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edouardtamba
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Mes articles, dont quelques uns publiés dans le quotidien Le Messager au Cameroun.
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30.04.2007
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j'ai bien aimé ce blog et comme cela entre en droite ligne avec mon mémoire il serait tout à fait naturel que ...
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Economie

1988-2007: Ebolowa attend son Comice agropastoral

Publié le 25/10/2007 à 12:00 par edouardtamba
1988-2007: Ebolowa attend son Comice agropastoral
EBOLOWA / INITIATIVE DE DEVELOPPEMENT
20 ans après : chronique d’un comice manqué
Le site réquisitionné par le gouvernement pour le comice agropastoral de 1988 à Ebolowa est à l’abandon.

1- De hautes herbes à la place des stands
Des hautes herbes. Principale végétation du site réservé au comice agropastoral de 1988 à Ebolowa. Le site en question se trouve à Ngalane. Un village de Ebolowa Ier, sur l’axe qui mène sur Lolodorf. L’espace en forme de triangle a une surface de 38 hectares selon le “ propriétaire ”, Mvondo Ongotto Jean Albert. Parti du centre ville, le bitume se sépare au sommet de ce triangle pour en desservir deux côtés. L’endroit est en majorité recouvert de hautes herbes et d’arbres. Aucune trace des stands aménagés à l’époque pour accueillir le comice.
Le ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader) y a fait construire des cases communautaires. Des palmiers à huile et des bananiers - plantains y ont été plantés par la Minader. Le commissariat de sécurité publique du 4e arrondissement a été installé sur les lieux. Ainsi que d’autres bâtiments administratifs. Des paysans ont défriché çà et là pour les semailles. Quelques unes s’y affairent encore à retourner la terre en cette mi-journée du 18 octobre 2007. Une incursion dans la broussaille permet de découvrir des étangs à l’abandon. De même que des troncs d’arbustes fraîchement coupés.
“ Il y a le village voisin qui a aussi donné du terrain, pour l’atterrissage de l’hélicoptère du président de la République ”, indique Mvondo Ongotto J.A. Non loin du site justement, un héliport a été aménagé. L’héliport est au village Akak-Essatolo. Dans la brousse. Attendant toujours l’atterrissage du président de la République pour le comice agropastoral. Entre temps, l’aire sert de cour de jeu aux élèves de l’école publique du village. Des traces de pneus laissent croire que des apprentis chauffeurs s’exercent souvent dans le coin.

2- Du rêve à la désillusion
Vingt ans que ça dure. Et on s’en souvient à Ebolowa comme si c’était hier. Lors de la clôture du comice agropastoral de Maroua en 1987, le président de la République, Paul Biya, annonce la tenue de la prochaine édition à Ebolowa. Des instructions sont données au maire de la ville, Enam Mba Samuel pour qu’il trouve un site adéquat. Le relief accidenté rend les recherches infructueuses. Jusqu’à ce qu’un site adéquat est découvert au village Ngalane, à l’extrémité de la ville. Les terres appartiennent à Mvondo Ongotto Jean Albert et ses frères. Mais le premier n’est pas très “ chaud ” pour céder l’héritage familial. Encore qu’il y a une vaste plantation de cacaoyers.
Son épouse l’amène à changer d’avis. Elle lui rappelle que le domaine aurait dû accueillir le collège Bonneau qui “ fait la fierté d’Abang ”, le village voisin. A l’époque, des missionnaires canadiens avaient sollicité l’endroit, mais le père de son époux refusa. Un deuxième refus serait de trop. Et le contraire serait l’occasion de rendre au village sa fierté avec des infrastructures de développement. Le vieux cède. Il s’en réjouit même. Puisque le bitume et les lignes d’électricité arrivent enfin à Ngalane. Les prémices d’un futur radieux, selon lui.
Des constructions en matériaux provisoires, et des étangs piscicoles sont faits sur le site. La population de la Mvila en général, et celle de Ngalane en particulier se mettent au travail. Animaux de bétails, volailles et poissons d’eau douce sont nourris en double ration. Les agriculteurs s’y mettent aussi. Qui pour le plus gros régime de plantain, le plus gros melon, la plus grosse tubercule de manioc, le plus long bâton de manioc … Il faut faire sensation et remporter le premier le prix. La date retenue finit par arriver. Une année après, les paysans ne voient rien venir.

