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edouardtamba
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30.04.2007
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Lu ailleurs

La déclaration de l'Addec sur la crise sociale au Cameroun

Posté le 14.03.2008 par edouardtamba
L'intégralité de la déclaration qui a créé la panique dans les milieux du pouvoir à Yaoundé


DECLARATION

Le profond mouvement de protestation sociale et politique qui a secoué notre pays les 25, 26, 27, 28 et 29 février dernier a été animé principalement par les jeunes. Au cours de ces journées de mobilisation, des exactions des forces de l’ordre ont été commises sur des populations manifestant les mains nues .Des agressions sauvages et injustifiées ont été commises sur des étudiants à l’intérieur de la Cité Universitaire de l’Université de Yaoundé I. Les interpellations fantaisistes de quelques uns s’en sont suivies, avec leur cortège de traitements dégradants dans les cellules de la République. Au terme de ces folles journées de mobilisation et d’expression de frustrations longtemps refoulées, l’ADDEC tient à faire savoir qu’à la suite de l’enquête diligentée par elle, il ressort les constats hallucinants qui suivent :
Des agressions et interpellations d’étudiants :
- Dans la nuit du 27 février, après le discours du Chef de l’Etat, un escadron de militaires est descendu à la Cité universitaire de l’université de Yaoundé 1 et a causé des exactions graves. Les étudiants NTYAM Freddy Lionel, ZAMBO Franck Thierry, BIKOE Jean Renaud, EBO’O Félicien, ESSELEM Irénée ont eu, pour la plus part, des blessures profondes au niveau de la tête et des jambes brisées. Des dégâts matériels fort importants ont également été enregistrés (des portes de chambres défoncées, des scènes de pillage, etc.)
- Plusieurs étudiants de diverses universités du pays, arbitrairement interpelés, ont été victimes de mauvais traitements, de tortures et de détentions tout aussi arbitraires dans les commissariats et brigades de la république. En l’état actuel des ses investigations, l’ADDEC en a établi une liste – non exhaustive :
o ABIA David, University of Buea, Ancien Président de l’UBSU ; signataire de la déclaration du Conseil patriotique et populaire de la Jeunesse (CPPJ) du 17 février dernier.
o NGOYA Carlos, University of Buea, Ancien Vice-président de l’UBSU ;
o TCHIENGWA DJOMO Paul Merlin, Université de Yaoundé I, Faculté des Sciences, Filière Sciences de la Terre Niveau 4(ST4), Matricule 02X136,
o SANDJONG Yannick, Université de Yaoundé I, Faculté des Sciences, Filière Chimie (CH3) ;
o NJUTAPMVOUI Ernest Dubois, Université de Yaoundé I, Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines –FALSH- Histoire Niveau 3 (Histoire 3) ;
o ONVOHA Ernest Lincoln Université de Yaoundé I, Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines –FALSH- Arts du Spectacle (AS), Matricule 07K281 ;
o SIGNS KASINEY Gama, Université de Yaoundé I, Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines –FALSH- Linguistique Générale Appliquée Niveau 4 (LGA4).
o OSAKE Robert, University of Buea, Level 300, Economics ;
o OBEN Benjamin, University of Buea, Level 200, Education ;
o NYEMO BETUMAMI Charles, University of Buea, Level 200, Environmental Science ;
o ENGWOH NGOH Abia, University of Buea, Level 300, Sociology ;
o NGU BONGEN Blandon University of Buea;
- Suite à l’intervention de l’ADDEC, tous les étudiants incarcérés - issus de l’Université de Yaoundé I - ont pu être libérés.
- Le mouvement étudiant continue cependant de suivre avec attention et d’attendre avec impatience la libération de nos camarades de l’Université de Buéa, en cette veille de rentrée dans cette institution.
- Des enquêtes sont en cours au niveau de l’université de Douala pour identifier les étudiants qui sont dans une situation similaire à celle de leurs camarades de Buéa et leur apporter toute l’assistance dont ils pourraient avoir besoin.
- Des dispositions ont été également prises pour que tous ces cas d’abus soient quotidiennement rapportés à la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés, aux responsables directs en charge des questions de droits de l’Homme de plusieurs chancelleries accréditées au Cameroun, et des organisations internationales de défense des Droits de l’Homme à travers le monde ;
Au vue de tout ce qui précède :
L’ADDEC invite tout étudiant ou toute autre personne détenant d’autres informations sur un quelconque étudiant abusivement retenu dans une prison de la République à saisir promptement les instances de l’ADDEC pour une assistance appropriée ;
L’ADDEC invite les autorités gouvernementales et le Ministère de l’Enseignement Supérieur en particulier à tout mettre en œuvre pour la libération des étudiants et élèves abusivement détenus à la prison de Buéa ; tout en exigeant que les étudiants froidement et innocemment agressés par les forces de l’ordre dans leurs chambres alors qu’ils ne participaient aucunement aux manifestations soient indemnisés par le Gouvernement.
