ont pris l’engagement ferme de soutenir ma candidature lors des prochaines élections à Dakar, le 28 avril 2007.
On sort de cette réunion renforcés et solidaires à l’idée que nous avons un rôle à jouer et ce n’est pas un rôle individuel. Mais c’est l’intérêt de la sous-région Afrique centrale d’autant plus que l’Afrique de l’Ouest a présidé aux destinées de cette confédération pendant 30 ans. La chance nous revient aujourd’hui de diriger cette confédération, et nous souhaitons marquer notre passage.
Au regard des performances des athlètes, la région Centre n’est-elle pas le ventre mou de l’athlétisme africain ?
Je ne pense pas. Nous avons un peu de retard par rapport aux autres. Un retard dû au fait que ceux qui nous ont précédés n’ont peut-être pas pris au sérieux leur rôle de pouvoir dynamiser le potentiel de l’Afrique centrale. Mais depuis les quatre dernières années, des efforts ont été faits. Notamment dans l’organisation de la compétition au niveau de l’Afrique centrale. En 2003, Garoua a accueilli le championnat d’Afrique Junior. En 2004, Brazzaville a accueilli le championnat d’Afrique Senior et depuis 2003 il y a eu un effort dans la réalisation des infrastructures d’athlétisme en Afrique centrale. Nous avions deux pistes seulement (Yaoundé et N’Djamena). Aujourd’hui, on en a huit. Le Gabon, les deux Congo, la Guinée équatoriale, la Rca, le Tchad, le Cameroun et le Rwanda. Il n’y a plus que Sao Tomé et le Burundi qui n’ont pas de piste, mais c’est pour bientôt. La pratique de l’athlétisme va s’améliorer, du fait même que ces instruments de travail existent. En plus, nous avons un programme homogène de détection de jeunes talents et de programmation des compétitions. Je suis convaincu que l’Afrique centrale aura une place plus importante auprès de la Caa.
En engageant autant d’actions en Afrique centrale, n’allez-vous pas mettre les autres régions mal à l’aise ?
C’est pour rattraper un retard, dû au fait que pendant de nombreuses années, l’Afrique centrale n’a véritablement pas apporté ce dont elle est capable. Moi, je pense que c’est un souci d’équité. Si vous voulez que les choses se passent de manière équitable au niveau du continent, il faut donner un peu plus la main là où il y a un retard. Et comme ça, nous allons atteindre un niveau d’équilibre
Ce n’est plus un secret, vous avez l’intention de rempiler à la tête de la confédération le 28 avril. Quel sera votre principal argument ?
C’est mon bilan. Je ne suis pas allé à la Caa présenter mon beau costume. Mais plutôt un programme que j’ai exécuté pendant les quatre années. Je n’ai pas la prétention de dire que j’ai atteint les 100 %.
Vous vous fixez à quel pourcentage ?
Peut-être 90 %. Parce que j’avais dit que si on m’élisait à la tête de la Caa, j’allais faire un certain nombre de choses que j’ai effectivement réalisées. D’ailleurs, je vais rendre compte à mes électeurs en revenant sur ce que j’avais pris comme engagement, ce que j’ai pu réaliser, et ce que je n’ai pas pu réaliser. Tout en leur disant ce que je compte faire si je suis à la tête de la confédération pour les quatre prochaines années.
Entretien avec Edouard TAMBA
In Le Messager
11-04-2007
Publié le 18/01/2008 à 12:00 par edouardtamba
Can 2008 – Lions Indomptables
Préparatifs
Hystérie autour des Lions
Les lions ont pris part à une messe hier, 17 janvier 2008, à Yaoundé avant de s’envoler pour le Ghana.
Song Bahanag et ses coéquipiers se sont envolés hier soir pour la Ghana. Pays où ils prendront part à la 26e édition de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football. Leur départ a été précédé d’une messe à la basilique mineure Marie-Reine des apôtres de Mvolye à Yaoundé. Le programme publié par le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep) annonçait un culte œcuménique sur l’esplanade de l’Hôtel de ville de Yaoundé. Mais l’on a assisté à un one man show de l’archevêque de Yaoundé, Victor Tonye Bakot.