3- De l’espoir au bout d’un discours
Rendez-vous est pris pour l’année suivante. Une fois de plus, le comice agropastoral d’Ebolowa avorte. La population apprend que l’annulation du comice est officielle. L’Etat parle de “ crise économique ”. L’avenir radieux se transforme en cauchemar. “ Tout le monde a été découragé ”, selon un paysan du coin. Les installations sont pillées. “ Ce sont les responsables les ayant construites et gérées qui ont commencé à les démonter. Ils ont volé et la population en a profité ”, se souvient-il. L’administration a réagi à cet incivisme. “ L’armée a fouillé les maisons dans le village. Des gens ont été arrêtés, puis relaxés ”, poursuit notre source.
Le temps est passé. Les cultures ont repris sur le site à la faveur d’une autorisation de l’administration. “ C’est maintenant que je recommence à cultiver. J’avais arrêté. ”, lance Mme Mvondo Aka’ayele. Et d’ajouter qu’elle “ continue à faire mes cultures. J’ai eu une médaille le 20 mai 2007 pour l’agriculture ”. Son époux et elle croient encore à la tenue d’un comice agropastoral à Ebolowa. Le premier s’en tient aux propos du Minader, Jean Nkuete, le 16 octobre 2007.
A l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, le vice-Premier ministre aurait promis le comice. “ La ville d’Ebolowa jouera un rôle déterminant dans l’organisation des prochains comices provinciaux et nationaux ”, rapporte un confrère local qui dit citer Jean Nkuete. Aucune trace de ces mots dans la copie du discours. Approché par la presse au cours de cette cérémonie, ce dernier aurait précisé que ce n’est pas une promesse ferme. Trop tard ! “ On était au nombre de 7. Mes frères sont tous morts. J’espère que je serai encore vivant ”, dit Mvondo Engotto J.A. Comme lui, plusieurs paysans ont repris espoir. Et recommencent à attendre. Vingt ans après la promesse officielle.

Par Edouard TAMBA [i]à Ebolowa
In Le Messager du 23-10-2007[/i]



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Comment l'argent public est gaspillé au Cameroun

Publié le 15/11/2007 à 12:00 par edouardtamba
Investissement public
Gestion du Bip : Le rapport qui dénonce
Les projets d’investissement publics régulièrement détournés ou mal exécutés.


1-Le tableau noir du Centre-Sud
Où en est-on avec l’aménagement du parc de la Mefou ? Ce projet annoncé à grand renfort de communication au début des années 2000 est introuvable à Mfou. Pourtant 35 millions de Fcfa ont été débloqués sur le budget d’investissement public de 2003 et 2004 pour les travaux. Ce cas qui s’apparente à un détournement de projet ou de deniers publics n’est pas unique au Cameroun. Quatre-vingt quatorze (94) projets sur cent quatre-vingt dix-sept (197) sont introuvables sur le terrain. Il s’agit projets annoncés par les journaux annuels de projet pour la période allant de 2000 à 2005 pour quatre communes du Cameroun. Akono et Mfou dans la province du Centre, Ngoulemakong dans le Sud et Mbengwi dans le Nord-Ouest. Ces projets concernent en priorité les secteurs de l’éducation, la santé l’énergie, l’eau, les infrastructures routières, la production rurale et l’administration.
Les chiffres viennent d’être rendus public par le Centre d’accompagnement de nouvelles alternatives de développement local (Canadel). A l’issue d’« étude pilote sur l’utilisation du budget d’investissement public dans quatre communes ». Cent vingt devraient être réalisés dans le Centre et le Sud. Le tout à hauteur de 1milliard, 821 millions 546 mille Fcfa. Soixante neuf (69) seulement ont été identifiés. Soit 40 sur 88 à Mfou. 18 sur 21 à Akono, et 11 sur 11 à Ngoulemakong. Le cas de Mfou est le plus criard avec à peine 30% des travaux réalisés. Le chantier de construction de l’Ecole normal des instituteurs de l’enseignement général (Enieg) est à l’abandon. Après avoir englouti 200 millions dans le Bip de 2002. La réhabilitation du poste forestier d’Edzassana dans la même commune est aussi à l’abandon. Malgré les 10 millions de Fcfa extraits du Bip de 2001.
Dans l’arrondissement de Mfou, quarante-huit (48) projets sont introuvables ; vingt-sept entièrement (27) réalisés, un (1) en cours de réalisation ; neuf (9) inachevés et trois (3) non réalisés. Dix-huit des projets d’Akono ont été identifiés. Et quinze en ont été réalisés. Pour ce qui est de Ngoulemakong, neuf projets sont bouclés tandis deux sont inachevés. Soit un taux de réalisation de 81,8%. Mais ici, l’envers du décor n’a rien d’amusant. Ici, un seul projet est jugé de bonne qualité. « Sur les 11 projets de la commune de Ngoulemakong, 7 ont été classés dans la catégorie des projets mal réalisés », relève le Canadel. Mfou et Akono ne sont pas mieux loties en terme de qualité. La première commune a cinq bonnes réalisations sur 37, et 3 sur 18 pour la seconde.