L’ADDEC s’indigne et exprime sa consternation face à la brutalité et la logique de la violence qui font que la moindre descente des forces de sécurité, au moindre prétexte, devienne le premier facteur d’insécurité pour les citoyens, plus attentatoire encore que la « menace » qu’elles étaient censées neutraliser. Ce pis-aller autorise Bastonnades sanglantes et gratuites, pillages systématiques, rapine et racket de toutes sortes – et ceci dans une totale impunité. De plus en plus, ces déchaînements de violence se soldent par des morts d’hommes ; sans que les autorités administratives et politiques du pays s’en émeuvent. Les émeutes de la fin du mois de février dernier ont encore montré combien les interventions des forces dites de l’ordre, initialement destinées à contenir les manifestations, font si peu cas des droits humains les plus élémentaires et du respect de la vie des citoyens. La Cité universitaire de Yaoundé 1, les zones de résidence universitaire alentours, de DSCHANG et BUEA ont une fois de plus fait les frais de cette sauvagerie d’un autre âge.
Il convient par ailleurs de féliciter les étudiants pour le sens aigu de la responsabilité dont ils ont su faire montre, malgré les actes de provocation délibérément posés par les forces de l’ordre. Beaucoup d’entre eux se sont également mobilisés pour secourir leurs camarades injustement mis aux arrêts.
L’ADDEC tient à faire savoir qu’au cas où ces arrestations aboutissent à des emprisonnements, dans ces conditions où les procès sont expéditifs, en totale violation des dispositions du Nouveau Code de procédure pénale et des droits de la défense, notamment les principes basiques du débat contradictoire, et de la présomption d’innocence, lesdits étudiants seraient considérés comme des prisonniers politiques, car n’ayant commis aucune infraction de droit commun.
L’ADDEC tient à rappeler qu’elle ne ménagera aucun effort pour œuvrer à la libération des camarades détenus à la prison de Buéa ; et qu’elle ne fera l’économie d’aucun moyen de droit pour parvenir à cette fin.
A propos de l’insurrection populaire
Ces exactions perpétrées sur des étudiants se sont produites dans un contexte général de crise. Il convient de souligner que les émeutes qui ont secoué le pays les 25, 26, 27, 28 et 29 février sont la conséquence d’une crise économique, sociale et politique dont la grève des chauffeurs des taxis n’a été que le catalyseur. Dans ce contexte de frustrations généralisées, il était prévisible que le mécontentement populaire dérive en émeutes, voir en insurrection. Les émeutes de banlieues françaises montrent à suffisance qu’il ne s’agit pas du reste d’une exception camerounaise.
On ne peut donc que se désoler de la pauvreté et de la misère argumentative du discours officiel qui chaque fois qu’il est confronté à la colère des jeunes ou des autres laissés-pour-comptes se réfugie derrière le refrain aussi éculé que ringard de la manipulation pour ignorer la pertinence des revendications et étouffer le cri du peuple dans un flot de sang.
A cette occasion, l’ADDEC adresse ses condoléances les plus attristées aux familles si durement éprouvées, dont la progéniture, portée par un élan patriotique sincère de désobéissance civile, a trouvé la mort au cours de ces évènements.
Sans doute, les débordements de ces derniers jours témoignent-ils aussi - en partie - d’une absence d’organisation et d’un déficit d’éducation politique que la jeunesse devra combler impérativement. C’est dans ce sens que l’ADDEC compte, pour sa part, orienter ses réflexions et ses actions dans les prochaines semaines, afin que la jeunesse camerounaise et singulièrement les étudiants sachent se faire entendre sur les sujets qui engagent l’avenir de notre pays.
A propos de la Réaction du Chef de l’Etat :
Le Chef de l’Etat, à la suite de l’insubmersible insurrection populaire, a pris un train de mesures lors du Conseil ministériel du 07 mars 2008 dont l’objectif déclaré est de répondre aux préoccupations des citoyens et des jeunes en particulier ;
De ces résolutions, il ressort que malgré les différentes vies impunément supprimées par les forces de l’ordre dans les campus lors des revendications académiques initiées par l’ADDEC au cours de ces trois dernières années, les mesures du Chef de l’Etat sont restées inexplicablement silencieuses sur les revendications des étudiants.
Rien n’a été dit sur le retour de la bourse dont l’octroi aux étudiants améliorerait considérablement leur condition de vie dans un contexte où, malgré les mesures prises à grand renfort de publicité, le pouvoir d’achat des Camerounais et surtout de cette couche reste chroniquement insignifiant.
Que dire du silence sur la suppression ou la réduction du montant des droits universitaires suffisamment réclamée par les étudiants, revendications pour lesquelles plusieurs vies ont été perdues et qui semblent n’avoir guère retenu la très haute attention du Chef de l’Etat ;
Des mesures de moindre complexité délibérément bloquées par le Ministère de tutelle à l’instar de l’achèvement du processus d’harmonisation des coûts du logement étudiant, dont la prise en compte aurait bien pu persuader la communauté estudiantine de la bienveillante attention du Gouvernement, sont restées lettres-mortes.
Les étudiants s’interrogent donc légitimement, et refusent de croire que le Chef de l’Etat et ses collaborateurs en charge du sous secteur de l’enseignement supérieur, à travers ces décisions, ne leur font pas le procès de ne s’être pas mêlés formellement et conséquemment à cette campagne de désobéissance civile.

