Societe
Posté le 09.10.2007 par edouardtamba
SOUTIEN AUX MINEURS
Pit Baccardi, parrain à Kondengui
Le rappeur d’origine camerounaise parraine l’école des mineurs incarcérés.
Les mineurs incarcérés à la prison centrale de Yaoundé ont de quoi sourire. Un hôte de marque leur a rendu visite le 3 octobre dernier. Il s’agit de Pit Baccardi, rappeur d’origine camerounaise, installé en France. “ Ca me fait plaisir de venir vous voir ”, leur a-t-il dit avant d’ajouter : “ Je m’engage aujourd’hui à être le parrain de votre école ”. L’annonce déclenche une salve d’applaudissements et des youyous de la part des bénéficiaires du jour. Pour marquer cet engagement, Pit promet aux enfants des appareils de musiques qui leur permettront de rester connectés à ses chansons.
La vedette ne manque pas de prodiguer quelques conseils. “ Si vous voulez qu’on vous donne, il faut savoir donner aussi. Soyez à l’écoute et disciplinés. Et nous vous donnerons tout ce qu’on est en mesure de vous donner ”, martèle-t-il. Ce parrainage de prestige est le résultat des actions de lobbying du “ Relais Enfants-parents (Rep)”. Depuis deux années, cette organisation présidée par Claire Ndi Samba “ s’occupe des enfants qui naissent dans les prisons et accompagne les enfants qui sont à l’extérieur [et qui souhaitent] rendre visite à leurs parents incarcérés. Nous accompagnons également les parents qui ont leurs enfants mineurs incarcérés. Pour lancer ce projet, nous avons jugé utile d’humaniser le quartier de mineurs. En re-dynamisant l’école qui est déjà animée par le foyer de l’espérance ”, indique la présidente.
Eto’o Fils dans la ligne de mire
Pour cette année scolaire, Rep a offert à l’école des tables bancs et du matériel pédagogique tels que cahiers, stylo, fiches de progression … pour un total de 193 mineurs, âgés entre 14 et 18 ans. Leur école va de la Sil à la classe de première. Vingt-cinq (25) d’entre eux espèrent affronter les épreuves du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) cette année, contre quinze (15) pour le Certificat d’étude primaire (Cep). Le représentant du régisseur note que les résultats n’étaient pas reluisants l’année dernière, avec une seule réussite au Bepc. “ Je rends grâce à Dieu pour ce que je suis en train de vivre. C’est la preuve que nous sommes utiles à la société ”, confie le chef de classe, Abomo Didier, 18 ans.
Claire reconnaît que les responsables de la prison fournissent des efforts d’encadrement. “Ils font beaucoup d’effort pour humaniser la prison. Mais ils ne peuvent pas tout faire. C’est pour cela que nous venons en appui. Nous demandons aux ministères qui sont concernés de nous soutenir. Parce qu’à un moment nous serons essoufflés. Ça fait deux ans qu’on rame tout seul, et c’est vraiment dommage ”, clame-t-elle. Sans se décourager. “Nous avons trois grands événements. La fête des mère, la rentrée scolaire et l’arbre de noël. L’arbre de Noël est prévu en décembre avec Pit Baccardi, peut-être Eto’o Fils et un autre footballeur international. C’est encore en projet ” annonce Claire Ndi Samba.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 09-10-2007
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Posté le 22.05.2008 par edouardtamba
5 mai 2007- 5 mai 2008:Remember Mbanga Pongo
5 mai 2007- 5 mai 2008. Un déjà que les passagers du vol KQ 507 périssaient dans un crash tragique à Mbanga Pongo. Entre le moment du crash et la découverte de l’épave, beaucoup de choses se sont passées. Le Cameroun a étalé ses limites en matière de surveillance aérienne, des familles ont priés sans cesse pour qu’il y ait quelques survivants, le ministre des transports de l’époque ne s’est pas gêné, le président de la République non plus… Et la presse, charognarde à souhait, était sur le coup. Le jeune reporter que j’étais aussi. Un déploiement sans succès puisque je n’avais même pas trouvé l’avion.
Je rediffuse ici un texte écrit à l’occasion. Un article paru dans Le Messager du 15 mai 2007. Un devoir de mémoire. Une sorte d’hommage aux 114 victimes qui n’étaient pas tous des inconnus pour moi. S’il y a une autre vie, j’espère qu’ils y souffrent moins que sur cette Terre.
CRASH VOL KQ 507
24h de galère sur une fausse piste
De nombreux risques pris à la recherche de l’épave introuvable dans le Sud. Récit d’une aventure périlleuse
1- Kribi à tout prix
Samedi 5 mai 2007, il est déjà 9 heures. Je suis dans un taxi en direction du l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs) à Yaoundé. Un conseil d’administration contesté de la ligue provinciale d’athlétisme pour le Centre s’y déroule. Mon téléphone vibre à l’instant. “ Gars donne-moi le bilan ”, me lance mon complice Simplice. “ Le bilan de quoi ?”, lui demande-je. Il m’annonce qu’un avion ayant décollé de Douala dans la nuit est porté disparu avec plus de cent passagers.