Ce dernier prestant selon les canons de l’église catholique. En la présence du modérateur de l’église presbytérienne, Bessala Messe. Le propos de Victor Tonye Bakot « aux joueurs, aux encadreurs et aux supporters », tournait autour de trois paramètres. La « vision chrétienne du sport, la victoire ou l’échec dans le sport, et la promotion des valeurs humaines et chrétienne dans le sport ». Le prélat en profite pour rappeler que « l’apôtre Paul ne tarit pas d’éloges envers les sportifs », notamment les coureurs et les lutteurs. Longtemps avant ce disciple de Jésus, le psaume 118 faisait déjà le rapprochement entre croyants et sportifs, en observant que « le sportif comme le chrétien vit de privation et de renoncement ».
Le début de ce culte a accuse plus d’heure de retard. Des informations recueillies ça et là laissant entendre que le bus amenant les Lions à la messe est tombé en panne. Du coup ceux-ci sont arrivés en plusieurs groupes. Et Njitap Gérémi manquait à l’appel. Ces détails n’ont pas empêché la foule d’envahir le lieu du culte. Les élèves des écoles primaires voisines occupent un pan de la salle. En plus de quelques lycéens en uniformes scolaires. « Eto’o, Eto’o… », scandent-ils à chaque fois que le sociétaire du Fc Barcelone fait un geste de la main. Les autres joueurs et lui sont protégés par une ceinture policière. La maman d’Eto’o Fils est obligée de communiqué avec ce dernier par personnes interposées, parmi lesquelles le commissaire Mbarga Victor Hugo de la police des polices.
Au moment de se donner la paix les 20 lions présents sont envahis par la foule. Les policiers commis pour contenir la foule étant occuper à se faire prendre en photo avec les vedettes du jour. Idem pour les assistants de l’archevêque, les servants de messe, les dames en charges de la quête et les enfants de cœur. Seuls quelques ministres et assimilés gardent leur flegme. Jusqu’à la fin de la célébration eucharistique. Les Lions sortent de la basilique sous forte escorte. Au pas de course. Parents, amis et connaissances se contentent de quelques gestes de la main. La foule redouble d’ardeur à l’apparition de chaque Lion. Et certains s’offusquent de leur refus de « libérer » les maillots à défaut de « faroter ». Seul le capitaine Song gratifie la foule de larges sourires. A quoi la foules répond : « bonne chance les gars ! »
Par
Édouard TAMBA
In Le Messager du 18-01-08
Publié le 17/12/2007 à 12:00 par edouardtamba
CHAMPIONNAT MONDIAL DE BOXE
L'enfant prodige s'impose à Yaoundé
Issa Hamza a dominé son adversaire Uruguayen vendredi dernier.
Il l’a fait. Sur sa terre natale. Devant ses compatriotes. Sa famille. Ses amis et connaissances. Le Camerounais Issa Hamza a conservé son titre de champion du monde des poids welters de la World boxing foundation (Wbf). Vendredi dernier, 14 décembre 2007, l’émotion est à son comble au stade omnisports Ahmadou Ahidjo. Issa Hamza, encore en sueur, est à genou sur le ring. Le drapeau du Cameroun sur les épaules. Les yeux en larmes. Des larmes de joie. Le jury vient de le déclarer vainqueur. Ce, à l’issue du combat qui vient de l’opposer à l’Uruguayen Ruben Francisco Silva Diaz.
Douze rounds au cours desquels les deux adversaires ne se sont pas fait de cadeaux. Jusqu’à ce que le jury soit obligé de les départager aux points. 118-109 pour les deux premiers juges. 118-110 pour le troisième. Dans les tribunes, la foule est en liesse. “ Le combat était complet. Tant sur le plan tactique, technique, physique que de l’endurance. Il n’y a rien à redire. Issa Hamza, on le connaissait déjà. Son adversaire venait pour arracher cette ceinture. La preuve, c’est qu’il a encaissé des coups, il les a rendus jusqu’à la fin du match ”, commente l’entraîneur national adjoint de boxe, Martin Ndongo Ebanga.