2-Les maires accusent
Les initiateurs de l’étude expliquent ces insuffisances dans la gestion du Bip en une huitaine de paramètres. Selon eux, plusieurs projets « préparés et présentés dans le journal des projets sont nébuleux », du coup l’identification et l’évaluation se compliquent. C’est ainsi par exemple que 1 millions de Fcfa ont été débloqués en 2005 pour le Gic des femmes productrice de palmiers à huiles et de manioc. Mais, « ce financement n’est jamais parvenu au Gic bénéficiaire. Ces femmes, jusqu’à ce qu’on le leur annonce, ignoraient complètement que leur structure avait fait l’objet d’un financement du Bip », affirme le Canadel. De plus, les projets ne correspondent pas toujours aux desiderata de la population. « Ce sont les entrepreneurs qui le plus souvent vont négocier les projets qu’ils aimeraient réaliser dabs une localité donnée », apprend-on. L’influence des élites, le clientélisme et l’opacité du processus font le reste.
Ici, les maires concernés se défendent. « Le maire, en la situation actuelle des choses n’est ni de près ni de loin mêlé à la gestion du Bip. C’est un peu une aberration. Le maire n’intervient ni à l’élaboration, ni à la phase de mise en œuvre, encore moins au suivi. Nous ne pouvons pas assumer la qualité de la prestation publique rendue à la population. Et c’est nous qui portons le mandat », décrie l’ex maire de Mfou, Protais Atangana dans un document vidéo réalisé par le Canadel. Son confrère de Ngoulemakong, Anicet Akoa, appuie : « Nous avons constitué notre commission communale des marchés qui ne s’est jamais réunie. Ça veut tout dire, mais, Au moment de lancer le marché, bizarrement vous n’êtes plus impliqué. Au moment du choix et du début des travaux vous n’êtes même pas saisi ».
William Sollo, maire d’Akono n’en dit pas moins. « Même la planification qu’elles auraient pu faire n’existe pas ou n’est pas prise en compte. La population peut accorder la priorité à l’électricité, et le Bip décide de faire une route qui va disparaître dans trois mois à cause de la saison des pluies », remarque-t-il. Ceux-ci, autant appellent à élaboration participative du Bip. Ce qui entraînerait le droit de regard des municipalités dans les phases d’exécution de suivi et d’évaluation. La Canadel propose même de confier la gestion du Bip aux maires. « La commune devrait quitter le stade de l’outil administratif où on signe les actes, pour devenir un catalyseur du développement local », pense le coordonnateur, Jeannot Minla Mfou’ou. Depuis 2006, l’Etat publie le journal des projets dans la presse. Volonté de transparence ou diversion ? Voire.
Edouard TAMBA

Focal : De l’importance du Bip
Le Budget d’investissement public « consiste en une forme de programmation des opérations à réaliser par l’Etat pendant une année ». Selon le coordonnateur du Canadel, ce budget est d’autant plus important parce que « de toutes les sources de financement possible de développement il y’en a une qui est très permanente et sûr à 100%, c’est le Bip d’un Etat ». Et, « l’Etat n’est légitime à exister et fonctionner que s’il œuvre au financement du développement et lutte contre la fracture sociale par des actions à effets réels et mesurables sur le niveau de vie des populations ».