Une fois à destination, j’informe mes confrères, et je passe quelques coups de fil. “ L’avion est tombé à Nyété, avec le Dg de Mtn et d’autres responsables ”, affirme un confrère de la Rts. Après plusieurs tentatives, ma hiérarchie est joignable. “ Il faut aller à la direction de la protection civile (Dpc) à Etoa Meki ”, me dit-on. La pluie tente de m’en empêcher. En vain. Alors que je suis en route, un autre coup de fil tombe. Nouvelle consigne : “ Tu vas à Lolodorf, puis à Mvengue. S’il n’y a rien là-bas, tu rentres. ” J’arrive tout de même à la Dpc. Une cellule de crise y est réunie. Selon un des membres de la cellule, Céleste Mandeng, “ Il ne faut pas parler de crash tant qu’on a pas retrouvé l’avion ”. M. Mandeng fait savoir que la cellule de crise est dirigée par le préfet de l’Océan depuis Kribi. Il faut donc passer par là pour avoir les nouvelles avant de foncer sur Lolodorf. Il est déjà 17 heures. Les formalités du voyage traînent.
C’est aux environs de 20h que j’arrive à la gare routière à Mvan. Aucun véhicule en partance pour Kribi. Je me rends donc à Edéa, espérant y trouver une occasion. Lorsqu’on débarque à 23h, chou blanc. Je passe la nuit dans l’un des bus d’une agence de voyage. Ici, pas moyen de roupiller avec les moustiques. A 5h30, je suis debout. Des employés de l’agence me font savoir que le premier bus ira à Kribi à 8h30. Rongé par l’impatience, je me rends à l’embranchement qui mène à la cité balnéaire. Un pick-up de la communauté urbaine de Douala nous embarque vers 7h30. C’est dans l’arrière du 4×4 que je fais le voyage, avec des sacs d’ignames.
2- 107 Km sur “ chien noir ”
A Kribi, je tombe des nues. La préfecture est déserte. Un soldat de la marine m’informe que “ la cellule de crise s’est déportée pour Lolodorf depuis hier après-midi. ” A la gare routière de Ndombe, pas de voiture pour Lolo. “ Il faut attendre, une occasion peut arriver ”, me conseille un chauffeur de camion. Il dit travailler pour la Centrale d’achat du Sud (Cas). Une entreprise qui fait dans les travaux publics. De 9h30 à 11h, pas l’ombre d’une occasion. Pour compléter le tableau, le réseau de Mtn fait le deuil. J’aperçois un monsieur en négociation avec un moto-taximan. Lorsqu’il se retourne, je le reconnais. Krys Tobie de Equinoxe Tv. Très sûr de lui, il me fait savoir que l’aéronef a été retrouvé dans un village appelé Mawa. On décide de s’associer pour emprunter une moto. Après plusieurs négociations on s’entend avec “ Carapace ”, un moto-taximan. Pour huit mille francs, il accepte de nous conduire à Lolodorf. 107 km de route en terre à faire à trois sur un engin communément appelé “ chien noir ”. “ La route est bonne ”, rassure le chauffeur de Cas. “ On a réparé de Lolodorf à 15 km de Kribi ”, précise-t-il.
Carapace démarre et nous voilà en route. Près de 30 Km plus tard, on se demande de quelles réfections parlait l’autre. Ou alors on n’est pas sur la route qu’il décrivait. J’ai le malheur d’être assis au milieu. L’espoir de trouver les décombres du vol KQ 507 de Kenya Airways atténue la douleur. Le long du trajet, Carapace joue les guides touristiques. Surtout à partir de l’arrondissement de Bipindi. A Lambi, il indique du doigt une maison rose de peinture, domicile des parents de Jules Doret Ndongo. Plus loin à Bidjouka, une douzaine de cochons jouent les canards dans une marre boueuse. Quelques maisons en terre battue sont équipées de plaques photovoltaïques. A défaut du réseau Sonel, l’énergie solaire a droit de cité. Des retombées du passage du pipe-line Tchad-Cameroun. La traversée du village Bikliki s’avère difficile. Une pente de 7Km complique la tâche à notre moto de 50cm3. Le long de la pente, il y a un ravin à gauche où coule une rivière. Les rares maisons de Bikliki apparaissent au sommet. On découvre toujours à gauche, la maison des parents de Charles Ndongo, le directeur de l’Information (Di) de la télévision nationale. Plus tard à Bingombe dans l’arrondissement de Lolodorf, nous découvrons le domaine de Nguiamba Nloutsiri, l’ex Dg de la Camtel.
Deux heures et demie plus tard, nous traversons le pont qui donne sur le centre ville de Lolo. Il y a des hommes en tenue partout. Des véhicules de la Croix-Rouge, du ministère de la Santé, de l’Armée, vont dans tous les sens. Les confrères déjà sur place nous apprennent que “ la situation n’a pas évoluer, aucune trace de l’avion. ” Aux environs de 14h30, un hélicoptère apparaît dans le ciel de la ville. Toutes les activités cessent. Les yeux suivent le mouvement de l’appareil. “ C’est sûr qu’il va atterrir ”, lance un policier. A cet instant, voitures et motos prennent la direction de la sous-préfecture. L’hélicoptère se pose sur un espace vert juste en face.
