Communication
Posté le 17.07.2007 par edouardtamba
Crise à Mutations
Un quotidien, deux rédactions à Yaoundé
Les éditions de Mutations de ce jour ont été préparées dans la soirée d’hier par deux équipes différentes sur deux sites distincts. Ambiance de bouclage à la Place Repiquet et au Kaba-Ngondo.
La soirée d’hier, 16 juillet 2007, restera dans les mémoires de la presse camerounaise. Pour une raison inédite. Aux environs de dix-neuf heures, le quotidien Mutations est en phase d’édition. Sur deux sites et par deux équipes distinctes. Du côté de la “ Place Repiquet ”, le siège jusque-là connu du public, il y a du monde dehors. En petits groupes, journalistes et autres personnels devisent. L’essentiel des conversations tourne autour de la situation consécutive au départ de Haman Mana, le directeur de publication. Le premier bureau à gauche, dès qu’on franchit la guérite, est fermé. Au fond du couloir, il est possible de voir quelques journalistes concentrés sur leurs ordinateurs. Justin-Blaise Akono, Jean Françis Belibi, et quelques autres répondent présent.
Le directeur de la rédaction, Alain Balise Batongué, est assis dans son bureau, deuxième porte à gauche. Il est sollicité à la fois au téléphone et par ses collaborateurs. Entre ces sollicitations, il répond au reporter venu lui rendre visite : “ On prépare le journal qui va être publié demain ; on ne s’attendait pas à cette décision, même les journalistes ont été perturbés.” Conséquence, “ notre conférence de rédaction a eu lieu à 14h, au lieu de 8h30. Ensuite, on a échangé et rassuré les journalistes ” précise le directeur. Selon lui, le travail avance sereinement. Preuve : “ On vient de boucler le campagnard”, ajoute-t-il, pour donner un aperçu de l’état d’avancement du travail. Quelques sollicitations de Léger Ntiga, l’un des rédacteur-en-chef adjoints, et Félix Cyriaque Ebolé Bola, l’un des chroniqueurs, l’interrompent. Pas pour longtemps. Alain Blaise Batongué affirme, tout sourire, que le journal “paraît demain [Ce jour, 17 juillet 2007, ndlr], et tous les jours. On a des engagements avec nos lecteurs ; on ne peut pas s’arrêter.” Surtout qu’il y a “ six pages de publicité ”, déjà réservés !
Sérénité au Kaba Ngondo
A quelques encablures de là, juste en face de la direction des Impôts, une autre équipe fait le même journal dans un local à l’espace culturel le Kaba-Ngondo. L’équipe est constituée des visages auxquels l’on est habitué du côté de la “ Place Repiquet”. Claude Bernard Kingué, le secrétaire de rédaction, se sert du café. Xavier Luc Deutchoua travaille sur un ordinateur portable. Mireille Bissek, qui était au départ du projet Mutations, y est aussi de passage. Elle vient pourtant de quitter la “ Place Repiquet ” où elle a discuté avec M. Batongué. Haman Mana, le directeur de publication, fait des va-et-vient. Venant Mboua, grand reporter écarté de la rédaction il y a quelques semaines, est aussi là. Trois journalistes saisissent leurs textes, sur une sorte d’estrade. Il s’agit Jules Romuald Nkonlak, l’un des rédacteur-en-chef adjoints, Cathy Yogo, et Claude Tadjon. Jean Bruno Tagne arrive à son tour. Il insère son texte à l’aide d’une clé Usb. “ C’est serein !”, déclare Thierry Gervais Gango, le rédacteur-en-chef de Situations, à propos du moral de la troupe. Il refuse de dire où sera imprimé le journal, mais rassure : “ On va paraître demain. ” Lui aussi est très sollicité au téléphone.
Il confie que certains de ces appels sont des menaces. “C’est une situation de crise qui a secoué une grande partie du personnel. Certains ont même pleuré”, révèle-t-il. Tout en martelant qu’il fallait que certains prennent leurs responsabilités, car le malaise couvait depuis près d’un an. Certains journalistes en soufraient. Ils ont fait leur choix : “ Suivre Haman Mana. ” J.B. Tagne confie que sa présence “ n’est pas le choix d’un individu, mais d’un journaliste, attaché à la liberté d’expression.” M. Gango réussit à faire marcher l’imprimante qui apparemment était mal branchée. “Voici les premiers textes”, dit-il à ses collègues. X.L Deutchoua demande aux autres de se dépêcher. Lequel des deux produits arrivera ?
