Politique
Posté le 19.01.2008 par edouardtamba
GEOSTRATEGIE
Les Etats-Unis repensent la conquête de l’Afrique
L’Ambassadeur Mary Carlin Yates a donné une vidéoconférence le 16 janvier 2008, sur le commandement des Etats-Unis en Afrique (Africom).
Que cherchent les grandes puissances en Afrique ? Des observateurs avertis pensent qu’elles y voient de sérieux enjeux pour la pérennisation de leurs puissances économiques et militaires. Mais, « ce n’est pas dans nos intentions d’avoir une base militaire dans le golf de guinée », se défend l’ambassadeur Mary Carlin Yates. Surtout que certains médias ont annoncé la présence d’une base sous-marine dans la zone. Ce 16 janvier 2008, M. C. Yates, donne une vidéoconférence depuis Paris, sur le nouveau commandement des Etats-Unis en Afrique appelé Usafricom, ou Africom. On y apprend que c’est le résultat d’une réorganisation des structures internes du commandement de l’armée américaine.
Cette réorganisation a conduit à la mise sur pied d’Africom, pour la gestion des relations entre l’armée U.S. et 53 pays du continent africain. Exception faite de l’Egypte qui gardera sa « traditionnelle relation » avec le commandement central basé aux Etats-Unis. Selon M. C. Yates, par ailleurs adjointe du commandant pour les activités civilo-militaires, Africom serait plus à même d’aider « le département de la défense et les autres services du gouvernement américain à travailler de concert, et avec les partenaires, d’atteindre un environnement plus stable », pour la croissance économique et la stabilité politique. Pour y arriver, le pays de l’oncle Sam prévoit de multiples programmes d’assistance et de formation dans les domaines militaires et civils. Maintien de la paix, surveillance des frontières maritimes, aide à la gouvernance, santé… et développement économique sont au menu.
intérêts
Un budget de 75 millions de dollars américains a été arrêté pour la période allant du 1er octobre 2007 au 30 septembre 2008. M.C. Yates, le nouveau commandement ne remettra pas en cause les accords militaires bilatéraux existants entre des pays africains et les Etats-Unis. Africom n’a pas un siège unique en Afrique. Ainsi, le personnel sera réparti à travers plusieurs villes de l’Afrique. Pour l’instant, Africom est basé à Stuttgart en Allemagne, ou il dépend de commandement des Etats-Unis en Europe (Eucom). Et le général, Africain-Américain, William E. Ward en assure le commandement depuis le 1er octobre 2007. IntérêtsLa forte présence militaire américaine à Djibouti amène à penser que c’est un candidat sérieux au futur siège de ce commandement sur le continent noir. La création de Africom a été annoncée le 1er février 2006, mais il était en gestation depuis l’ère Clinton. Les stratèges américains souhaitant que l’Afrique ne soit plus « gérée » au travers de Eucom.
Pour Dr Alain Fogue, panéliste de la conférence, Africom est un instrument pour la défense des intérêts U.S. Tout comme le programme Recamp mis au point par les français. Ce qui selon lui est « légitime », face à la « cécité géostratégique » des pays africains. Cette interprétation rejoint celles d’autres spécialistes. Ils voient en Africom d’abord un moyen de lutte contre le terrorisme afin de contenir Al Quaïda et les groupes salafistes du maghreb. Mais aussi, un instrument de géopolitique pour contrôler le golf de Guinée et ses richesses pétrolières. Ou encore un outil de compétition économique pour faire face à la Chine, l’Inde et l’Union européenne sur les marchés d’Afrique. Des thèses que rejettent évidement M. C. Yates. Africom « ne serait pas destiné à faire la guerre (…) Aucune nouvelle base ne sera créée dans le continent africain et aucun nouveau contingent de soldats américains n’y sera envoyé », soutient-elle.
Edouard TAMBA
In Le Messager du 21-01-08
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Posté le 22.01.2008 par edouardtamba
GOUVERNANCE
Anong Adibime menace ses collaborateurs
La 2e conférence annuelle des responsables des services du ministère des Domaines et des affaires foncières (Mindaf) s’est tenue le 18 janvier 2008 à Yaoundé.