3- Fausses alertes
Trois personnes en descendent. Un lieutenant-colonel de l’Armée camerounaise et deux blancs portant des combinaisons estampillées du drapeaux sud-africain. La presse les encercle aussitôt, convaincue qu’ils ont repéré l’épave de l’avion. Mais, ils sont conduits dans un bureau. Le préfet du département de l’Océan, Jean-François Villon s’y trouve, avec d’autres responsables de l’opération. Après un huis clos, il fait appeler la presse. “ Nous continuons de travailler, les deux autres équipes sont encore sur le terrain et nous les attendons avec l’information vraie et juste. Pour le moment, nous n’avons aucune information sur la chute effective de l’appareil ”, déclare le préfet. “ Je voudrais autant que possible que vous reveniez à la bonne source avant de diffuser quoi que ce soit”, martèle-t-il. Il fulmine ainsi parce que quelques heures plus tôt, Le Di de la Crtv-télé lui a filé une information erronée depuis Yaoundé. Ce dernier aurait fait savoir au préfet que les débris de l’aéronef ont été aperçus à Awanda. Le village en question est situé à une trentaine de kilomètres sur la route carrossable de Lolodorf. Les équipes de recherche s’y rendent et ne trouvent rien. Plus tard, un pêcheur affirme avoir vu l’aéronef recherché. C’est du côté de Nkouambeh, à une douzaine de kilomètres de Lolodorf. “ Nous avons marché dans la forêt sur plus de huit kilomètres ”, raconte un cameraman. Mais lorsqu’ils arrivent sur le lieu indiqué par le pêcheur, rien.
A 18 heures, les équipes de Mvengue et de Bipindi sont toutes revenues à la base. Bredouille. “ Nos espoirs sont avec l’équipe qui est du côté d’Eséka ”, confie un sapeur-pompier. Il précise qu’ils sont une vingtaine, équipés d’un téléphone satellitaire, et qu’ils ont déjà marché sur 30 kilomètres. De son point de vue, “ ils ne peuvent pas revenir aujourd’hui ”. Peut-être qu’il faut revenir à Yaoundé rédiger un article. Le premier véhicule me laisse à Eséka. Le second à Boumnyebel. Il est 19 heures lorsque j’apprends par Radio France internationale (Rfi), que l’épave du boeing 737-800 de Kenya Arways a été retrouvé dans la mangrove, non loin de Douala. A cet instant, je suis assis sur une fesse dans un bus où partisans de Royal et Sarkozy n’arrêtent de s’engueuler. “ Pour moi quoi là-dedans ? ”, demande ma voisine en somnolant. J’ai la bouche cousue et j’enrage. Plus de 24h de galère sur une fausse piste.
Par Edouard TAMBA
In le Messager du 15-05-07
Posté le 11.03.2008 par edouardtamba
CULTURE
Radio Siantou prime ses meilleurs artistes
C’est encore la saison des distinctions pour les artistes. Radio Tiemeni Siantou (Rts) a rendu sa copie vendredi dernier, 7 mars 2008 à Yaoundé. Aïe-Jo Mamadou triomphe encore. Les titres : Artiste de l’année, Chanson de l’année et Album de l’année sont allés au “ Lion blanc ”. Mais ce dernier n’a pu être présent à la cérémonie. Petite frustration pour le public ayant fait le déplacement du Club Camtel de Yaoundé. Il a dû aller honorer un contrat pour une série de spectacles du côté de Ngaoundéré.
L’impact de cette absence a été diluée par d’autres présences. Particulièrement celle de Lady Ponce. Elle s’est vue attribuer la distinction de “ Meilleure performance de l’année ”. Une performance illustrée par la sollicitation de cette dernière pour des concerts, sa diffusion sur les antennes des radio et télévisions, et sa présence en pôle position des dernières répartitions de la Cameroon music corporation (Cmc). Preuve, s’il en fallait encore, que les histoires de ventre et de bas ventre marchent bien au Cameroun. La nouvelle diva du bikutsi a donc eu droit aux feux d’artifice. Et à des cadeaux en nature, en plus des trophées et diplômes.
Mathematik de Petit Pays, qui n’a cesse d’accuser les hommes de tromper les femmes s’y est aussi distingué comme “ Révélation makossa de l’année ”. Titre similaire pour Charmant Ledoux dans le bikutsi. D’autres stars ont été primées, à l’instar de Ambroise Messi pour son come-back, les humoristes Mintoumba et Mado, Joséphine Ndagnou pour son “ Paris à tout prix ”, Dj Sniper de la discothèque le Katios… Comme de coutume dans les soirées people, il n’y avait pas que des artistes. Le public a vu défiler sur le podium des ministres comme Augustin Edjoa, Philipe Mbarga Mboa, l’ambassadeur itinérant Roger Milla, le Dg de la Crtv, Amadou Vamoulké, le politologue, Eric Mathias Owona Nguini…
On se serait attendu à voir ces personnalités remettre les plus grands prix. Que non ! “ Comment on peut appeler un type comme ça après Roger’s ? ”. s’insurgera un invité qui “ ne comprend pas pourquoi un inconnu passe sur le podium à la suite de Roger Milla ”. Ce ne sera pas le seul couac. La soirée prévue 20h a accusé plus de trois heures de retard. Mais il y avait aussi de l’inédit. Comme ce play-back improvisé de Sam Mbende ou encore, la retransmission télévisée de la cérémonie en direct de l’antenne de Ariane Tv.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 11-03-2008
Posté le 26.02.2008 par edouardtamba
YAOUNDE
Scènes de guerre à Mendong
La grève des transporteurs été effective dans la capital politique du Cameroun. Certains quartiers ont connus des échauffourées entre des manifestants et des forces de l’ordre.
C’est un matin paisible à Mendong, ce lundi 25 février 2008. Dès 6h30, trottoirs et chaussées sont encombrés par quelques piétons et véhicules personnels. Pas l’ombre d’un taxi. Les moto-taximen font quelques va-et-vient. “ On ne travaille pas ”, répondent-ils à ceux qui les hèlent. Seul le bus est en service. Puis la tension monte d’un coup. Une “ armée ” de moto-taximen décide de barrer la route au lieu dit “ Entrée Simbock ”. Un bac à ordures et un poteau électrique sont mis à contribution. Les conducteurs de véhicules personnels sont priés de rebrousser chemin. Certains tentent de négocier le passage, et d’autres s’exécutent. Les éléments du commissariat du 9ème arrondissement descendent sur les lieux. Et le commissaire leur demande de manifester sans rien casser.