“ J’aime le Cameroun ”
“ Issa Hamza ”, “ Issa Hamza ”, clame le public à l’endroit de l’enfant prodige. Parti du Cameroun depuis cinq ans. Un pays qu’il n’a pas oublié. “ Je remercie beaucoup le cameroun. J’aime le Cameroun, vive le Cameroun ”, lance-t-il. Sans omettre de remercier les différentes personnes physiques et morales grâce à qui le combat s’est tenu à Yaoundé. “ C’est un bon boxeur ”, dit-il à propos de son adversaire. S’exprimant en espagnol, ce dernier reconnaît sa défaite. Le secret de Issa : sa fiancée. Cette dernière, selon lui, a le don de lui mijoter des plats comme il faut. Loin des fast-food et des boîtes de conserve. “ J’étais un peu crispée, un peu tendue, mais j’avais confiance ”, confie-t-elle à l’issue du combat. Mais avant de la croiser sur son chemin, Issa avait commencé à s’illustrer.
Notamment en conservant le titre de champion du Cameroun des poids welters entre 1997 et 2001. Ou en dominant la zone Afrique centrale dans la même catégorie en 1998, et en obtenant une bourse du Centre international de boxe de Tunis. C’est à la suite de sa participation à la Coupe du monde de boxe au Kazakhstan qu’il se retrouve au Nord-pas-de-Calais, en France. Sans papiers. La famille Jacob l’y accueille. Puis il intègre le club “ Athletic boxe de Calais ” en 2005. L’écurie de sa famille bienfaitrice.
C’est sous cette bannière qu’il remporte le titre mondial Wbf cette année. En battant le Philippin Don Don Sultan le 23 juin 2007 à Calais. Un exploit qu’il vient de rééditer. En passant de 22 à 23 combats professionnels, dont 14 victoires. Ce qui fait dire au ministre des Sports et de l’Education physique que Issa Hamza a “ donné raison à ceux-là qui l’encadrent depuis Calais en France ”. Et de demander au champion “ de continuer à travailler pour conserver son titre plus longtemps ”, et aux “ jeunes qui ont vu Hamza boxer [de] se préparer à assurer la réserve ”.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 17-12-2007
Publié le 06/12/2007 à 12:00 par edouardtamba
CHAMPIONNAT MONDIAL DE BOXE
Plus de 30 millions pour Issa Hamza
Le comité chargé de l’organisation du championnat mondial de boxe du 14 décembre à Yaoundé, a tenu sa première réunion hier.
C’est désormais officiel. Le Cameroun accueillera un combat de championnat mondial de boxe le 14 décembre prochain. Pour l’occasion, le Camerounais Issa Hamza défendra son titre de champion du monde des poids welters à Yaoundé, remporté le 23 juin dernier. Il aura en face lui le boxeur uruguayen, Ruben Francisco Silva Diaz. C’est le ministre des Sports et de l’éducation physique qui a officialisé la nouvelle. Face à la presse hier, Augustin Edjoa en a profité pour livrer quelques détails sur l’organisation de cette rencontre. Le combat se déroulera en douze rounds. Issa Hamza, dont l’arrivée à Yaoundé est prévue samedi, touchera un cachet de 50 000 euros. Soit près de 32,7 millions de Fcfa.
Une somme qui fait frémir plus d’un dans la salle des travaux. D’où des questionnements sur les garanties que ce combat ne sera pas une arnaque. Surtout que le challenger n’est pas très connu. Les informations disponibles sur le site de la Fédération française de boxe (Ffb), parlent d’un boxeur de âgé de 30 ans, avec 25 combats remportés (dont 13 expéditifs), 3 nuls et 15 défaites. Le Minsep tente de rassurer sur la question tout en reconnaissant que l’arnaque n’est pas à exclure. Arnaque ou pas, le cachet de Ruben F.S. Diaz s’élève à 15 000 euros, environ 9,8 millions de Fcfa. Le match a été enregistré auprès de la World boxing federation (Wbf) à hauteur de 4 500 dollars américains.