Tout ne va pas pour le mieux aux Domaines et affaires foncières au Cameroun. Titres fonciers litigieux, domaines publics cédés à des particuliers, logements administratifs occupés par des personnes n’y ayant pas droit, ou sous-loués… Pascal Anong Adibime, chef de ce département ministériel depuis le 7 septembre 2007 s’en dit conscient et veut donner un coup de pied dans la fourmilière. La conférence de vendredi 18 janvier dernier lui a permis de mettre ses collaborateurs des services centraux et déconcentrés en garde. Une occasion, selon le ministre, “ d’assainir nos comportement pour mieux asseoir les réformes… ”. Ce dernier reconnaît que, quelque fois, les erreurs commises sont dues à l’imperfection de l’homme.
Mais, “ quand on remplit un livre foncier en sautant des pages pour y insérer plus tard des titres douteux… quand on déchire des pages entières dans le livre foncier pour aider un ami Camerounais en difficulté contre un autre Camerounais en son plein droit ; quand dans une recette, on délivre une centaine de quittances pour des opérations différentes, mais portant toutes le même numéro de série ; quand on brise nuitamment des scellés posés par l’autorité administrative pour soustraire furtivement des pièces à conviction ; quand on délivre des titres fonciers sans descendre sur le terrain ; quand on négocie avec des occupants irréguliers des maisons de l’Etat pour percevoir par derrière, un loyer à titre individuel… Lorsqu’on tourne le dos à la norme pour institutionnaliser l’illégal… vous conviendrez avec moi que l’erreur n’est plus humaine ”, déplore le Mindaf.
Selon lui, ce sont là des fautes ayant un caractère criminel. “ C’est un crime contre l’Etat, contre l’administration qui a accepté notre demande d’emploi… ”, reconnait Pascal Anong Adibime. Mais encore, “ c’est un crime contre nous-mêmes ”, pas si éloigné d’un “ crime contre l’humanité ”, estime-t-il. Surtout que, “ pour parler comme chez nous, dit le ministre, les affaires de terrains ne finissent jamais ”. Les conflits générés par ces “ erreurs ” perdureront, “ hypothéquant de manière grave la paix entre les Camerounais qui ne demandaient qu’à jouir du patrimoine familial ou acquis ”. Pour que cesse toutes ces récriminations contre les fonctionnaires du Mindaf, le ministre souhaite un retour à l’orthodoxie. Cette orthodoxie passe, selon lui, par le respect strict des textes, l’assainissement de l’environnement et des comportements…
Des mesures qu’il semble avoir prise depuis le 26 novembre dernier. L’on se souvient qu’à cette date, le Mindaf avait lancé une “ opération de déguerpissement forcés des occupants illégaux des logements administratifs ”. Ensuite les locaux des services de ce ministère, dont le Cadastre, avaient été scellés le 10 décembre dernier dans quelques villes. Entraînant le limogeage du délégué provincial du centre et de quelques autres responsables. Ces derniers attendent encore de savoir à quelle sauce ils seront mangés. Tandis que d’autres anciens commis de l’Etat continuent d’occuper abusivement des logements administratifs. Leur déguerpissement était sensé reprendre le 16 janvier dernier. Le dénouement finira bien par dire si les discours de Pascal Anong Adibime vont au-delà des promesses politiciennes.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 21-01-2008
Posté le 22.05.2008 par edouardtamba
CAMEROON POLITICS AWARDS
Les lauréats aux abonnés absents[SIZE=14]
L’Ong « Camer-Foundation » a procédé à la remise solennelle des prix et distinctions aux « meilleures figures publiques de l’année 2007 »
Vendredi, 25 avril dernier, le Hilton hôtel de Yaoundé s’est paré aux couleurs de la quatrième édition de « la nuit du Cameroon politics awards ». Invité à recevoir le trophée de son frère, Jean-Jacques Ekindi, lauréat de « la meilleure entrée parlementaire », le directeur général du Crédit foncier du Cameroun, Camille Ekindi, s’est fendu en explications sur sa présence à la soirée. Comme par crainte de quelques représailles, le Dg s’est distingué par une attitude ayant suscité de nombreux commentaires. Pour sortir de l’embarras, il a indiqué qu’il est venu accompagner le maire de Douala IIIe, Oumarou Fadil. Ce dernier a fait le déplacement de Yaoundé avec ses grands conseillers pour recevoir le trophée André Fouda. Synonyme de meilleur maire de l’année 2007 selon l’observatoire de la Camer-Foundation.