Son départ est suivi de l’arrivée d’un groupe de gendarmes de la légion du Centre, puis de policiers du Groupement mobile d’intervention (Gmi) n°1. Boucliers, casques, protège-tibias, bombe à gaz lacrymogène et autres fusils sont de mise. Ils demandent aux protestataires de dégager la voie. Un autre groupe de gendarmes arrive. Menés par le commandant Essomba. Il s’entretient avec le commissaire en charge du Gmi n°1. Entre plusieurs coups de fils, et des instructions par radio. Subitement, les forces de l’ordre foncent dans la foule et interpellent quelques personnes. Coups de bottes, de matraques, de crosse et de poings y passent. C’est alors qu’un civil gare son véhicule et se défoule sur un autre manifestant interpellé. “ C’est toi qui m’a barré la route tout à l’heure non, tu es malade ”, lui lance-t-il.
Les frondeurs tentent d’organiser la résistance. Mais une centaine de gendarmes s’ajoute. Leur camion se remplit de civils interpellés au fur et à mesure. Le commandant de la légion du Centre évalue la situation depuis son véhicule 4×4. Les forces de l’ordre font la boucle du quartier et repartent aux environs de 11h. Une trentaine de personnes sont emmenées. Détenues à la brigade de recherche d’Efoulan, elles n’avaient pas encore été entendues jusqu’à hier soir. Des éléments veillent à tous les carrefours du coin. Mendong est “ pacifié ”, mais, vient probablement d’obtenir une place dans la liste des “ quartiers chauds ” de Yaoundé.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager On line* du 26-02-08
* La situation de tension qui prévaut dans la ville de Douala a privé le pays du quotidien Le Messager en version papier. C’est aussi le cas pour d’autres journaux tels que Mutations…
Posté le 02.10.2007 par edouardtamba
Camp Sic Tsinga
Tsimi Evouna veut déloger 136 familles
Les occupants du Camp municipal de Tsinga à Yaoundé sont sommés de libérer les logements au 1er avril 2008. Le délégué du gouvernement veut y loger les employés de la Communauté urbaine.
Le manque d’espace de loisir approprié au lieu communément appelé camp Sic Tsinga n’empêche pas les enfants de jouer. Cet après midi du 1er octobre 2007, ils courent sur les vérandas communes des immeubles, crient, rient à tout rompre. Ils ne se doutent de rien. Pourtant, ils pourraient être forcés d’aller jouer ailleurs dans quelques mois. Un huissier de justice, Me Ngwe G. Emmanuel, a servi une mise en demeure à leurs parents jeudi, 27 septembre dernier, « à la requête de la Communauté urbaine de Yaoundé agissant poursuite et diligence de son délégué du gouvernement (…) »
La mise en demeure intitulée « sommation de payer valant congé », rappelle à chacun des locataires « qu’il ne saurait nier, ni disconvenir sauf mauvaise foi manifeste de sa part, » être redevable au 11 septembre 2007, d’un montant correspondant à des « mois d’arriérés de loyer échus et impayés ». Les concernés sont loin de l’insouciance de leurs enfants. Mais personne ne consent à parler à découvert. «C’est vrai que nous sommes redevables. Je n’ai pas encore payé le mois d’août et celui de septembre qui vient de s’achever », reconnaît un locataire rencontré dans un immeuble à plusieurs appartements. D’autres locataires ont des mois d’arriérés encore plus longs. « Ce n’est pas la première fois que ça arrive, mais on paie toujours », affirme une autre source.
Ce qu’il a du mal à comprendre, c’est une autre partie de la mise en demeure. On y lit que « le propriétaire entend exercer son droit de reprise dudit immeuble conformément à l’article 10 du contrat de bail, ce à partir du 1er avril 2008 pour y loger le personnel de la communauté urbaine de Yaoundé. » Par conséquent, les concernés ont huit jours pour d’une part, « payer à la caisse du receveur municipal les arriérés de loyer sus indiqués », et d’autre part « libérer dans les six mois ledit logement tant de corps, de bien que de tous occupants de son chef ».
Incompréhension
« On nous met à la porte pour loger les personnels de la Communauté urbaine ? » s’indigne une dame. Elle avoue loger dans le camp depuis plus de vingt ans et se demande « si nous sommes des moutons ? D’ailleurs même les animaux ont un enclos. Je ne comprends pas d’où vient cette idée au délégué. Il y a des familles très pauvre ici, elles vont aller où ? » Cette dernière croit savoir que certains locataires ont beaucoup d’impayés. De ce fait, « il ne faut pas que le délégué généralise », souhaite-t-elle. Tout en notant comme la première source que la note manque de clarté, au cas où ce serait un préavis.