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 31-10-07

Economie

Publié le 30/04/2007 à 12:00 par Edouard Tamba/Le Messager
CONGRES
L’examen de conscience de l’Afrique noire
La Fédération inter-Etat des syndicats des agences de voyages et de tourisme de l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Fisavet/Aoc) tient son 9e congrès depuis le 28 novembre 2006 à Yaoundé.

“ Peut-on relancer véritablement le tourisme dans un pays qui n’a : ni code des d’investissement propre au secteur du tourisme (…) ni un Office national du tourisme, sans la participation de nos syndicats… ? ” ; “ A quoi servent réellement ces interminables réunions, ces comités ad hoc, ces forums, sans résultats concrets ? ” s’interroge Prince Emmanuel Ngassa Happi, le président exécutif de la Fisavet, devant près de 200 personnes aux origines cosmopolites. Ses jeux de mots, ses proverbes et ses citations arrachent rires et applaudissements.
Ces insuffisances sont communes aux pays de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. Les orateurs présents abordent le sujet d’une manière plus globale. Joe Borg Olivier, le président mondial de l’Ufta (une association de transporteurs aériens) relève l’énorme potentiel touristique dont dispose l’Afrique. Il note par ailleurs que "le professionnalisme est un atout important" pour réussir dans ce secteur. A sa suite, Ousmane Ndiaye, le représentant régional pour l’Afrique de l’Organisation mondiale du tourisme (Omt) explique que son institution a pour cheval de bataille : "Tourisme durable et réduction de la pauvreté". De ce fait, il faut promouvoir un tourisme qui protège l’environnement et génère des emplois.
A propos de l’emploi, le président exécutif de la Fisavet se montre optimiste : "Il a été démontré que l’arrivée de 400 000 touristes seulement entraînera pour chacun de nos pays, au moins 200 milliards de chiffre d’affaires pour l’industrie touristique, 450 milliards de recettes pour l’Etat et 1000 nouveaux emplois". C’est une opportunité à saisir. En plus, le secteur est en pleine expansion dans le monde.
Pour Charles Sale, représentant du Premier ministre, de 1990 à 2005, la croissance dans le secteur du tourisme a été de 54 %. Mais, l’Afrique n’en a pas profité. Il reconnaît toutefois : "malgré son énorme potentiel, l’Afrique joue un rôle très limité dans le tourisme mondial (…) à peine 3.1% des recettes mondiales en 2004."
Pour répondre aux opérateurs du secteur privé, le ministre rappelle que l’Etat n’a qu’un rôle de "régulateur-facilitateur". En conséquence, les services offerts sont l’apanage des agences de voyages, des restaurateurs et des hôteliers. La solution à ce dysfonctionnement passe par la pluralité des partenariats. Ce point de vue est partagé par des orateurs qui l’ont précédé, conformément au thème de ce 9e congrès : "Partenariat pour un bon développement du tourisme en Afrique de l’Ouest et du Centre. Pour y arriver cependant, Prince E. Ngassa Happi en appelle à la participation de tous les acteurs du secteur que sont les gouvernements, les syndicats, les opérateurs économiques et les organisations internationales.

Par Edouard Tamba
In Le Messager
30-11-2006

Le centre des Impôts menacés d'expulsion à Tsinga

Publié le 20/11/2007 à 12:00 par edouardtamba
LITIGE
Le centre des impôts de Tsinga menacé d’expulsion
Pour près de 21,5 millions Fcfa représentant 12 mois de loyers impayés. L’arroseur arrosé.