Ngassa Rose, maire de Tombel aura aussi fait le déplacement, pour recevoir la distinction de « la meilleure entrée municipale ». La brave dame a profité de l’occasion pour se faire accompagner par un « fan club » bruyant composé de femmes et autres dignitaires traditionnels. Et, d’exhiber une photo d’elle en compagnie de la Première dame du Cameroun. Promu « meilleur animateur politique » Issa Tchiroma n’a pas manqué une seule minute de la soirée. Mais aucune trace de Eric Mathias Owona Nguini et Pascal Charlemagne Messanga Nyamdin, distingués dans la même catégorie. Encore moins celle de Jean Tabi Manga, élu « meilleur Recteur d’université ».
Abonnés absents
La cérémonie a une fois de plus, permis de mesurer la popularité du délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé. A l’annonce du prix du meilleur délégué du gouvernement, une présentatrice bien célèbre du 20h30 sur la Crtv, ne se privera pas de lancer : « Démolition man ! ». Allant dans le même sens, l’assistance lance les multiples sobriquets dont Gilbert Tsimi Evouna est affublé. « Jack Bauer », « Homme sec »… C’est dans une salve d’applaudissement que le secret de polichinelle est dévoilé. Tsimi Evouna aura droit à un standing ovation spontanée de la salle, malgré son absence.
L’on a remarqué des grandes absences de lauréats comme : Haman Mana, (Meilleur homme de média), Laurent Serge Etoundi Ngoa, (Meilleur ministre), Badel Ndanga Ndinga (Meilleure entrée gouvernementale), Emmanuel Etoundi Oyono, (Meilleur directeur général)… Le chef de l’Etat Paul Biya, élu « Homme politique de l’année 2007» n’est pas venu chercher son grand prix baptisé « Oscar d’Or ». Celui que la Camer-Foundation présente comme « le Pythagore de la politique », ne s’est pas fait représenter. L’ambassadeur de Chine n’a pas boudé la cérémonie. Son excellence Huang Changqing est venu en compagnie de son épouse recevoir le prix de la « Meilleure coopération gouvernementale ».
Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 29-04-2008
Posté le 14.03.2008 par edouardtamba
Affaire Bakassi
Cameroun/Nigeria : la frontière maritime délimitée
La commission mixte des Nations unies pour la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour internationale de justice rendu le 10 octobre 2002 boucle sa 21e session aujourd’hui, 14 mars 2008 à Yaoundé.
Les frontières terrestres et maritimes séparant la Nigeria du Cameroun ne sont pas entièrement matérialisées. Raison pour laquelle la Commission mixte mise sur pied pour faire appliquer l’arrêt de la Cour internationale de justice (Cij) du 10 octobre 2002, continue de travailler. La 21e session qui s’est ouverte hier à Yaoundé pourrait rentrer dans l’histoire. Car selon le nouveau président de cette commission, le général Lamine Cisse, “ au cours de la présente session, le Cameroun et le Nigeria signeront, sans doute, un instrument juridique marquant une nouvelle étape dans l’exécution du jugement de la Cour (…) à savoir, la carte maritime sur laquelle ont été transposés les calculs relatifs à la ligne loxodromique [trajectoire suivie par un navire lorsqu’il coupe les méridiens sous un même angle, dixit Le petit Robert 2006] vers l’océan ”.
Une carte qui fait suite à la délimitation maritime approuvée par les deux pays lors de la session extraordinaire de la Commission le 11 mai 2007. Les avancées de la commission concernent aussi près de 1690 Km de frontière terrestre entre le Cameroun et le Nigeria. A ce propos, “ je suis heureux de vous annoncer qu’à ce jour, l’équipe technique mixte s’est définitivement entendue sur plus de 830 Km de frontière à démarquer ”, poursuit le général sénégalais. A l’en croire, le marquage de cette frontière terrestre pourrait connaître une accélération. Car, “ un réseau de points géodésiques vient d’être établi de part et d’autre de la frontière sur toute sa longueur ”, révèle-t-il. Le discours du président de la Commission mixte a aussi laissé entendre que le Cameroun et le Nigeria “ se sont entendus sur le principe de la construction d’un poste frontalier de contrôle unique, sur le corridor Bamenda (Cameroun) – Enugu (Nigeria) ”, sur financement de la Banque africaine de développement.