Pour ce qui est du lieu de la rencontre, rien n’est sûr. Le stade omnisports Ahmadou Ahidjo a été proposé par la Fédération camerounaise de boxe. Mais, Augustin Edjoa se veut prudent. “ Je ne peux pas être catégorique pour l’instant ”, lance-t-il. Le Minsep rassure tout de même que le match aura lieu sur “ un ring neuf aux normes olympiques ”, nouvellement acquis. 40 mille billets, “ infalsifiables ”, selon le Minsep ont été fabriqués pour l’événement. Il signale que “ la Crtv télé est pressentie pour la retransmission en direct de ce match ”. Mais la compétition reste ouverte entre les chaînes de télévision souhaitant acquérir les droits de retransmission. Elles devront se rapprocher du Comité d’organisation composé d’une soixantaine de personnes, et présidé par le secrétaire général du Minsep.
L’ultimatum de Augustin Edjoa à la presse
La rencontre d’hier au Minsep a permis à Augustin Edjoa d’annoncer une amélioration des infrastructures de boxe à Yaoundé. “ Il y a un projet de construction du Camp de l’unité ; la boxe aura son temple ”, a-t-il dit. Le ministre a saisi l’occasion pour remettre l’affaire Tombi à Roko Sidiki sur la table. Augustin Edjoa déplore que des organes de presse l’aient accusé d’avoir empêché ce dernier d’être le commissaire du match de la finale de la coupe du Cameroun. Il explique que c’est au niveau de la présidence de la République que Tombi à Roko a été écarté. Et de regretter que les journalistes ayant donné la parole à Tombi à Roko n’aient pas pris le soin de vérifier ses allégations. “ C’est venu d’en haut, qu’est-ce que je devais faire ? ”, s’est-il exclamé. Et de promettre d’un ton sévère : “ je vais désormais sévir, si on s’en prend de cette façon à moi ou à mes collaborateurs ”.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 06-12-2007
Publié le 14/12/2007 à 12:00 par edouardtamba
Championnat mondial de Boxe
Issa Hamza - Silva Diaz : le jour de vérité
Le stade omnisports Ahmadou Ahidjo accueille ce jour, le tout premier championnat mondial de boxe au Cameroun.
Le Cameroun accueille ce jour, 14 décembre 2007, un événement inédit. Le championnat mondial de boxe professionnelle. Les boxeurs vont s’affronter en catégorie welter, en version World boxing foundation (Wbf). Face à face, Issa Hamza du Cameroun, Ruben Francisco Silva Diaz de l’Uruguay. Les deux boxeurs ont été officiellement présentés au public hier à Yaoundé.
Ruben Francisco S.D. a “ commencé la boxe à l’âge de 16 ans ” selon son manager, Ruocco Alain. Quarante-deux (42) combats déjà livrés dont trente et un (31) gagnés. Ce dernier a remporté les titres de champion d’Uruguay comme amateur, ensuite comme professionnel. D’après son manager, le combat de Yaoundé “ est une chance qui est offerte ” à son poulain de devenir champion du monde. “ Il s’est d’abord préparé en Uruguay, ensuite en France. Et il a fini ici quand il est arrivé. Là, il est prêt pour ce combat ”, explique-t-il tout en reconnaissant que l’adversaire a l’avantage du terrain.
“ C’est vrai qu’il y a le public de son adversaire. Mais un ring, c’est un ring, qu’il soit sur la lune ou sur la terre ”, lance Ruocco Alain. Son poulain aura fort à faire, car il se mesure au détenteur de la ceinture mondiale. Issa Hamza, 30 ans est champion du monde depuis le 23 juin 2007. Selon son manager Thierry Jacob, il a vingt-cinq (25) combats professionnels à son actif, dont vingt victoires, trois nuls et deux défaites. Il a été champion intercontinental par trois fois. Et avant cela, il a conservé le titre de champion du Cameroun des poids welter durant cinq ans.