Au Centre principal des impôts IV au quartier Tsinga dans l’après-midi de lundi, 19 novembre, les véhicules sont garés dans les parkings. Les fenêtres vitrées laissent aperçoivent quelques agents. Certains devisent alors que d’autres n’arrêtent d’écrire. Tout à l’air serein. Bien loin de l’affaire qui alimente certaines conversations à la direction générale des impôts. Pourtant, ils sont concernés au premier chef. Le Dg, Laurent Nkodo, a un cas de menace d’expulsion sur sa table depuis la semaine dernière.
Le centre de Tsinga accuse un retard de paiement de son loyer. L’institution est redevable de la somme de près de 21,5 millions Fcfa comptant pour 12 mois de loyers. “ Les responsables sont en réunion ”, s’entend-on dire, au rez-de-chaussée du bâtiment. “ Quand vous voulez les voir, il ne faut pas venir ici les lundis. Ils ont réunion le matin qui finit vers 11h, et une autre dans l’après-midi ”, précise la dame. L’immeuble occupé par le Centre principal IV fait partie de l’héritage du défunt commis de l’Etat, Enoch Kwayeb.
L’administratrice de cette succession, Mme Eva Kwayeb a fait servir une sommation à la direction des impôts, par les soins de Me Nkouendjin. Ladite sommation demande au locataire de verser le total de la somme sous huitaine. Soit 21 millions 375 mille Fcfa. La sommation rappelle au passage qu’“ au lieu de payer d’avance ladite somme à la date du 1er octobre 2007 pour la période d’octobre 2007 à septembre 2008, la locataire fait la sourde oreille ”. Les services des impôts ont intégré le bâtiment le 1er octobre 2003. Selon le contrat de bail, le loyer mensuel est de 1,875 million de Fcfa “ payable annuellement et d’avance, le 1er octobre de chaque année ”.
Certaines sources affirment tout de même que le Dg des impôts a répondu à cette sommation dans une correspondance datée du 15 novembre. Il aurait imploré la patience de sa créancière en promettant de régler l’ardoise. Approché, Me Nkouendjin ne rentre pas dans les détails. “ Nous allons les expulser s’ils ne paient pas ”, promet-il.
Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 20-11-2007

Le Mincommerce en guerre contre les produits avariés à Yaoundé

Publié le 16/01/2008 à 12:00 par edouardtamba
COMMERCE
Guerre contre les produits avariés
Le ministère du Commerce a procédé à la destruction des marchandises périmées saisies par la délégation départementale du Mfoundi.

“ On brûle des marchandises comme ça ? ”, s’interroge un passant non loin du lieu dit 2e échangeur à la sortie sud de Yaoundé. Il est un peu plus de 13 et les flammes viennent d’embraser des produits de toutes sortes. Pesons à ressort, paquets de confiseries, biscuits, produits cosmétiques, sachets de lait en poudre, piles, patte dentifrice, paquets de maïs pour pop corn… Ce passant, comme quelques curieux ahuris, ignore que les produits en question sont pour la plupart impropres à la consommation. Parce que avariés ou périmés. Il s’agit de produits saisis dans les commerces par la délégation départementale du Mfoundi du ministère du commerce (Mincommerce).
La tâche a été menée par les agents de la délégation départementale du Mfoundi. Ce, entre novembre et décembre 2007, selon les explications données au ministre du Commerce par le délégué départemental du Mfoundi, Nicanor Ndjinang Zanga. Avant de mettre le feu, les membres de la commission ad hoc chargée de la destruction ont présenté les produits aux autorités présentes. Des sachets de laits et des boîtes de beurre périmés depuis novembre 2000. Des paquets de biscuits, pots de défrisage, pop corn périmés depuis 2006. Des paquets de bonbons et autres produits ne portant pas la mention “ vente en Cemac ”…
“ Une atteinte à la santé publique ”, s’insurge Luc Magloire Mbarga Atangana. Il en profite pour féliciter le travail abattu par ses services déconcentrés. “ On a pu mettre la main sur ces produit dangereux parce que impropres à la consommation. C’est un triste spectacle, je souhaite que nous n’ayons pas à le revivre. Cela suppose un comportement plus clair de la part de tout un chacun ”. Un employé de la société de Chocolaterie et confiserie du Cameroun (Chococam) a même été gardé à vue à cause de bonbons suspectés d’être frauduleusement vendu au Cameroun. Il a ensuite été remis en liberté après que le responsable des ressources humaines de cette entreprise ait pris l’engagement de le ramener.
Quant aux pesons à ressort, le délégué départemental explique que l’usage de ces appareils est interdit dans le commerce. “ Cette manifestation est à but pédagogique ”, précise le Mincommerce. Il y est question, selon lui, de “ faire comprendre aux opérateurs que l’administration et ne les laissera plus faire ”. Car “ il est inconcevable que vous retrouviez en vente des produits comme de la levure, arrivée à expiration il y a maintenant sept ans. Il y a une complicité collective et individuelle ”. Poursuit L.M Mbarga Atangana qui appelle les populations à plus de vigilance et les opérateurs économiques à changer de mentalité.