Le chef de la délégation nigériane, Prince Bola Ajibola, se félicite de ce que les travaux commencés il y cinq ans, sont en bonne voie. La preuve : les multiples transferts de souveraineté opérés depuis 2003, “ le retrait de l’armée nigériane de la péninsule de Bakassi en 2006 ”, les contributions financières des deux pays pour le marquage de la frontière… Et, “ je voudrais réitérer à tous que le Nigeria met tout ce qui est à sa disposition pour assurer un bon déroulement du retrait de Bakassi en août 2008 ”, conformément à l’accord de Grentree signé en 2006. Mais la commission n’a pas les dernières nouvelles officielles du terrain, depuis la 20è session de novembre 2007 à Abuja.
“ Il avait été convenu de dépêcher une mission d’observation dans la péninsule, du 3 au 7 mars 2008. L’objectif n’a pu être atteint, à cause d’impératifs indépendants de la volonté des uns et des autres ”, regrette Lamine Cisse. N’empêche que “ l’occasion nous sera donnée d’évaluer les activités menées pendant cet intervalle inhabituellement long ”, assure le ministre délégué à la Justice, en lieu et place du Garde des sceaux, “ empêché ”. Selon lui, “ aucun incident n’a été signalé depuis la dernière mission des observateurs en octobre 2007 ”. Et les 21 militaires camerounais tués le 12 novembre dernier? Il s’agit de “ tristes événements ” que “ nos deux gouvernements ont su gérer dans la sérénité et la coopération ”, indique le ministre. La Commission mixte boucle sa 21e session ce jour, 14 mars 2008.
Par Edouard TAMBA
Le 14-03-2008
Posté le 19.06.2007 par edouardtamba
DEBAT
L’opposition et le Rdpc se déchirent sur les ondes
Policam, le nouveau programme de débat politique sur radio Tiémeni Siantou (Rts) a des airs de procès.
Partis de l’opposition et Rdpc, deux entités qui ne ratent jamais l’occasion de s’empoigner, ont remis ça le 24 mars dernier. Il était question de débattre de “ l’idéologie politique du Rdpc ”, à l’occasion de son 22e anniversaire. Mais les débats ont pris les allures d’un procès. L’affaire a lieu sur les ondes de Radio Tiemeni Siantou (Rts) à Yaoundé, entre 13 heures et 15 heures.
“ Je suis militant du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) originel, tel qu’il a été créé à Bamenda en 1985 ”, précise d’entrée Chantal Roger Tchuilé. Le directeur de publication (Dp) de “ La Tribune de l’Est ” ne fait pas les choses à moitié. Il est vêtu de la tête au corps, à l’effigie de Paul Biya, le président du parti qu’il défend. La suite de ses propos est plutôt renversante. “ Il y a entre les discours de Paul Biya et les applications, un trop grand fossé ”, commente le Dp. Pour argumenter, il s’étonne du thème retenu pour la célébration des 22 ans du parti des flammes. “ Nos valeurs encore et toujours. ” “ De quelles valeurs s’agit-il dans un parti dont le vice-président est âgé de 89 ans et où on parle de l’avenir à l’imparfait ? ”, demande-t-il. C. R. Tuilé est peut-être sérieux, mais le présentateur de Policam, le programme en question, se fend en rire. Tout comme l’avocat de la cause du Sdf dans le studio, Jean Takougang.
Le “ militant du Rdpc originel ” achève son premier plaidoyer, en relevant comment dans son parti les jeunes et les femmes n’ont droit à rien. Jean Takougang qui, dans un premier temps, semblait ahuri par les prises de positions de l’adversaire, saisit la balle au bond. “ Il ne suffit pas de couper un petit ministère en deux et d’y nommer deux femmes, pour dire que les femmes sont prises en compte ”, dit-il. D’ailleurs, contrairement au Social democratic front (Sdf), le Rdpc est un parti divisé, déclare Jean Takougang. Pour preuve, l’existence de l’organisation des jeunes d’une part, et des femmes d’autre part au sein d’un même parti. Une parade selon lui, pour exclure femmes et jeunes des cercles de prise de décision.