Assurance
“ Je suis sûr que vendredi soir mon boxeur va conserver le titre de champion du monde ”, rassure-t-il Thierry J. Issa ne cache pas sa joie de défendre son titre sur la terre qui l’a vu naître et dont il s’est éloigné depuis cinq ans déjà. “ Je suis très fier de la population camerounaise (…) C’est pour cela que j’ai voulu défendre ma ceinture dans mon pays ”, dit-il. “ Depuis que je suis parti du Cameroun, je n’ai jamais renoncé. J’ai toujours cru en moi. Il faut croire en soi ”, poursuit-il. A l’occasion, les deux pugilistes ont été pesés. 66,7 Kg pour Ruben Francisco Silva Diaz, et 66,4 Kg pour Issa Hamza.
Les précisions du Directeur technique national de boxe ont laissé entendre que douze rounds sont prévus pour le combat. Comme le prévoit le règlement Wbf, seul l’arbitre peut arrêter le combat avant. Si l’un des boxeurs est blessé avant le 4e round, le combat sera arrêté et le verdict “ nul technique ” proclamé. Au cas où une blessure surviendrait après le 4e round, le blessé perdrait par K.O. Le programme du jour prévoit cinq combats d’amateurs locaux, avant le clash final à 20h. Le public devra débourser entre 25 000 et 500 Fcfa pour vivre la rencontre en direct au stade Omnisports Ahmadou Ahidjo.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 14-12-2007
Publié le 25/10/2007 à 12:00 par edouardtamba
Jean Paul AKONO
“ Nous avons frappé un grand coup ”
Après la médaille d’Or aux Jeux olympiques 2000 et la victoire à la Coupe d’Afrique militaire 2006 (Camfoot 2006), “ Magnusson ” vient de conduire le Cameroun en finale de la coupe du monde militaire. Le coach des lions militaires revient sur le parcours de ses poulains en Inde.
Comment avez-vous constitué cette équipe ?
On se préparait au stade militaire. On a commencé par des présélections, avec trois à quatre regroupements nationaux. Ensuite une présélection de 24 joueurs a été arrêtée et nous sommes allés en Egypte peaufiner la préparation avec ces vingt-quatre (24). De là, nous sommes revenus et on a arrêté la liste des vingt (20) joueurs qui allaient faire le déplacement d’Hyderabad.
Quelle appréciation faites-vous de la compétition à laquelle vous venez de participer ?
Pour celui qui a vécu la Camfoot ici, c’était 2 à 3/4 au-dessus du niveau de la Camfoot. Pour ce qui concerne toutes les armées du monde, il n’y avait que douze (12) pays. Ca veut dire que c’était pratiquement les meilleurs. Le niveau était très élevé, et le Cameroun était dans une poule très compliquée. La Grèce s’est désistée à la dernière seconde et on s’est retrouvé avec la Corée et l’Allemagne. On a fini deuxième du groupe derrière la Corée qui avait battu l’Allemagne. On a éliminé la Guinée en quart de finale, et la Corée en demi-finale. Et nous avons perdu en finale par deux buts à zéro.
Justement, qu’est-ce qui n’a pas marché au cours de cette finale ?
Il y a toujours quelque chose qui ne marche pas quand on perd. Pour le cas d’espèce, c’était l’inattention des joueurs en début de match. Ils m’ont aussi semblé un peu passifs et naïfs. Ce qui nous a fait encaisser un but à la deuxième (2e) minute. Un but bête. Je dirais même que nous l’avons offert aux Egyptiens. A partir de là, nous nous sommes réveillés. Mais pour qui connaît le foot égyptien, quand ils vous mènent, vous souffrez pour égaliser. C’est ce qui s’est passé jusqu’à ce qu’il y ait encore une bourde à la deuxième (2e) mi-temps. Pratiquement à cinq (5) minutes de la fin alors qu’on les pressait. Nous avons fait l’essentiel du match et l’Egypte a gagné.
Etes-vous globalement satisfait de la prestation de vos poulains ?