Fait à Yaoundé le 12 mars 2008

POUR LE CONSEIL,

(é) BATOGNA GNITCHOGNA





--

Des jeunes de Paris répondent à Paul BIYA

Posté le 04.03.2008 par edouardtamba
LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT PAUL BIYA
« Les Camerounais n’en peuvent plus ! »

Par les jeunes de Bonaberi.com, Paris (FRANCE)



Monsieur Le Président, cher compatriote,

C’est avec une bonne part de tristesse, de mécontentement, et de colère que l’on a accueilli votre sortie de Mercredi. Les évènements de ces derniers jours dans notre pays ont en effet beaucoup affecté le moral des camerounais, qu’ils soient de Paris, ou de partout ailleurs dans la diaspora, et l’on attendait sincèrement de vous des signes ostentatoires d’apaisement lors de cette allocution. Des signes clairs.

Malheureusement, et comme à votre habitude, vous n’avez pas entendu l’appel des Camerounais. N’étiez-vous pas avisés, M. Le Président, du fait que les émeutes récentes n’étaient que l’expression d’un profond malaise qui couvait déjà depuis cette annonce hasardeuse de projet de modification de la constitution ? Il aura fallu la mort d’un jeune compatriote samedi dernier à Douala, la fermeture d’une chaîne de télévision privée et une grève de transporteurs jumelée à un excès de zèle de vos courtisans pour que les choses dégénèrent en casses, pillages, vols et agressions ; car les Camerounais n’en pouvaient plus.