Le Dp revient à la charge contre son camp. Difficile pour le présentateur, Ghislain Pierre Essono de l’arrêter. “ Paul Biya peut-il revendiquer l’arrivée du multipartisme au Cameroun ? ”, interroge-t-il. Pour ne pas répondre directement, il rappelle des faits tels que les messes et les marches organisées contre le multipartisme en 1990. “ Où est passée l’école des cadres de ce parti où Charles Salé bat régulièrement Philippe Bertoua aux primaires dans le Lom et Djerem ? ”, interroge-t-il encore. Heureusement qu’il n’y a personne en face, se réjouit-il. L’Upc, l’Undp et le Mdr sont rentrés dans le gouvernement, “ le Sdf s’étrangle. ” Quant à l’Union démocratique du Cameroun (Udc), “ Ndam Njoya qui représentait toute l’opposition camerounaise à la dernière présidentielle a revu ses prétentions à la baisse en allant discuter la chefferie de Njinka.” Les diatribes de M. Tchuilé ne font plus rire Jean Takougang. Piqué au vif, il lance : “ Si le Rdpc est vraiment fort, qu’il laisse une commission indépendante organiser les élections.” M. Soptue, membre du bureau politique de l’Udc, arrive enfin. Plus d’une heure sont passées.
“ Le Rdpc a-t-il une idéologie ? ”, entame-t-il. Ensuite il entreprend de reluire l’image de “ Adamou Ndam Njoya, ex haut commis de l’Etat et membre de plusieurs organisations internationales.” Cette apologie n’est pas du goût de M. Tchuilé qui tente de lui arracher le micro. “ Si le Rdpc veut parler seul, laissez le ”, se défend l’autre. “ C’est un débat monsieur ! ” Lui rétorque-t-on. Le présentateur, le représentant du Sdf et un autre militant du Rdpc, nouvellement arrivé, assistent impuissants à l’affrontement. “ Qu’est-ce que je fais autour de cette table ? ”, demande finalement Jean Takougang.
Le temps passe et l’émission tire à sa fin. G.P. Essono donne finalement une minute à chacun pour conclure. “ Quand c’est Tuilé vous ne chronométrez pas ”, se plaint Jean Takougang. Mais c’est insuffisant, puisque, au sortir du studio les débats continuent. On élève la voix, on se salue, on s’embrasse et on décide de rendre le verdict de l’affaire autour d’un pot. Loin des oreilles des auditeurs, qui s’attendaient à être édifiés sur l’idéologie politique du Rdpc.
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Edouard TAMBA
In Le Messager du 03-04-2007
Posté le 19.06.2007 par edouardtamba
MATERIEL ELECTORAL
L'armée en faction à la Sopecam et à l'imprimerie nationale
Difficile de savoir comment se déroulent les préparatifs matériels, à près de six semaines des élections.
Cet après-midi du 12 juin 2007, l’ambiance au ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation (Minatd) semble détendue. vers 14h, les usagers vont et viennent dans les couloirs des différents étages. Dans les bureaux, des fonctionnaires discutent, scrutent des documents, tandis que d’autres jouent au Solitaire sur leurs ordinateurs. Pourtant, on est à trente-neuf jours du double scrutin du 22 juillet prochain.
“ Vous ne pouvez pas le rencontrer ! ”, répond un monsieur au secrétariat du directeur des affaires politiques. “ Vous savez pourquoi … ”, ajoute-t-il en souriant. A côté, un autre s’affaire à déballer une imprimante neuve de dernière technologie. Le premier propose au reporter de repasser le lendemain en matinée. En face, la sous-directrice en charge des élections est absente. Selon la secrétaire, “ elle travaille à l’extérieur cette semaine. ” La réponse est plus précise à la direction des affaires juridiques. “ M. Essomba n’est pas là, il est à la Cour suprême ”, renseigne une secrétaire. En effet, la Chambre administrative de cette institution tient une audience publique sur le contentieux préélectoral des municipales 2007. Et selon le rôle d’audience, le Minatd est de la partie défenderesse. Leurs collègues de la cellule de communication répondent aussi aux abonnés absents. Les deux bureaux de cette cellule sont fermés.