Par Edouard Tamba
In Le Messager du 15-01-2008

Les Chinois inquiètent les aviculteurs camerounais

Publié le 01/06/2008 à 12:00 par edouardtamba
Les Chinois inquiètent les aviculteurs camerounais
FILIERE AVICOLE

L’empire du milieu attaque, les Camerounais tremblent

l’Inter professionnel avicole du Cameroun (Ipavic) et l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) ont signé une convention de partenariat vendredi dernier. L’Etat s’engage à soutenir la filière


La boulimie de l’économie chinoise ne gène pas seulement les grandes puissances occidentales. L’inquiétude grandi chez les opérateurs de la filière avicole au Cameroun. Surtout depuis l’annonce de la construction du complexe « Huanyu Cameroon » au quartier Mvan à l’entrée sud de Yaoundé. Il s’agit d’un projet ayant des objectifs de production de l’ordre de 20 000 poulets de chairs par bande, et 80 000 œufs par jours. L’usine pourrait être opérationnelle d’ici décembre prochain. Le président de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic) y voit un réel danger. Face à la presse le 16 mai 2008, ce dernier rappelle que l’importation du poulet congelé au Cameroun entraînait la perte de 11 500 emplois dans la filière tous les ans. Selon lui, l’arrivée de l’Empire du milieu pourrait être tout aussi nuisible.

« Le véritable problème avec les Chinois c’est que tout est fermé entre eux. On ne sait pas exactement ce qu’ils sont entrain de faire », déclare le président de l’Inter professionnel avicole du Cameroun (Ipavic), Amadou Moussa lors de la même rencontre. Les responsables de l’Acdic et de l’Ipavic indiquent que ces Chinois sont déjà installés dans la province du Sud-Ouest, et évoluent dans l’opacité. « Personnellement ça ne m’effraie pas ; cela ne nous inquiète pas en tant que tel », relativise Amadou Moussa. Quoiqu’il en soit, « les Chinois nous trouverons sur leur chemin », promet Bernard Njonga. Cet optimisme est alimenté par deux nouvelles. Des promesses du gouvernement en vue de soutenir les opérateurs nationaux, et la signature d’une convention entre Ipavic et Acdic.

« Des choses concrètes sont entrain d’être faites…», affirme le président de Ipavic. D’après lui, le gouvernement aurait consenti à réserver 1 milliard de Fcfa à la subvention de la production avicole. A ce milliard s’ajoute 221 autres millions pour l’achat des œufs à couver. Ces œufs devraient assurer la présence d’une quantité de poulets de chair suffisante pour les prochaines fêtes de fin d’année. Quant au milliard de francs, l’Ipavic pense que ce sera utile à l’industrialisation de la filière « On va rentrer dans la modernité », projette l’Ipavic. Ce installant une chaîne d’abattage moderne, et des chambres froides pour la conservation du poulet. Des innovations qui pourraient permettre aux aviculteurs nationaux d’améliorer la production, le conditionnement et la conservation du poulet de chair. Les 20 500 tonnes de déficits de la production locale pourraient ainsi être couverts.