Les Camerounais n’en peuvent plus M. le Président.

Ils n’en peuvent plus d’être nargués par des gouvernants opulents qui ignorent les réalités les plus fondamentales du citoyen moyen. Ils n’en peuvent plus d’être asphyxiés par une flambée des prix de produits dont la production est assurée dans leur propre pays. Ils n’en peuvent plus d’être moqués par une télévision nationale partiale et inféodée au pouvoir que vous vous évertuez tant bien que mal à incarner. Ils n’en peuvent plus de la répression et des privations systématiques de liberté. Les Camerounais n’en peuvent tout simplement plus, M. Le Président. Qu’ils soient femmes, hommes ou enfants !

Quand on a une police, une gendarmerie et une armée qui opposent des balles réelles aux réclamations contre la vie chère ; quand on a un Ministre de l’information, un « Kontchou » des temps modernes, qui oppose des fermetures de chaînes à des critiques vertement adressées à l’endroit de votre régime; quand on a un gouverneur zélé, à l’image de M. Faï Yengo, qui oppose à des velléités de revendications contre la modification de la constitution des interdictions de manifester arbitraires et des bavures policières, à quels résultats vous attendiez-vous concrètement ?

Excusez-nous de vous le dire, M. le Président, vous avez encore manqué là une occasion de vous distinguer.

Comme tant d’autres fois, vous avez répondu aux abonnés absents en plein cœur de la tourmente. Comme tant d’autres fois, vous vous êtes gaussés des camerounais en recevant pompeusement en audience des diplomates de seconde zone pendant que de jeunes compatriotes mourraient sous les balles de vos policiers. Aucune sortie publique, aucune déclaration, rien. Il aura fallu attendre ce Mercredi pour vous voir enfin éclore de vos dorures.

Et pour dire quoi ?

Rien de nouveau sous le soleil : un discours de quelques minutes, vide, menaçant et aussi inconséquent que condescendant. Aucune solution, aucune compassion, aucune perspective. Que nenni ! En lieu et place d’une allocution, vos scribes, M. le Président, vous ont pondu une injure en guise de réponse aux cris de détresse de tous les camerounais. Une mini déclaration de guerre en direct au peuple souverain. Que du dédain. Et une réaffirmation de cette prétendue autorité de l’Etat que vous pensez incarner depuis un quart de siècle. Nous rappelant ainsi à de vieux souvenirs, entre un « Me voici donc à Douala », « La conférence Nationale est sans objet » et un « Tant que Yaoundé respire le Cameroun vit ». La même arrogance et le même mépris que vous affichiez déjà dans les années 90. Comme quoi, on ne change pas les vieilles habitudes. Vous ne changez pas de fusil d’épaule.

Dans ce discours, M. le Président, vous n’aviez raison que sur un point : les pillages, les casses et les violences sur les personnes et les biens publics sont à condamner fermement. Mais pas parce que vous l’avez demandé ou parce que vous le suggérez, mais tout simplement parce que ce sont les camerounais, les vrais, qui ont le plus à y perdre dans cette affaire. Personne ne souhaite à notre pays, vous comme nous, ce qu’on a pu voir ailleurs en Afrique ces dernières années : il faut donc rapidement que les actes de vandalisme cessent, sur toute l’étendue du territoire. Néanmoins, ce qui est tout aussi condamnable, et vous auriez peut-être dû le signaler, c’est l’inexpérience de vos forces de l’ordre qui, tels des cow-boys en plein far-west, tirent et balancent des bombes lacrymogènes à tout bout de champ sur de jeunes compatriotes, pour la plupart sans défense. Dans des écoles, dans des maisons, partout. Tout cela est inacceptable. Inconcevable, M. le Président, pour toute personne qui se veut pétrie de liberté et de justice.