Oui. L’unanimité a été faite autour de la prestation des Lions militaires du Cameroun. C’était pratiquement la meilleure équipe. D’ailleurs, la surprise générale est venue du fait que nous soyons battus. Même de l’Egypte. D’où leur énorme satisfaction. Ils n’y croyaient pas et ils ont gagné. Dire que je suis déçu, oui et non. Oui au regard de tout ce que ces gars ont produit comme football. Mais perdre les armes à la main comme on dit chez les militaires, ça crée une frustration. Sinon dans l’ensemble, ça fait trente (30) ans qu’on n’avait pas vu le Cameroun à ce niveau. C’est un grand coup que nous avons frappé, en atteignant le cap de la finale et en émerveillant par la qualité de notre jeu. Les militaires doivent s’enorgueillir. Le football camerounais doit en être fier et faire des efforts en terme d’organisation pour que les joueurs locaux aient les moyens de pouvoir effectivement s’exprimer.
Interview réalisée par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 25-10-07
Publié le 08/01/2008 à 12:00 par edouardtamba
Janvier MBARGA
Le gardien de Canon de Yaoundé est l’unique amateur présélectionné pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations (Can).
Sur les traces de l’araignée noire
Il aura 23 ans le 17 janvier prochain. Ses 1,85 m et 80 Kg se sont imposés dans les cages du Canon de Yaoundé. Et les dirigeants de ce club le comparent déjà à Thomas Nkono dit « l’araignée noire ». Janvier Mbarga préfère rester lucide, et « concentré ». Il est l’unique amateur faisant partie des 28 joueurs présélectionnés pour la Can 2008 au Ghana. « Une chance » selon lui, surtout que « ce n’est qu’une présélection », relève-t-il.
« J’ai fait le dernier stage en Allemagne. Ils m’ont bien accueilli. J’ai reconnu beaucoup de voisins du quartier, des anciens coéquipiers. L’ambiance est bonne enfant. Je suis là, je vais jouer ma chance à fond », promet-il. Car, « C’est un rêve, si jamais je là joue. Ou au moins je participe, ce serait un grand pas pour moi », espère-t-il. Une occasion de se mettre sur les traces de quelques aînés. Surtout ceux qui comme lui, ont fait leurs premiers de footballeurs au quartier Biyem-Assi à Yaoundé. Il s’agit entre autre de Joël Epalle ; Timothée Atouba, Stéphane Mbia et Idris Carlos Kameni.
Il confie avoir été bien accueilli parce dernier. « Carlos c’est un voisin du quartier, et un grand frère. On se connaît depuis », raconte Janvier. Quant à Souleymanou, l’autre gardien de la sélection nationale, « il est hyper sympa. Il m’a bien accueilli, on a discuté et on travaillait ensemble ». Comme eux, Thomas Nkono l’a fait rêvé à l’époque. Mais aujourd’hui, il est plus séduit par d’autres portiers. Petr Czech (Chelsea et République Tchèque), Iker Casillas (Real Madrid et Espagne) et Gianluigi Buffon (Juventus de Turin et Italie).
En attendant d’être aussi « grand » qu’eux, son palmarès n’est pas vierge. Janvier Mbarga est champion d’Afrique avec les Lions militaires en 2006, vice-champion du monde avec la même sélection en 2007, vice-champion du Cameroun en 2005 avec le Canon de Yaoundé. Année à laquelle il a débarqué chez les Mekok Megonda en provenance de Jeunesse star de Yaoundé. « J’ai toujours joué au poste de gardien de but », précise-t-il. Et ses parents ne l’ont jamais empêché de jouer. Du coup, le foot a pris le dessus sur les études scolaires. Ce après, des classes au lycee de Biyem-Assi, au lycée technique de Nkolbisson et au lycée bilingue d’Application. Il compte tout de même reprendre études, sachant qu’ « on ne cesse pas d’apprendre ».
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 7-01-08
Interview
A la veille de son départ au Burkina Faso pour le stage des Lions, le jeune portier s’exprime la prochaine Can et son avenir au Canon de Yaoundé.