Édouard TAMBA
In Le Messager du 17-07-07
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Posté le 20.11.2007 par edouardtamba
Liberté de la Presse
L'ffaire Freedom Fm rebondit
Au moment où se célèbre la journée mondiale de la liberté de la presse, l’affaire Freedom FM rebondit. Pius N. Njawé, le directeur général de Free Media Group, saisit à nouveau l’Union Africaine, aux fins de faire réparer les préjudices subis par sa radio interdite et scellée en 2003.
Le promoteur de la radio Freedom Fm, Pius Njawe, a de nouveau saisi la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (Cadhp). Il l’a annoncé jeudi, 03 mai 2007, au cours d’une conférence de presse à Yaoundé. Les deux parties en conflit, le gouvernement du Cameroun et Free Media Group, pourraient comparaître entre le 24 et le 26 mai 2007 à Accra, au Ghana. “ Nous estimons que le cas Freedom Fm est suffisamment illustratif pour ce qui est des atteintes à la liberté d’expression au Cameroun ”, déclare Pius Njawe, assisté d’un autre responsable de la radio, Jean-Vincent Tchienehom. Ils ont en face d’eux une quinzaine de journalistes. Dans l’affaire qui les oppose au gouvernement depuis 2003, Pius Njawe estime que l’Etat du Cameroun a violé les lois internes sur la communication sociale, la déclaration de Windhœk, la Déclaration universelle des droits de l’homme et toutes les autres chartes sur la liberté de la presse.
Pour être plus précis, il justifie ce retour devant les instances de la Cadhp par le fait que l’Etat du Cameroun n’a pas entièrement respecté les clauses de “ la réunion conjointe entre le ministère de la Communication et le promoteur de la radio Freedom Fm ” du 24 juin 2005. Le rapport final de cette rencontre présente les trois points du “ plan d’action en vue du dénouement amiable de l’affaire ” Freedom Fm. Ce rapport indique que le ministère de la Communication s’engageait à “ se désister devant les tribunaux nationaux au sujet de toutes procédures contentieuses l’opposant à la radio Freedom Fm ”.
Pius Njawe avait pris le même engagement de “ désistement auprès des instances de la Commission africaine des Droits de l’homme et des peuples ”. Par ailleurs, le Mincom “ s’engageait aussi à saisir le gouverneur de la province du Littoral en vue de la levée des scellés en présence d’une commission mixte Mincom-Freedom Fm ”. Pour le choix entre l’autorisation provisoire et la procédure d’obtention d’une licence, “ le promoteur de Freedom Fm [s’était prononcé] pour la mesure transitoire de l’autorisation provisoire, en attendant l’aboutissement de la procédure de licence ”. Deux ans plus tard, seuls les deux premiers points ont été respectés.
Pius Njawe avait demandé au cours de cette réunion “ qu’en cas de préjudice subi par sa radio, des discussions soient ouvertes avec le Mincom ”, pour une éventualité de dédommagement. Un point de divergence dans la mesure où “ Le Mincom a tenu à préciser qu’il ne partage pas ce point de vue ”. N’empêche que le directeur de Freedom Fm s’en plaint. Selon lui, le matériel de la radio s’est détérioré pendant que le bâtiment était scellé. Il révèle que 80% de cet équipement est inutile. En plus, le groupe a dû payer le loyer pendant la période des scellés. Par conséquent, Pius Njawe annonce qu’il est “ décidé à mener la bataille jusqu’au bout.” Quitte à saisir le tribunal arbitral international ou toute autre juridiction compétente, jusqu’à ce que le droit soit dit.