Que plusieurs jeunes camerounais meurent dans ces conditions, pour vous, visiblement, c’est tout au plus « regrettable ». Que des jeunes se déchaînent sur les symboles de nos institutions, et il ne faut bien évidemment y voir que des manipulations de ceux que vous appelez insolemment « apprentis sorciers ». Ne voyez-vous donc en ces révoltes, M. le Président, aucun message subliminal ? Aucune attente sociale ? Aucune aspiration populaire au mieux-vivre ? Pis, êtes-vous incapable de présenter des condoléances dignes de ce nom aux familles éplorées lors de ces émeutes ?

Non, tout cela vous est impossible. C’est impossible pour vous de faire preuve d’humilité. C’est normal, puisque tout va bien au Cameroun. La vie est belle, la démocratie suit son cours et tout le monde est content. Le Cameroun est un « Etat de droit » : merci, on ne le savait pas. Sincèrement, M. Le Président, de qui vous moquez-vous ? De quel « paix » parlez-vous quand la majorité des camerounais n’a pas la paix du ventre et croupit sous les pesanteurs d’une misère grandissante ?

Le 11 février dernier, à l’occasion de la fête de la Jeunesse, vous nous ressortiez d’ailleurs la vieille rengaine, éculée, de cette jeunesse qui serait selon vous « l’avenir du Cameroun », pour laquelle l’Etat se battrait corps et âme depuis des lustres. Cette jeunesse que vous vous targuez de connaître depuis 25 ans déjà mais que vous avez abandonnée, générations sur générations, de Senfo Tokam à Mouafo Djontu, sans que cela ne vous émeuve ou ne vous fasse sourciller de honte.

Depuis quelques jours donc, si vous n’en aviez pas connaissance, sachez que cette jeunesse vous a envoyé un signal fort de détresse et d’exaspération depuis Douala, Yaoundé, Kumba, Limbé, Bamenda, Bafoussam, et même depuis Paris à travers ce texte. Le peuple camerounais est fatigué. Fatigué de l’arbitraire et des privations. Fatigué du mépris et de l’arrogance. Fatigué de 25 ans d’illusions et d’incuries. Et il ne compte plus se laisser sacrifier sur l’autel de la mal gouvernance et de l’immobilisme. Il serait salvateur que vous l’intégriez une fois pour toute, M. le Président.

Car comme disait déjà Célestin Monga, que vous deviez bien connaître en son temps, « ne vous méprenez pas sur la patience manifestée par les camerounais jusqu’à présent, ils sont capables du meilleur comme du pire. »

Nous commençons petit à petit à en être tous convaincus.



**



Signé les jeunes de Bonaberi.com, Paris (FRANCE)
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Le discours de Paul BIYA le 27-02-08

Posté le 04.03.2008 par edouardtamba
L’adresse de Paul BIYA à la Nation

Le mercredi, 27 février 2008 à Yaoundé

“Notre pays est en train de vivre des événements qui nous rappellent les mauvais souvenirs d’une époque que nous croyons révolue. Si l’on peut comprendre qu’après l’échec d’une négociation, une revendication catégorielle s’exprime par l’exercice du droit de grève, il n’est pas admissible que celui-ci serve de prétexte à un déchaînement de violence à l’encontre des personnes et des biens. D’ailleurs, la preuve est maintenant faite qu’il est toujours possible de trouver une solution par la négociation à tout conflit social. Il ne s’agit pas de cela en réalité. Ce qui est en cause, c’est l’exploitation, pour ne pas dire l’instrumentalisation, qui a été faite de la grève des transporteurs, à des fins politiques.