Comment se déroule donc la préparation matérielle ? Impossible de le savoir au Minatd hier. A l’imprimerie nationale, six militaires de l’armée de l’air veillent à l’entrée. “ L’accès est interdit aux journalistes, jusqu’aux élections. Sauf si vous avez une autorisation du Minatd ”, explique l’un des soldats. Le pull-over qu’il porte ne permet pas de voir son grade, mais il est apparemment le plus âgés et le chef du groupe. Les épaules de ses collègues sont sans galons. “ Inutile d’insister ! ”
Du côté de la Société de presse et d’édition du Cameroun (Sopecam), une dizaine de soldats de la garde présidentielle ouvrent l’œil. “ Depuis pratiquement trois semaines ”, apprend-on. Les travaux d’impression des bulletins de vote vont démarrer dans cette imprimerie vendredi prochain. Pour plus de sécurité, de nouveaux badges sont en confection pour les personnels de la Sopecam. Ils devront montrer patte blanche pour accéder à leurs services.
Par
Edouard TAMBA
In
Le Messager du 13-06-20
Posté le 19.06.2007 par edouardtamba
LEGISLATIVES ET MUNICIPALES 2007
Cartes d’électeurs attendent propriétaire à Yaoundé
Un communiqué signé par le préfet du département du Mfoundi, le 15 juin dernier, annonce : “ Il est porté à la connaissance des électeurs régulièrement inscrits sur les listes électorales du département du Mfoundi que les nouvelles cartes d’électeurs informatisées sont disponibles dans les six sous-préfectures depuis le 12 juin 2007. ” Dans le même texte, Beti Assomo Joseph précise que ces cartes peuvent être retirées “ par leur titulaire sur présentation de la carte nationale d’identité et suivant les modalités que leur préciseront les sous-préfets. ” Ce communiqué publié dans le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune dans son édition d’hier, 18 juin 2007, n’est pas visible à la préfecture du Mfoundi. “ Allez à la sous-préfecture, ce sont les sous-préfets qui peuvent vous répondre ”, répondent en choeur un policier et un agent de la préfecture.
Vers 12h, il y a du monde à l’extérieur de la sous-préfecture de Yaoundé Ier. Mais ils ne sont pas là pour le retrait des cartes. Le communiqué du préfet annonçant la disponibilité des cartes d’électeurs dans les sous-préfectures n’y est pas visible. Les uns proposent aux autres des facilités pour la légalisation de certaines pièces. A l’intérieur, il y a moins de monde. Plusieurs personnes s’affairent dans le bureau servant de secrétariat au cabinet du sous-préfet. Ceux-ci découpent des petits cartons verdâtres à partir des feuilles plus larges. Les petits cartons portent les armoiries de la République du Cameroun. Leur format se rapproche de celui d’une carte photo de 10x15. Il s’agit des “ nouvelles cartes d’électeurs informatisées ”. Ensuite, les agents de la sous-préfecture empilent les cartes et forment des petits paquets. Ceux-ci sont emballés dans des papiers blancs sur lesquels sont indiqués les bureaux de vote destinataires. Le même manège à lieu dans le bureau d’en face. Découpage, vérification et classement, en silence. Les déchets issus de cette tâche jonchent le sol des bureaux.
“ Le sous-préfet est en réunion à la préfecture ”, apprend-on. La dame qui renseigne précise que c’est une réunion hebdomadaire à laquelle assistent tous les sous-préfets du département du Mfoundi. Elle conseille au reporter de revenir un peu plus tard. Deux heures plus tard, les paquets de cartes d’électeurs sont posés sur la table de la secrétaire. Les deux bureaux ont été soigneusement nettoyés. Plus l’ombre d’un bout de papier au sol. Le “ chef de terre ” est revenu dans son bureau. Il reçoit des usagers. Mais pas les journalistes. “ Le sous-préfet a demandé d’attendre, qu’il a encore quarante jours. Il ne veut pas se surmener avec le problème des cartes d’électeurs ”, dit la secrétaire. Le sous-préfet se réfère peut-être à l’alinéa 4 de l’article 65 de la loi 91-20 du 16/12/91, fixant les conditions d’élections des députés à l’Assemblée nationale, modifiée et complétée par la loi 97-13 du 19/03/97 et celle n°2006/009 du 29/12/2006. Il y est dit qu’ “ en cas de renouvellement des cartes ou des nouvelles inscriptions sur les listes électorales, la distribution des cartes a lieu dans les quarante jours précédant la tenue du scrutin ”. Et dans ce cas, il lui reste plutôt trente-quatre jours puisque les élections sont annoncées pour le 22 juillet 2007. A moins que le chef de terre annonce un report des élections.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 19-06-2007
Posté le 19.06.2007 par edouardtamba
SUPERVISION DES ELECTIONS
[SIZE=14]Le préfet confie les commissions aux fonctionnaires [/SIZE]Une réunion de mise en place des commissions
départementale et communales de supervisions des élections s’est tenue à Yaoundé.