“ Freedom Fm était la dernière étape de ma carrière de journaliste ”, confie J.V. Tchienehom. Malgré la tournure qu’ont pris les événements le 23 mai 2003, ce dernier garde espoir et “ plaide pour que le gouvernement camerounais comprenne enfin que la liberté de communication sociale impose des devoirs de part et d’autre ” Il croit savoir que les médias du secteur public ont aussi leur lot de problèmes. “ Par conséquent, le privé n’est pas un ennemi à abattre ”, poursuit-il. En attendant que la Cadhp se prononce à nouveau, le contentieux reste ouvert.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 04-05-07
Posté le 25.05.2008 par edouardtamba
Liberte de la presse
Les Etats-Unis tancent le « new deal » communicationnel
La célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse joue les prolongations à Yaoundé. A cet effet, l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun a organisé hier, 5 mai 2008, une vidéoconférence dans ses locaux. Thème retenu : « Le journalisme responsable en période de crise nationale ». C’est depuis Paris que le conférencier s’est exprimé sur la question. Ce dernier, George Kazolias, est professeur à l’Université américaine de Paris, et travaille avec Radio France Outre-mer (Rfo) et l’Agence internationale d’Images Tv (Aitv). Avant la conférence-débat, madame l’ambassadeur des Etats-Unis n’a pas loupé l’occasion de tancer (une fois de plus) le gouvernement camerounais. Cette dernière salue les efforts « en vue d’améliorer le travail des médias publics et privés ».
Mais, on en est pas encore à une « évolution vers une approche plus moderne et plus visible », selon son excellence Janet E. Garvey. Le saut vers cette modernité passe par deux étapes. D’une part, « rouvrir Magic Fm, Equinoxe Radio et télévision fermés récemment », indique l’ambassadeur. Et d’autre part, « attribuer les licences d’exploitation promises il y a trois ans déjà, et qui sont engluées dans la bureaucratie », poursuit Mme Garvey. A ce propos, « certaines stations sans licences opèrent sous la menace d’une sanction tacite. Cette mesure peut être utilisée pour fermer les médias qui disent des choses qui ne plaisent pas à quelques individus », relève-t-elle. Avant d’en appeler à « la bienveillance du ministre de la Communication afin qu’il baisse les coûts des licences à des niveaux réalistes et raisonnables, et de délivrer les licences si longtemps attendues ».
Cette dernière n’a pas manqué de revenir sur les violentes manifestations de février dernier. Durant cette crise, « les équipements d’une station de radio relayant les programmes de la Voix de l’Amérique ont été confisqués. Les équipements confisqués appartiennent au gouvernement des Etats-Unis », rappelle Mme Garvey. Elle dit avoir pris langue avec les officiels camerounais pour la libération de ces équipements. Un gouvernement étonnement silencieux qui lui rappelle les pays de l’ex bloc communiste. « J’ai vécu et travaillé dans des pays de l’Europe de l’Est à la fin de la Guerre froide, où les régimes essayaient de réduire le peuple au silence », révèle-t-elle. Mais en vain.
Le propos de l’ambassadeur s’est étendu à la situation de la liberté de la presse dans le monde. Relevant au passage que 156 journalistes ont été interpellés en 2007 en Afrique. Ces statistiques produits par l’association mondiale des journaux (World association of newspaper… ) indiquent aussi que 13 journalistes ont été tués et 127 autres emprisonnés à travers le monde. L’association Committee to protect journalist affirme que 17% de hommes de médias ont été incarcérés en violation de la loi.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 06-05-2008
Posté le 04.09.2007 par edouard TAMBA
AUDIOVISUEL
L’épée de Damoclès sur New Tv et Liberté Fm
Deux nouvelles chaînes émettraient à Yaoundé sans autorisation, selon le délégué provincial de la Communication pour le Centre.
1-Sérénité à New Tv
Un immeuble de six étages est en construction non loin du lieu dit “ Carrefour Ceper ”, à Yaoundé. L’activité récente des maçons et autres techniciens est visible aux alentours. Creux et mottes de terres çà et là. Ainsi que des restes de matériaux de construction. Un pylône trône au-dessus de cet immeuble. Signe qu’il y a peut-être une activité. Effectivement, puisque qu’au deuxième étage de ce bâtiment non crépi, les fenêtres sont vitrées. Un trio discute au balcon. Il est environ 11h ce 1er septembre 2007. “ Bienvenu à New Tv ”, lance un technico-artistique, Joseph Tchagou. Il se charge de guider le reporter jusqu’aux bureaux du dernier né de la télévision à Yaoundé.
Après quelques marches d’escaliers, on débouche sur une sorte de hall. Un tableau portent des notes de services annonçant quelques promotions. Puis, c’est une grande salle aux murs crépis, et au sol carrelés de blanc. D’un côté, ce qui sert apparemment de réception : des sièges, et un bureau équipé d’un ordinateur. Quelques personnels y consultent une fiche à ce bureau. En face, une table, style salle à manger, et un téléviseur. La musique tourne en boucle sur ce poste portant la mention “ retour ”. C'est-à-dire que c’est le signal émis de la maison qui y est capté. “ Vous avez un bon signal, c’est très important en télévision ”, apprécie un visiteur souvent aperçu sur une télé concurrente.