Pour certains, qui n’avaient d’ailleurs pas caché leurs intentions, l’objectif est d’obtenir par la violence ce qu’ils n’ont pu obtenir par la voie des urnes, c’est-à-dire par le fonctionnement normal de la démocratie. Ils n’ont donc pas hésité à jeter dans la rue des bandes de jeunes auxquels se sont mêlés des délinquants attirés par la possibilité de pillages. On en voit le résultat : des bâtiments publics détruits ou incendiés, des commerces et des entreprises pillés ou dévastés. Qu’il s’agisse du patrimoine de l’Etat, c’est-à-dire de notre bien commun, ou de locaux privés, ce sont des années d’efforts ainsi réduits à néant. Les apprentis sorciers qui dans l’ombre ont manipulé ces jeunes ne se sont pas préoccupés du risque qu’ils leur faisaient courir en les exposant à des affrontements avec les forces de l’ordre. Plusieurs d’entre eux ont de ce fait perdu la vie, ce qu’on ne peut évidemment que regretter. Lorsque le bilan humain et matériel de ces sombres journées pourra être fait, il sera probablement très lourd. Ceux qui sont derrière ces manipulations ne voulaient certainement pas le bien de notre peuple. On ne bâtit pas un pays en multipliant les ruines. Il faut donc que les choses soient bien claires.

Le Cameroun est un Etat de Droit et entend bien le rester. Il a des institutions démocratiques qui fonctionnent normalement. C’est dans ce cadre que sont traités les problèmes de la Nation. Ce n’est pas à la rue d’en décider. L’immense majorité de notre peuple aspire à la paix et à la stabilité. Les dernières consultations électorales en ont apporté la preuve. Les Camerounais savent que le désordre ne peut apporter que malheur et misère. Nous ne le permettrons pas. A ceux qui ont pris la responsabilité de manipuler des jeunes pour parvenir à leurs fins, je dis que leurs tentatives sont vouées à l’échec. Tous les moyens légaux dont dispose le Gouvernement seront mis en œuvre pour que force reste à la loi.”

Tsébo “ L’homme de Khartoum ” en détresse

Posté le 30.01.2008 par edouardtamba
Jean-Marie Tsebo. Ca vous dit quelque chose? Il faut avoir vécu pour le connaître. Je n'en sais que ce qu'on m'a raconté. L'histoire a voulu que ce soit l'auteur du tout premier but de l'équipe nationale du Cameroun en Coupe d'Afrique des Nations de football. Un tir d'anthologie à près de 40m des filets. Dans un match qui opposait le Cameroun à la Côte d'Ivoire le 6 février 1970. La même histoire dit encore que c'est ce geste qui réveilla les Camerounais qui finirent par prendre le dessus sur Laurent Pokou et ses coéquipiers par 3 buts à 2. Du coup, Jean-Marie Tsebo fut baptisé "L"homme de Khartoum". 38 ans plus tard, Tsebo broie du noir. Loin de l'ambiance du Ghana. Sans assistance. Je me permet de vous faire lire ci-dessous, le texte de mon collègue Souley ONOHIOLO. Un devoir de mémoire, mais aussi un appel à la solidarité et la compassion. Faites suivre s'il vous plaît.


Jean-Marie Tsébo
“ L’homme de Khartoum ” broie du noir à Yaoundé
Victime d’un accident-vasculo-cérébral, il a perdu l’usage de la parole depuis trois ans.