La Can, mon rêve
Seul amateurs à faire partie des présélectionnés pour la Can. Coup de chance ou alors vous êtes plus bon que les autres ?
Plus bon que les autres, je ne dirais pas. Peut-être chanceux. Grâce à Dieu je suis là. C’est plus la chance que le mérite. Ca aurait pu être un autre, mais c’est moi. J’en remercie le Seigneur.
Comment comptez-vous aborder la compétition si vous êtes retenu ?
Si je suis retenu, j’essaierais d’avoir le maximum de concentration, d’avoir la philosophie du groupe. Etre comme les autres, demander conseil aux anciens pour savoir comment ils font pour être en plein dans la compétition.
Une bonne Can ouvre les portes des championnats occidentaux. Hésiterez-vous à partir de Canon ?
Je n’hésiterais pas à partir, si une bonne opportunité s’offre à moi. Je ne partirais pas pour partir, ou aller caler et souffrir quelque part. Il faut que ce soit une bonne opportunité. J’aime le Canon, je m’y plais bien. Il faut vraiment une très bonne proposition pour quitter le Canon.
Et si vous n’étiez pas retenu au finish ?
Si je ne fais pas partie des 23, je vais regarder les matches à la télé comme la plupart des Camerounais, et continuer à travailler.
Réalisé par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 9-01-08
Publié le 30/04/2007 à 12:00 par Edouard Tamba/Le Messager
SOCIETE-YAOUNDE/GARDE PRISONNIERS
[
SIZE=7]Calme apparent à Kondengui [/SIZE]L’atmosphère à la prison centrale de Kondengui reste tendue.
Après le mouvement d’humeur du mardi 2 janvier, l’ordre règne à la prison centrale de Kondengui. Deux détenus qui n’y croyaient pas ont été rattrapés par les balles des éléments du Groupement spécial des opérations (Gso). Selon plusieurs sources, ils ont essayé d’escalader le mur de derrière dans la nuit. Blessés, ils suivraient des soins dans l’enceinte du pénitencier.
A l’extérieur, une centaine d’éléments de la Gendarmerie nationale, du Groupement mobile d’intervention (Gmi) et du Gso sont encore présents. Les gardiens de prisons sont aussi là. En petits groupes, ils commentent les événements de la veille. L’un d’eux confie qu’ “ on a donné des instructions pour qu’on rejoigne le camp, qu’on se fasse enregistrer au bureau du personnel et qu’on reprenne le travail progressivement ”. A propos de la situation de leurs camarades interpellés, il se montre confus, mais espère : “ On attend la décision du Vice Premier ministre et peut être la libération de nos collègues. ”
Faute d’accès, il est toujours difficile d’évaluer les dégâts et l’ambiance qui prévalent dans l’enceinte de la prison. D’après l’avis de l’intendant principal en charge de la discipline, “ c’est le calme à l’intérieur ”. Les gendarmes, aidés par quelques geôliers filtrent les entrées ; il faut montrer patte blanche. Des gardes font entrer des cartons de médicament apportés par un véhicule du ministère de la Santé publique. D’autres escortent les prévenus au parquet. La nourriture apportée par les parents et autres relations des détenus est convoyée à l’intérieur.
Le tas d’ordures qui s’amoncelle en face permet de se faire une idée. Des détenus en corvées font sortir les détritus à l’aide de bacs à ordures. On y retrouve des objets calcinés, des débris de verre et de bois, des morceaux de mousse et de tissu, du matériel pour soins médicaux, et même des cailloux.
“ La prison centrale est à refaire ”, lance un garde. Et de poursuivre : “ tout est saccagé, ils ont brûlé le matériel de bureau, les lits et les matelas ”. Il confie : “ la grande porte qui donne accès à la cour intérieure est hermétiquement fermée, mais personne n’a accès aux prisons. Même pas les gendarmes qui assurent la sécurité à l’intérieur du pénitencier, “ jusqu’à nouvel ordre ”.
Par Edouard TAMBA
In Le Messager
04-01-2007