Deux dames s’affairent sur les bancs de montage dans la salle de post-production. L’une s’occupe des “ Guignols d’Afrique ”. Son écran de contrôle laisse voir un personnage aux traits communs avec un président camerounais moins connu sous son prénom Barthélemy. A l’extérieur, une équipe sort pour le tournage du programme “ Africa feeling ”. Tandis que le rédacteur en chef revient d’un reportage. “ Nous émettons depuis le 4 août 2007 ”, lance le directeur des programmes, Parfait Etene. Il explique qu’au départ “ les émissions allaient de 18h à minuit en semaine, et de 12h à minuit en week-end ”. La semaine suivante, la grille s’est améliorée en passant de 12h à 00h de lundi à dimanche. Puis de 10h à 00h en week-end depuis deux semaines.
2-Le show du délégué provincial
La sérénité affichée ici est troublante. Car selon le délégué provincial de la Communication pour le Centre (Dpcc), Jean-Paul Nanga Abanda, “ New Tv est hors-la-loi ”. Approché le 30 août dernier, il l’a crié haut et fort : “ Je leur ai déjà servi dix (10) sommations ”. Des sommations qui auraient pour objet, un rappel à l’ordre passant par un arrêt de la diffusion.
La radio “ Liberté Fm ” est aussi concernée par cette situation. Le reporter sollicite un entretien pour plus d’éclairages. Mais le délégué provincial interpelle plutôt le ministre de la Communication (Mincom). “ M. le ministre, voici un journaliste de Le Messager qui voudrait savoir ce qui se passe avec New Tv et Liberté Fm ”, lance-t-il. Le Mincom confirme avoir été mis au courant de la situation. Puis il promet des mesures répressives au cas où les mis en cause refuseraient “ de se plier à la réglementation ”. Le délégué jubile.
Les directeurs de l’information et des programmes des médias concernés se déclarent incompétents. Le régisseur général de New Tv, Mme Lemo, tombe des nues. “ Nous n’avons jamais reçu de sommation ”, se défend-elle. Cette dernière affirme que lors des essais en juin 2007, le Dpcc est venu à New Tv. N’ayant rencontré aucun responsable, il a rédigé une note manuscrite, demandant les documents qui autorisent ceux-ci à émettre. “ Le promoteur était surpris et l’a rappelé. Il est venu ici, on l’a reçu. Je lui ai montré la lettre et il n’a plus rien dit jusqu’au aujourd’hui ”, se souvient Mme Lemo. La lettre en question est signée du Mincom, le 10 octobre 2006. L’avis favorable du Conseil national de la communication y est confirmé de même qu’il leur est demandé de compléter leur dossier auprès du secrétariat du Comité technique interministériel chargé de l’examen des dossiers.
Le régisseur général assure que cette formalité a été remplie, et qu’il ne reste plus que le versement de la caution au trésor public. Néanmoins, “ nous avons l’accord de fonctionner depuis avril ” 2007, précise-t-elle. Ils disposent du même type d’accord pour une radio dénommée “ Amplitude Fm ”.
3-Liberté Fm recule
A un jet de pierre de New Tv, l’ambiance est au désoeuvrement à Liberté Fm. Black out sur les 91,4 MHz de la bande Fm. Une demie douzaine de personnes échange sur la véranda. Un avis signé du directeur général, Jean-Claude Mbede, renseigne. “ Après un mois d’essai, et dans le soucis de procéder au réaménagement de nos équipements d’une part, et aux réglages administratifs d’autre part, la direction de la radio Liberté Fm a l’honneur de vous informer de l’arrêt momentané des programmes dès le 30/08/07. Ceux-ci reprendront dès la fin desdits réajustements ”. Cet arrêt des programmes survient alors que les programmes de Liberté Fm sont sur les ondes depuis le 18 juillet 2007.
“ Je reconnais que nous avons été saisis par une lettre du Mincom qui nous demande de compléter notre dossier. Il s’agit de petites pièces de rien du tout ”, avoue Jean-Claude Mbede. Il s’agit selon ce dernier, d’un certificat de domiciliation et une copie de la carte nationale d’identité du directeur de général, et un descriptif technique du plan de diffusion.