Il revient sur l’article 10(a) du contrat le liant à la Cuy qui dispose que « même en cours, le présent contrat peut être résilié à l’initiative de l’une quelconque des parties avec avis motivé informant le co-contactant de cette intention. Il respectera le prévis de trois mois francs ». Puis il se demande à quel moment ils ont donné leurs avis motivés. Pour ce chef d’une famille de dix personnes, « nous ne sommes pas en guerre contre l’Etat. Nous voulons qu’ils nous aident », clame-t-il. Certains responsables des cent trente six (136) logements impliqués ont mis sur pied un collectif. Objectif : informer les autorités et rencontrer le délégué du gouvernement auprès de la Cuy. Pour plus d’efficacité une locataire pense que tout le monde doit d’abord s’acquitter de ses arriérés.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 2-10-07
Focal : De la Sic à la Cuy
Des sources affirment que le camp de logement de Tsinga a été construit en 1964. Ce sur un domaine que le délégué du gouvernement de l’époque, André Fouda, avait cédé à la Société immobilière du Cameroun (Sic). La Sic y a assuré la gestion pendant 20 ans. Puis les logements ont été rétrocédés à la Cuy en 1990. C’est ainsi que le « Camp Sic de Tsinga » a été rebaptisé « Camp communal de Tsinga ». Et la Cuy en est devenue le bailleur. D’ailleurs, le contrat de location indique : « il n’existe qu’un seul gestionnaire du logement que vous occupez et qui du reste appartient à la municipalité ». Seulement, quelque vieux habitants regrette le temps de la Sic. « Ce n’était pas sale comme ça » affirme-t-on. Ou encore : « Ces bâtiments sont même déjà amortis. Ils doivent nous les vendre. Comme le camps de Madagascar ».
Posté le 19.06.2007 par edouardtamba
Mystère autour du cadavre d’un étudiant
Un corps inerte a été extrait du lac central de Yaoundé, hier matin.
Les eaux du lac central de Yaoundé ont encore happé une vie. Un corps inerte y a été découvert hier, 10 juin, aux environs de 7h par une passante. A cet instant-là, il flottait sur le ventre, à la surface du lac. La femme attire l’attention d’autres passants, puis les forces de sécurité sont saisies. Pompiers, gendarmes et policiers arrivent sur les lieux. Les premiers repêchent le corps. Ils l’étendent sur les herbes servant de rive, du côté du rond-point d’où partent les axes menant à l’Assemblé nationale, l’Hôtel des députés, le Quartier du lac et l’Ecole normale supérieure (Ens).
Le défunt, Reconne Madjou Jacques Pascal, est étudiant en deuxième année dans cet établissement. Il est né le 19 avril 1981. L’information vient du contenu de son portefeuille en cuir. Ce portefeuille trempé contient une carte d’identité nationale informatisée, une carte d’étudiant jaune plastifiée, et un billet de mille francs. Membres de la famille et camarades de Jacques Pascal arrivent progressivement. La famille dit être sans nouvelle de leur frère depuis jeudi, 7 juin.
Selon l’un de ses camarades, le défunt, lui et d’autres camarades, ont pris un pot ensemble ce jeudi-là. Il dit avoir été surpris de voir Jacques Pascal prendre de la bière. Ce même soir, le défunt leur aurait offert à boire, puis laissé son téléphone portable à un autre camarade. Toujours selon les dires du camarade Jacques a emprunté un taxi avec la destination “ Education ”, alors qu’il résidait au quartier Mvog-Betsi. Les commentaires des curieux et des forces de l’ordre indiquent qu’il s’agit d’un “ suicide ”.
Meurtre ou suicide ?
Un deuxième groupe des membres de la famille arrive vers 10h30. La sœur aînée du défunt ne peut contenir son émotion. Les gendarmes l’installent dans une de leurs voitures. Elle parle quand même. Pour avancer la thèse du suicide. “ Il a laissé une lettre à la maison ”, dit-elle entre deux sanglots. Selon la lettre, “ il a trempé les mains quelque part ”, poursuit-elle. Son frère se serait donné la mort parce qu’il ne pouvait pas remplir les exigences d’un cercle ésotérique, explique la sœur.
Une équipe de six pompiers se charge de mettre la dépouille dans une housse. Ils la retournent avant de porter. On découvre alors que Jacques est vêtu d’un costume noir, d’une chemise blanche, et d’une cravate jaune rayée de bleu. Le corps a enflé. Particulièrement la tête et les lèvres. Certains membres de la famille détournent leur regard, ne pouvant supporter le tableau. Les gendarmes expliquent à la sœur que le corps doit être examiné, pour plus de précision sur les causes du décès.
Installé à l’arrière d’un 4x4 de la gendarmerie, il est conduit à l’unité d’accueil et des urgences de l’Hôpital central de Yaoundé. Un médecin enfile ses gants et examine le corps. Le visage présente des contusions. La mâchoire inférieure est de travers. Une large tâche rougeâtre macule le côté gauche supérieur de la chemise. Il déboutonne cette chemise. Apparaissent alors des traces de macération sur la peau du dos. Le médecin confie aux gendarmes que ce corps a dû passé environ soixante-douze heures dans les eaux.
D’après ses observations, ce n’est pas sûr que le défunt se soit lui-même jeté à l’eau. Suicide ou crime ? Les gendarmes pensent qu’il ne faut pas vite aller en besogne. La famille visiblement musulmane, demande à amener la dépouille au cimetière de Ngoulemekong. “ On ne peut pas garder le corps, on va l’enterrer ”, lance la grande sœur aux forces de l’ordre. En attendant les résultats de l’enquête ouverte, seules les eaux silencieuses du lac savent comment s’est noué le drame.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 11-06-07
Posté le 19.06.2007 par edouardtamba
INTRIGUES
Querelles autour d’un don
Des employés de la Coopération néerlandaise au Cameroun (Snv) étaient à la léproserie de Ngallan.
Le 31 mars 2007, les membres de la mutuelle des employés de la Snv-Cameroun (Mupes-Cam), un organisme de coopération néerlandaise, ont remis des dons à la léproserie de Ngallan à Mbalmayo. Il s’agit d’articles alimentaires, vestimentaires et de ménage offerts aux malades de la lèpre. Dans un premier temps, tout se passe comme sur des roulettes.