La convention de partenariat liant l’Acdic et l’Ipavic prévoit de veiller au respect d’un certain nombre d’engagements. Notamment l’interdiction d’importation du poulet congelé. Les deux associations envisagent aussi l’élaboration d’un code de norme pour les poulets et les œufs dans l’optique de la création du label « poulet-Cameroun », des actions de veille aux frontières du Cameroun, la mise sur pied d’un fonds de développement de l’aviculture…

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 22-05-08

MVONDO ENGOTTO

Publié le 25/10/2007 à 12:00 par edouardtamba
MVONDO ENGOTTO
JEAN ALBERT MVONDO ENGOTTO
“ J’ai eu de fausses promesses ”
Il continue d’attendre l’organisation du comice agropastoral à Ebolowa, vingt ans après avoir cédé ses terres à l’Etat pour l’événement.

Dans quelles circonstances avez-vous cédé vos terres pour l’organisation du comice agropastorale de 1988 ?
Le maire de la commune urbaine de l’époque, Enam Mba Samuel, est venu me voir, après avoir cherché un site dans toute la ville, sans succès. Mon terrain était assez grand, et n’était pas accidenté. Il m’a demandé si je peux accepter de le céder pour abriter le comice, quoique j’y ai beaucoup investi avec mes frères. C’était une grande cacaoyère de 38 hectares. J’ai eu de fausses promesses. Le maire m’avait dit que “ le comice ne prend pas les terrains. N’aie pas peur, après le terrain va te revenir ” et que “ on va te payer les cultures. Au cas où l’Etat a besoin de ce terrain, on va vous dédommager soit en vous payant, soit en vous donnant un terrain ailleurs ”. Après il y a eu des expertises pour évaluer les plantes. Ensuite on nous a donné 48 millions pour le dédommagement des cultures.

Que s’est-il passé après que vous ayez cédé vos terres ?
Après, ils ont commencé des constructions en matériaux provisoires. Après deux ans, on nous dit que le comice n’a plus lieu, parce que l’Etat déclare la crise. On avait préparé beaucoup de cultures. Ma femme avait un grand champ de manioc. Toute la contrée était prête. Mais nous avons été tous découragés. Je ne peux pas vous confirmer qu’on est heureux. On veut des réalités de la part de notre gouvernement et de notre parti politique le Rdpc, qui parlent beaucoup sans réalisations. Quand on dit à un paysan attend 5F demain, donnez-lui les 5F. Si après-demain vous lui faites de nouvelles promesses, il aura confiance. Mais regardez vous-mêmes depuis 1980 qu’on a promis un comice à Ebolowa, ils ont fait la route et les installations électriques jusqu’à Ngalane, on était content. On avait l’espoir que la ville allait nous trouver ici. On a même eu des murmures que s’il n’y a pas comice, une université va être construite sur le site. On attend, on attend, mais jusque-là : rien ! Rien !

Le comice étant annulé quelles sont les dispositions qui ont été prises pour que vous rentriez en possession de vos terres ?
On ne nous dit rien. J’ai même écrit deux lettres à la présidence de la République pour ce terrain, mais je n’ai pas de suite. Après j’ai vu l’armée qui s’est engagée à venir borner le terrain. Je me suis fait entendre des histoires. J’ai des photocopies des levées topographiques que l’armée avait faites. J’ai une lettre ici dans laquelle la présidence dit au ministre de la Défense qu’elle n’accepte pas que l’armée s’y installe. Depuis que l’armée a laissé tomber, on est là. Le sous-préfet nous a autorisés à y cultiver des vivres, sauf les arbres fruitiers. Parce qu’on ne va pas nous dédommager deux fois pour les cultures. Il y a à peine un an qu’on a commencé les champs.