Le préfet du département du Mfoundi, Béti Assomo Joseph, a tenu une rencontre le 6 juin 2007 dans ses services. Y ont pris part : les représentants des partis politiques en lice dans le département, pour le double scrutin du 22 juillet prochain ; les sous-préfets du département et des représentants des forces de l’ordre. Au menu, la mise sur pied des commissions de supervision des élections dans le département du Mfoundi.
Il s’agit d’une commission départementale pour les élections législatives, et de sept commissions communales pour les élections municipales. La première commission est prévue par l’article 33 de la loi n°91-20 du 16 décembre 1991, fixant les conditions d’élections des députés à l’Assemblée nationale, modifiée et complétée par les loi 97-13 du 19/03/97 et 2006/009 du 29/12/2006. Citant cet article, le préfet rappelle : c’est une “ commission mixte départementale chargée de veiller au bon déroulement des préliminaires des opérations électorales et des opérations proprement dites. ” Il revient ensuite sur les attributions de cette commission qui a pour principale mission de centraliser les résultats venant des bureaux de vote et de les envoyer à la Commission nationale de recensement des votes.
Le préfet annonce que la commission départementale sera présidée par Mme Noah Ebella Marie, présidente du tribunal de grande instance du Mfoundi- Centre administratif. Le révérend pasteur Bessala Mbesse, Co-Modérateur de la paroisse Epc de Djoungolo sera aussi membre de cette commission. Les partis politiques en lice pour la députation y seront aussi représentés. Me Olinga Genève pour le Rassemblement démocratique du Peuple camerounais (Rdpc), Me Tchokongoé pour le Social democratic front (Sdf), Ntep Benjamin pour l’Union des populations du Cameroun (Upc) et El Hadj Mohamadou pour le Mouvement national. “ Il n’est pas besoin de communiquer les noms ”, dit le préfet, en ce qui concerne les représentants de l’Etat dans cette commission.
La mise en place des commissions communales obéit au même rituel. Suivant la loi n°92-002 du 14 août 1992 fixant les conditions d’élections des conseillers, ces commissions seront aussi présidées par des personnalités indépendantes. Selon le préfet, ces personnalités ont été choisies après “ enquêtes et sondages ”. Celle de Yaoundé I sera présidée par Obulitek Joseph, inspecteur principal des impôts à la retraite ; Yaoundé II par Salatou Baba, magistrat de 4e grade et inspecteur des services judiciaires au ministère de la justice ; Yaoundé III par Mbenoun Théodore Augustin, magistrat et président de section à la chambre des comptes ; Yaoundé IV par Ngaeto Zam Epouse Ondoua (ministre plénipotentiaire), sous-directrice des affaires Amérique centrale et Caraïbes au ministère des relations extérieure ; Yaoundé V par Vincent de Paul Noah, magistrat ; Yaoundé VI par Selema Akedjol, conseiller principal de jeunesse et animation, directeur de la vie associative et des loisirs au ministère de la jeunesse ; Yaoundé VII par Paul Gérard Pougoué, professeur agrégé des universités, vice-recteur chargé des enseignements à l’université de Yaoundé II.
Les partis n’ayant pas désigné au préalable leurs représentants, doivent compléter les listes au plus ce jour à 15h30. Afin que le préfet puisse publier un arrêté officialisant ces listes. A la date du 8 juin, on affirmait au secrétariat particulier du Préfet que les partis n’avaient pas encore complété les listes.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 12-06-2007