La présidente de Mupes-Cam, Françoise Nguiadem Etoga, au nom de ses collègues, se dit honorée d’avoir fait le déplacement de Mbalmayo. Sept des huit derniers pensionnaires de l’ancienne léproserie de Ngallan, sont sous la tribune pour l’écouter. Ainsi que le médecin chef de district de santé de Mbalmayo (Dsm), l’infirmier chef du centre de santé intégré de Ngallan (Csin), le président du comité de santé et le chef de bureau de la protection des personnes handicapées (Bpph) à la délégation des Affaires sociales. Selon la secrétaire générale de la mutuelle, Maguy Belibi, “ c’est une grande première ” car ils n’avaient jamais entrepris d’actions de ce genre. La présidente de Mupes-Cam poursuit en révélant que c’est à la fin de l’année 2006 que “ nous avons décidé de venir rendre visite à nos frères et parents ici afin de partager cet instant et de nous soutenir mutuellement. ”
Pour le médecin chef du Dsm, Patrice Mache, “ il y a des malades ici qui ont des plaies chroniques, pensez à nous envoyer des compresses et de la bétadine ”. Il annonce que la méthode de gestion des dons a changé. “ Avant, on leur remettait directement les dons. Mais il vendaient tous pour faire autre chose avec l’argent, et revenaient toujours se plaindre ”, a déclaré Patrice Mache. Désormais, ce sont les services du ministère des Affaires sociales (Minas) qui assurent la gestion des biens.
La méthode de la discorde
Cette méthode ne plait pas du tout aux bénéficiaires. Ils demandent que le partage soit fait sur le champ. Le plus jeune d’entre eux joue les leaders et mène la fronde. Le médecin chef propose que des articles tels que les seaux, leurs soient distribués. Le reste ira au magasin pour la prise en charge quotidienne des pensionnaires. Ces derniers ne sont pas d’accord. Ils préfèrent vendre les dons pour satisfaire des besoins en tabac et alcool. “ Si on remet à chacun, ils vont aller brader et se plaindre ensuite ”, prévient le chef du Bpph, Germaine Mballa. L’affaire tourne à la querelle. “ Tout ça c’est pour nous, ce n’est pas pour le centre de santé ”, lance le leader improvisé à l’infirmier chef du Csin, Yamfam Mama. “ Rentrez avec si vous voulez ”, dit-il aux donateurs. Ceux-ci tentent d’apaiser les tensions. Le leader des lépreux rappelle que les dons mis au magasin sont très souvent détournés.
“ Tu sais lire et écrire. Fais la liste de tous ce qu’il y a ici. Si un paquet disparaît tu me dis ”, lui propose le médecin chef. Le meneur ne démord pas. Jusqu’à ce que Patrice Mache, visiblement irrité le somme : “ Si tu continues, je te fais partir de ce centre.” En plein dans le mil. L’autre s’exécute. A côté, Germaine Mballa confie : “ c’est leur comportement. Ils sont capables de vendre le kilo de riz à 25 ou 50 francs. On dirait qu’ils aiment souffrir. ” A sa suite, le président du comité de santé, Angelbert Ndougsa, joue des euphémismes. “ Il paraît que les choses disparaissent de temps en temps. C’est pour ça qu’ils sont fâchés ”, dit-il. Sous l’œil vigilant du plus jeune des pensionnaires, les cartons sont emmenés vers le magasin. C’est sur ce que les donateurs quittent les lieux. Visiblement déçus.
Mutation
La célèbre léproserie de Ngallan à Mbalmayo n’en n’est plus une. Depuis 2003, elle est devenue le centre de santé intégré de Ngallan. Un centre dont dépendent neuf villages. Il s’agit de Ngallan, Zalakoue, Mbedoumou, Ovangoul, Assanzoa, Akomnyada I et II, et Nkolngok I et II. L’infirmier chef, Yamfam Mama explique que selon la nouvelle politique du gouvernement, ce centre est co-géré par le ministère de la Santé publique et la municipalité à travers un comité de santé. Le président de ce comité, Angelbert Ndougsa, est un ancien du coin. “ J’ai d’abord travaillé ici comme infirmier de 71 à 81 ”, dit-il. Il se souvient que “ la léproserie a commencé en route en 1936. ” Un certain Etienne Essomba allait dans les villages récupérer les victimes du bacille de Hansen et les rassemblait là pour des soins. Mais, les lépreux, mendiants au passage, devenaient agressifs. Ils s’attaquaient aux passants et leur arrachaient ce qu’ils pouvaient. “ Les gens ne pouvaient plus passer. C’est pour cette raison que la léproserie est montée ici en 1957 ”, révèle M. Ndougsa En 1970, les Allemands construisent gracieusement les bâtiments qui y restent aujourd’hui. Selon l’infirmier chef, tous ces pensionnaires sont “ blanchis. ” C'est-à-dire qu’ils sont guéris. Les plus jeunes ont été réinsérés. Tandis que les vieux sont restés pour des raisons de mobilité et d’âge.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 03-04-2007
Posté le 15.10.2007 par edouardtamba
SOA-YAOUNDE
Un gendarme abat son "rival"
Un jeune homme de 23 ans a été abattu à bout portant dans la nuit du 12 au 13 octobre dernier à Soa.