Pourtant, c’est la fréquence qu’utilise Liberté Fm qui serait au centre du problème. “ Nous avons sollicité une fréquence et expliqué au Mincom que cette fréquence ne perturbe personne ”, avance le directeur. Et de poursuivre : “ Nous ne faisons pas un bras de fer. S’il est démontré que ça perturbe, ils peuvent changer ”.
Seulement ce dernier craint pour les conséquences que cela pourrait entraîner. “ C’est tout un réaménagement technique. Il faudra remonter sur le pylône pour des réajustements, et reprogrammer l’émetteur ”, prévoit-il. Sans compter les désagréments au niveau des auditeurs et des annonceurs. Est-ce le prix à payer lorsqu’on met la charrue avant les bœufs ? Les promoteurs de Canal 2 International et Ariane Tv en savent quelque chose.
Par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 04-09-2007
Posté le 11.03.2008 par edouardtamba
PRESSE
Les campagnes d’Afrique en kiosque
Dynamique Afrique centrale a présenté sa nouvelle publication le, 5 mars 2008 à Yaoundé.
« Eclat d’Afrique ». Nom de baptême du nouveau né des magazines au Cameroun. La publication au slogan « le meilleur de nos campagnes », s’affirme comme étant le magazine people du monde rural. Cinquante-deux (52) pages « toutes en couleurs ». Le produit qui sera mensuel, tient dans un format entre le magazine et le tabloïd. On y découvre une « paysanne extraordinaire », Agnès Koa. Une dame âgée de 41 ans, spécialisée dans l’élevage ovin à Nkom Ndamba, non loin de Yaoundé. Cette dernière « ne peux plus laisser l’élevage ». Car, « J’y gagne beaucoup. Je suis milliardaire à mon niveau », affirme-t-elle. La une et les quatre pages qui lui sont consacrées laissent voir Agnès en action et en parole.
People après people, on y découvre un « Top model Banana ». Solange Nana, couturière à Bafoussam « a fait du tronc de bananier la matière de base des vêtements qu’elle confectionne ». La preuve en photos. Charles Thé en a aussi. Côté cour, c’est chercheur et professeur de génétique en service à l’Institut de recherches agricoles pour le développement (Irad) et l’Université de Yaoundé. Il a, à son actif, 18 variétés de maïs inventées. Et cerise sur le gâteau, 20 millions de Fcfa reçus comme prix spécial du président de la République au Jersic 2007. Côté jardin, c’est un sexagénaire encore vieux garçon. « Mes potentielles épouses se sont toujours senties reléguées en troisième position de mes priorités après mon tabac et mes recherches », explique le « génie du maïs ».
A des centaines de kilomètres de là, Nicolas Mbarga a d’autres soucis : dompter les hippopotames de la Bénoué à Garoua. 18 ans de service, et tellement motivé qu’il compte « demeurer ici ». « Eclat d’Afrique » c’est aussi le carnet de route, la palabre, la chronique, des mets comme le Nkui qu’ « il faut goûter »… Et des sujets pas très « campagnes ». A l’exemple de cette page « High tech » faisant l’apologie du IPhone de chez Apple. Ou encore ces insolites racontant l’opération chirurgicale d’une fille née en Inde avec huit membres, la mort de trois candidats à la gendarmerie Guinéenne et « un faux vrai camerounais dans la police française ».
Le journal de Bernard Njonga, directeur de la publication (Dp), pêche aussi par des fautes relevant de la typographie à l’instar de cette tirade de Agnès Koa dont le début n’est pas marqué. De plus, les caractères de la citation en question ne sont pas italiques comme les autres. Et Charles Thé serait âgé de 6 ans ? La prépondérance du rédacteur en chef, François Bimogo, est notable. Plus de dix pages à lui seul. Pour un coup d’essai, le Dp pense qu’ils peuvent mieux faire. C’est « un projet qui voudrait présenter d’autres visages de l’Afrique », explique-t-il. Mais encore, « enhardir les paysans africains », et « faire tomber les clichés réducteurs et dévalorisants à travers les quels les médias occidentaux présentent l’Afrique », souhaite Bernard Njonga. N’empêche qu’il a de quoi parader. Car selon lui, « c’est la première fois qu’un magazine se consacre aux ruraux », au moins dans la sous région. Les lecteurs devront débourser 1000 Fcfa pour en obtenir un exemplaire.
Edouard TAMBA