Quartier Nkomo, au carrefour dit “ les piscines de Dailly ”, à un jet de pierre du mythique bar dancing “ El Dorado Nkomo ”. Sur la véranda d’une maison quelconque, est assis un sexagénaire. L’âme en peine, le corps frêle, le regard et le visage burinés par la douleur et l’amertume, l’homme a visiblement perdu le goût à la vie. Approché, il est sans voix. Le dialogue avec lui se réduit à quelques balbutiements du genre : “ Eh oui ; c’est bien ; Ah je vois ; je ne peux pas ; je ne suis pas bien ; je suis mal ; ça ne va pas ”. Inutile d’insister. La communication ne passe plus.
Monument du football camerounais pour certains, légende vivante de l’équipe nationale du Cameroun pour d’autres, Jean-Marie Tsébo a perdu l’usage de la parole. La belle histoire des prouesses de l’ex-sociétaire de l’Aigle football club de Nkonsamba remonte à il y a 38 ans, à l’occasion de la première participation du Cameroun à une phase finale de coupe d’Afrique des nations de football (la 7e édition) à Khartoum (au Soudan) en 1970. Tsebo Jean-Marie avait laissé une très bonne impression au cours du tournoi.
Grâce à ses services, le Cameroun (dont la sélection ne s’appelle pas encore les Lions indomptables) crée la surprise le 6 février 1970, en dominant la Côte d’Ivoire du terrible Laurent Pokou (3-2). Après avoir désillusionné l’Ethiopie par le même score, la défaite contre le pays hôte, le Soudan (1-2), n’empêche pas les poulains de Raymond Fobeté (1er coach camerounais à avoir conduit l’équipe nationale du Cameroun à sa toute première phase finale de la Can), d’être accueillis en héros. Par sa remarquable prestation, Tsebo Jean-Marie, auteur d’un coup franc victorieux des 40 m à la 34e minute est baptisé “ l’homme de Khartoum ”.

Des promesses
Au moment où la sélection camerounaise (version Lions Indomptables) rencontre l’équipe du Soudan aujourd’hui, le coéquipier de Koum, Gabriel Abessolo, Ndoga, Bassanguen, Essomba, Pascal Owona, Moukouko “ confiance ”, Jean Manga Onguéné et le gardien de buts Atangana Ottou, a mal dans sa chair. Depuis le 5 février 2005, Jean-Marie Tsebo ne s’est jamais remis d’un accident-vasculo-cérébral. “ Il a passé dix jours de coma à l’hôpital de la Cnps. A sa sortie de la réanimation, nous avons passé quatre mois d’hospitalisation. Nous avons déboursé environ une trentaine de millions (dont quatre millions rien que pour les frais d’internement). Nous avons vendu ses voitures, ses biens meubles et quelques hectares de terrain, pour atténuer les dépenses ”, explique l’épouse du footballeur en larmes. Six mois après, le footballeur fait sa 2e rechute.
Mapé Tchuenkam Danielle Yvette, son épouse et son seul soutien qui n’a plus le moindre sou, fait le tour des structures de football. Sans succès. “ A la Fécafoot, le président Iya Mohamed m’a dit trois fois des suites qu’il ne connaît pas Tsébo. Sur insistance de Théophile Abega, le ministre Mbarga Mboa (Minsep à l’époque) est passé le voir. Mais aucune suite à nos doléances. Le ministre Augustin Edjoa nous a fait des promesses ; on attend ”, confie-t-elle.

Coup de cœur
Il y a seulement six mois que “ l’homme de Khartoum ” essaie de faire quelques pas. Les médecins ont prescrit une évacuation sanitaire en Europe, pour une intervention chirurgicale du cerveau. A l’hôpital de la Cnps, on pense que c’est un “ Revenant ”. “ C’est une chance, s’il a survécu de son Avc. Si sa femme n’avait déboursé une fortune, il n’en serait jamais sorti ”, affirme un médecin. Les multiples appels de fonds sont toujours sans suite. Meurtri par la douleur et abandonné à son triste sort, Jean-Marie Tsebo a perdu tout ressort. Il reste à longueur de journée effondré à la véranda de son domicile.
Sa récente rechute d’il y a deux semaines a failli l’emporter. Depuis trois ans, il s’accroche à la vie, en déboursant chaque mois pour ses médicaments, une somme de 150.000 Fcfa. “ Les médecins disent que s’il est évacué, Jean-Marie Tsebo a des chances de s’en sortir. Nous avons besoin des moyens financiers pour cela. Nous en appelons à la générosité des cœurs : l’Etat du Cameroun, les âmes de bonne volonté, les sportifs… Toutes les contributions sont nécessaires pour parachever son traitement ”, conclut l’épouse du footballeur en détresse.

Par Souley ONOHIOLO
In Le Messager du 30-01-2008
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