Ce n’est pas la première fois que M. Ayina F. perd un fils. Sauf que le dernier cas est brutal et tragique. Bilounga Ayina Alphonse, affectueusement appelé “ Lah ” séjourne à la morgue de l’Hôpital central depuis le 13 octobre. Raide mort. Le crâne ouvert par une balle de fusil tirée par un gendarme de la brigade de Soa. Le drame s’est noué dans la nuit du 12 au 13 octobre. Alors que la grande famille est réunie pour les obsèques d’une de leur fille. Des larmes s’échappent des yeux de la mère, visiblement plus éplorée. Un visiteur compatissant leur offre à boire en cette mi-journée dominicale. Ils boivent à peine. “ Papa, est-ce qu’il y a l’eau à boire ? ” Son père se souvient que Alphonse avait l’habitude de lui poser cette question les matins. En plus d’aller chercher de l’eau, il s’assurait que le véhicule de son père est propre. “ Ma voiture était toujours propre ”, se souvient-il. “ Je repense à ça. Il avait beaucoup de force. Il m’ont eu ”, regrette M. Ayina.
Les circonstances du décès de son fils ? Le papa du défunt raconte ce qu’il a appris. Bessala Angoula Georges, cousin du défunt, quant à lui a tout vu. “ L’incident a eu lieu autour de 3h30 de matin, entame-t-il, nous étions à une veillée, et mon cousin avait des problèmes avec sa petite amie. Elle était fâchée parce que ce dernier n’était pas auprès d’elle tout au long de la soirée. Au moment où elle voulait rentrer, il l‘a rejoint. Quelques minutes après, mon cousin est revenu en courant, dans un état crasseux. Il n’avait plus son t-shirt. ”
Il repart vers sa compagne. D’autres amis finissent par aller à son secours. Ils le retrouvent seul en route. Et s’en retournent en deux groupes. Georges voit une moto arriver. On l’interpelle. Les deux occupants de la moto garent. “ C’est la gendarmerie, mettez vos mains en évidence ! Je leur ai demandé, est-ce qu’il y’a un problème chef ? Il ne m’a pas répondu et ils se sont mis à nous fouiller. Le groupe de derrière nous a rejoint. En passant, la fille qui est venue annoncer la bagarre l’a pointé du doigt en disant ‘’Voilà le gars qui bagarrait avec mes frères et sœurs’’ ”, poursuit Georges. Les gendarmes entraînent Alphonse. “ Ils l’ont emmené de l’autre côté de la route, à côté de la radio qui est en construction. Là-bas, ils l’ont déshabillé. ” Georges se rend compte que l’autre groupe s’éloigne et lance : “ Vous partez où ? Vous voulez nous laisser ici ? ” Les autres auraient rétorqué : “ On va annoncer au village que vous êtes arrêtés. ”
“ Lah a sursauté comme s’il esquivait quelque chose. Le monsieur qui le tenait l’avait lâché et s’était mis de côté. Son arme était toujours accrochée. L’autre a tiré sur lui, Pan ! Pan ! Pan ! Trois coups, et il est tombé ”. Le collègue du tireur panique. Il démarre la moto en trombe et les deux s’en vont. “ J’ai crié au secours, personne n’est sorti. Je suis parti à ses côtés et j’ai éclairé à l’aide de ce portable. J’ai d’abord cru qu’il faisait le malin. Je constate que son crâne est ouvert du côté droit. Il était en train d’agoniser. Le liquide cérébral coulait par le nez et la bouche. Je ne sais pas comment décrire ça ”, dit le témoin. Bilounga Ayina Alphonse, né le 4 avril 1984, décède sur le coup.
Des chauffeurs et chargeurs de la ligne de Soa-Yaoundé, qui le connaissaient bien, sont sur les dents. Le commandant de la brigade (Cb) de Soa descend sur les lieux vers 5h30. Il s’ensuit une querelle avec la famille et les connaissances de la victime. La tension monte. Le Cb n’aura la vie sauve qu’en dégainant son arme pour se frayer un passage et fuir. La population barre la route. Le 4x4 de la brigade est brûlé. Le père de la victime tente de calmer le jeu. Les forces de l’ordre débarquent par camions. La circulation est rétablie dans l’après midi. Plusieurs autorités, administratives, judiciaires, et municipales font le déplacement et se saisissent de l’affaire.
Crime passionnel ?
Tout le monde croit savoir que c’est un crime passionnel. Des témoins affirment que “ Lah et le gendarme sortaient avec la même fille ”. Une certaine Messomo. D’autres par contre doutent de l’identité du gendarme. “ Je sais qu’elle sortait avec un gendarme, mais je ne sais pas si c’est lui qui a tiré ”, confie un proche de la famille. Moults interrogations fusent sur la présence des gendarmes alors qu'ils étaient en patrouille à l'entrée du campus. D'aucuns affirment qu'ils ont été appelés par une amie de la fille. D'autres pensent qu'ils ont été alertés d'une agression par le 117. Pour le moment, la fille au centre de l’affaire n’a pas été inquiétée. Alors que les deux gendarmes sont en garde-à-vue au secrétariat d’Etat à la défense (Sed). Le principal témoin y a été entendu dans la journée d’hier. Puis, une réunion de sécurité s’est tenue dans l’après-midi avec les autorités de la province du Centre. Des éléments de la légion du Centre sont en faction à la brigade de Soa.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 15-10-2007
Posté le 25.10.2007 par edouardtamba
Education/Discipline
Le proviseur met une classe hors réseau
Les élèves de Première espagnole du Lycée d’Elig-Essono ont vu leurs téléphones portables saisis le 10 octobre dernier.