Mais il y a actuellement des constructions et des arbres sur le site…
L’Etat a pris une parcelle qui a été attribuée au ministère de l’Agriculture et du développement rural. Ils ont construit des cases communautaires, et ont planté des palmiers, des bananiers et d’autres arbres. Cette parcelle est déjà bornée et on ne peut plus la toucher. Maintenant, on nous dit que le terrain appartient à l’Etat. Et qu’il ne peut dédommager la parcelle titrée. Dans le cas contraire, ce n’est que par des doléances que l’Etat peut nous donner quelque chose, ou nous fournir un autre terrain. Nous avons perdu les plantations qui nourrissaient nos familles. Les enfants ne fréquentent plus, moi-même je suis déjà très malade. Mes frères sont tous morts. Quand il y avait espoir, il n’y a pas eu comice. Maintenant, on ne sait même pas dans quelle situation on se trouve.

Vous attendez toujours le comice agropastoral ?
Dans son discours, le ministre de l’Agriculture et du développement rural a redonné espoir que le comice aura bel et bien lieu. [Discours prononcé par le ministre de l’Agriculture et du développement rural le 16 octobre 2007 à Ebolowa à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, Ndlr]. Comme il a parlé, on attend l’Etat. Mais je suis inquiet, parce que je suis très malade. J’ai la typhoïde, j’ai la tension … Je suis fini. On a commencé les champs. Les paysans c’est l’agriculture. On souhaite qu’il y ait comice à Ebolowa comme il y en a eu partout ailleurs.

Entretien avec Edouard TAMBA [i]à Ebolowa
In Le Messager du 23-10-2007[/i]

Promesse de recrutements et baisse de prix au Cameroun

Publié le 11/03/2008 à 12:00 par edouardtamba
PERSPECTIVES
Recrutements et baisses des prix à l’horizon

Les décrets et ordonnances signés du président de la République Paul Biya le 7 mars 2008, relèvent du concret. Mais le communiqué de presse issu du conseil ministériel de vendredi dernier annonce d’autres mesures à venir. Ce notamment dans le domaine des prix des biens et services, et dans le domaine de l’emploi. En plus des ordonnances annonçant des diminution ou suspension de droits de douanes, ou encore la défiscalisation et l’importation de certains produits, Paul Biya a prescrit d’ « autres mesures ». A l’instar de « la prise par le Gouvernement des mesures appropriées pour accroître l’approvisionnement du marché local en denrée afin d’en améliorer la disponibilité ».

De même qu’ « à moyen terme », les tarifs des hydrocarbures et des services de téléphonie pourraient baisser. Car le chef de l’Etat a requis « l’examen de la possibilité d’une refonte totale de la structure des prix des produits pétroliers des tarifs de téléphones et du coup de la gestion des comptes bancaires dans le but d’en retirer des postes dont les coûts pourraient ne pas être supportés parle consommateur final ». Il a aussi demandé « l’accélération du traitement des dossiers » relatifs à l’amélioration de l’offre en énergie, « ainsi que des programmes spéciaux agricoles notamment dans les filières de la banane plantain, du riz et des racines et tubercules », précise le communiqué signé du secrétaire général de la présidence de la République.

Les perspectives sont tout aussi reluisantes quant à l’emploi. Ce avec « la finalisation de la procédure de recensement et la contractualisation des agents temporaires ». Ceux-ci seraient encirons 18 000 au service de l’Etat. On y évoque par ailleurs, « le lancement de la deuxième phase du programme de recrutement des instituteurs vacataires » et « le recrutement des personnels dans les secteurs d’encadrement administratif et de sécurité ». A cela s’ajoute « l’accélération des procédures ne vue de l’intégration et la prise en charge des diplômés des grandes écoles de formation », et le renforcement d’un certains nombre de programmes pour promouvoir l’« emploi des jeunes non diplômés ou en difficulté ».

La lutte contre la corruption, l’inertie, laxisme… n’est pas en reste. Quid de l’efficacité de toutes ces annonces ? Le président de la République estime que ce sont des mesures à court et à moyen terme visant à « apporter de premières réponses à l‘impatience qui se manifeste ». Qui vivra vera!

Edouard TAMBA