Les élèves du Lycée d’Elig-Essono savent désormais à quoi s’en tenir. Particulièrement ceux de la classe de Première espagnol. Leurs téléphones portables ont été saisis le 10 octobre dernier par le proviseur de l’établissement, Okala Essama Vincent. L’incident est survenu dans la matinée du même jour. Selon les élèves, il n’y avait pas cours. Un des leurs se serait amusé à faire sonner son téléphone portable. La mélodie parvient aux oreilles d’un surveillant de secteur qui effectue sa ronde. Ce dernier entre dans la salle et demande que le propriétaire du téléphone remette son appareil.
Ne sachant pas qui est le coupable, il demande aux élèves de le dénoncer. Motus et bouche cousue. Solidarité oblige. Le surveillant menace de faire appel au proviseur. Les élèves campent sur leur silence. Le proviseur est alerté. Il arrive et ordonne que les élèves soient fouillés. « Ils ont procédé à une fouille systématique de tout les élèves », rapporte un proche d’une élève. Selon les élèves, aucun coin de leur corps n’a été épargné. Les garçons ayant dissimulé les appareils dans leurs slips ont été dépouillés. Idem chez les filles, sur qui une équipe de femme s’affairaient. Soutien-gorge et slip son vérifiés. Des téléphones sont extraits des entrejambes.
Face à la méticulosité de l’opération, les élèves rivalisent d’ingéniosité. Quelques unes réussissent à mettre leurs cellulaires en lieu sûr, dans leurs vagins. Une autre s’en sort en dissimulant le sien dans son sandwich. Au finish, le butin est mis dans un sac en plastique. Des dizaines d’appareils dont certaines pièces sont évaluées à 300 000 Fcfa l’unité. Les parents ont du mal à accepter la violation de l’intimité de leurs enfants. Mais ceux qui se pointent au lycée le lendemain ne recevront aucune explication. « On a essayé de rencontrer le proviseur et il nous a rabroué », déclare un parent. Celui confie que le numéro de téléphone de sa fille passe tout de même.
Entre temps, les élèves sont hors réseau tandis que leurs parents sont aux abois. Pourtant la police des examens et les règlements intérieurs interdisent l’usage des téléphones portables dans les salles. Le prix à payer lorsqu’on ignore que « L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté ». Approché hier sur la question, Okala Esssama Vincent a lancé : « Revenez demain ! » Nous y reviendrons.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 16-10-07
Posté le 25.10.2007 par edouardtamba
INSECURITE
Yaoundé en “ état de siège ”
La capitale camerounaise est dans l’étau des forces de l’ordre. En réaction à l’assassinat des étrangers.
Raffles, contrôles inopinés et interpellations sont à la mode à Yaoundé depuis bientôt deux semaines. Vendredi dernier, 18 octobre 2007. Il est 23h et quelques minutes au lieu dit “ Carrefour Biyem-Assi ”. Un automobiliste est stoppé. “ Bonsoir, on peut voir les pièces du véhicule, et vos pièces personnelles ”, s’entend-il dire par un gendarme. Ce dernier vérifie et observe qu’en lieu et place d’une carte grise, le chauffeur dispose d’une photocopie non légalisée. Une infraction !
“ Où est votre carte grise ? ”, lui demande-t-on. “ Je n’ai pas encore fini d’acheter la voiture. La dame qui me la vend a retenu la carte grise ”, explique le conducteur, tout sourire. “ Ca vous amuse ? Qui vous a demandé de rire ? Nous allons amener le véhicule en fourrière ”, rétorque le pandore. Dans le même temps, une dizaine d’individus pris en défaut de carte nationale d’identité sont regroupés sur le trottoir. Plus haut, une demie douzaine de policiers fait un travail similaire. Le conducteur demande s’il n’est pas possible qu’on lui délivre une contravention. Afin qu’il paie le lendemain en présentant la carte grise originale. Le gendarme reste ferme et lance : “ donnez-nous les clés du véhicule si vous ne voulez pas ”.
Le conducteur choisit d’aller garer lui-même sa voiture à la brigade de gendarmerie de Biyem-Assi, au quartier Mendong. Le gendarme requiert les services de deux éléments du Groupement polyvalent d’intervention de la gendarmerie nationale (Gpign). “ Accompagnez-le à la brigade, et vous le faites entendre ”, ordonne-t-il. Les deux “ gardes ” sont armés de mitraillettes et portent des gilets pare-balle. Une fois au poste, le gendarme de permanence est surpris. “ Est-ce qu’on entend les gens la nuit ? Laissez la voiture et revenez le matin”, lance-t-il. Puis il se renseigne sur les raisons de la mise en fourrière. Et décide de renvoyer le conducteur et son véhicule vers le chef de patrouille, au “ Carrefour Biyem-Assi ”. Ces va-et-vient déplaisent aux éléments du Gpign. “ On n’est pas là pour ça. Nous sommes là pour une mission précise ”, confie l’un d’eux furieux.
En fait leur présence dans les patrouilles est due au fait que la criminalité à Yaoundé aurait atteint la côte d’alerte. Cette côte d’alerte se réfère à l’assassinat de trois étrangers. La Française Laurence Vergne en janvier 2007, le Marocain Khalid Barnossi et la Chinoise Zhang Weiling en septembre dernier. Installé dans un 4x4, le chef de patrouille libère le véhicule, tout en demandant au conducteur de penser à légaliser la copie de la carte grise qu’i détient. Soixante minutes sont passées. Ce dernier n’en revient pas et se demande comment un tel “ dispositif est déployé pour des étrangers ”. Alors que sept Camerounais sont morts en l’espace d’un mois, sous les balles de ceux qui étaient censés les protéger.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 23-10-2007