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edouardtamba
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30.04.2007
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Des jeunes de Paris répondent à Paul BIYA

Posté le 04.03.2008 par edouardtamba
LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT PAUL BIYA
« Les Camerounais n’en peuvent plus ! »

Par les jeunes de Bonaberi.com, Paris (FRANCE)



Monsieur Le Président, cher compatriote,

C’est avec une bonne part de tristesse, de mécontentement, et de colère que l’on a accueilli votre sortie de Mercredi. Les évènements de ces derniers jours dans notre pays ont en effet beaucoup affecté le moral des camerounais, qu’ils soient de Paris, ou de partout ailleurs dans la diaspora, et l’on attendait sincèrement de vous des signes ostentatoires d’apaisement lors de cette allocution. Des signes clairs.

Malheureusement, et comme à votre habitude, vous n’avez pas entendu l’appel des Camerounais. N’étiez-vous pas avisés, M. Le Président, du fait que les émeutes récentes n’étaient que l’expression d’un profond malaise qui couvait déjà depuis cette annonce hasardeuse de projet de modification de la constitution ? Il aura fallu la mort d’un jeune compatriote samedi dernier à Douala, la fermeture d’une chaîne de télévision privée et une grève de transporteurs jumelée à un excès de zèle de vos courtisans pour que les choses dégénèrent en casses, pillages, vols et agressions ; car les Camerounais n’en pouvaient plus.

Les Camerounais n’en peuvent plus M. le Président.

Ils n’en peuvent plus d’être nargués par des gouvernants opulents qui ignorent les réalités les plus fondamentales du citoyen moyen. Ils n’en peuvent plus d’être asphyxiés par une flambée des prix de produits dont la production est assurée dans leur propre pays. Ils n’en peuvent plus d’être moqués par une télévision nationale partiale et inféodée au pouvoir que vous vous évertuez tant bien que mal à incarner. Ils n’en peuvent plus de la répression et des privations systématiques de liberté. Les Camerounais n’en peuvent tout simplement plus, M. Le Président. Qu’ils soient femmes, hommes ou enfants !

Quand on a une police, une gendarmerie et une armée qui opposent des balles réelles aux réclamations contre la vie chère ; quand on a un Ministre de l’information, un « Kontchou » des temps modernes, qui oppose des fermetures de chaînes à des critiques vertement adressées à l’endroit de votre régime; quand on a un gouverneur zélé, à l’image de M. Faï Yengo, qui oppose à des velléités de revendications contre la modification de la constitution des interdictions de manifester arbitraires et des bavures policières, à quels résultats vous attendiez-vous concrètement ?

Excusez-nous de vous le dire, M. le Président, vous avez encore manqué là une occasion de vous distinguer.

Comme tant d’autres fois, vous avez répondu aux abonnés absents en plein cœur de la tourmente. Comme tant d’autres fois, vous vous êtes gaussés des camerounais en recevant pompeusement en audience des diplomates de seconde zone pendant que de jeunes compatriotes mourraient sous les balles de vos policiers. Aucune sortie publique, aucune déclaration, rien. Il aura fallu attendre ce Mercredi pour vous voir enfin éclore de vos dorures.

Et pour dire quoi ?

Rien de nouveau sous le soleil : un discours de quelques minutes, vide, menaçant et aussi inconséquent que condescendant. Aucune solution, aucune compassion, aucune perspective. Que nenni ! En lieu et place d’une allocution, vos scribes, M. le Président, vous ont pondu une injure en guise de réponse aux cris de détresse de tous les camerounais. Une mini déclaration de guerre en direct au peuple souverain. Que du dédain. Et une réaffirmation de cette prétendue autorité de l’Etat que vous pensez incarner depuis un quart de siècle. Nous rappelant ainsi à de vieux souvenirs, entre un « Me voici donc à Douala », « La conférence Nationale est sans objet » et un « Tant que Yaoundé respire le Cameroun vit ». La même arrogance et le même mépris que vous affichiez déjà dans les années 90. Comme quoi, on ne change pas les vieilles habitudes. Vous ne changez pas de fusil d’épaule.

Dans ce discours, M. le Président, vous n’aviez raison que sur un point : les pillages, les casses et les violences sur les personnes et les biens publics sont à condamner fermement. Mais pas parce que vous l’avez demandé ou parce que vous le suggérez, mais tout simplement parce que ce sont les camerounais, les vrais, qui ont le plus à y perdre dans cette affaire. Personne ne souhaite à notre pays, vous comme nous, ce qu’on a pu voir ailleurs en Afrique ces dernières années : il faut donc rapidement que les actes de vandalisme cessent, sur toute l’étendue du territoire. Néanmoins, ce qui est tout aussi condamnable, et vous auriez peut-être dû le signaler, c’est l’inexpérience de vos forces de l’ordre qui, tels des cow-boys en plein far-west, tirent et balancent des bombes lacrymogènes à tout bout de champ sur de jeunes compatriotes, pour la plupart sans défense. Dans des écoles, dans des maisons, partout. Tout cela est inacceptable. Inconcevable, M. le Président, pour toute personne qui se veut pétrie de liberté et de justice.

Que plusieurs jeunes camerounais meurent dans ces conditions, pour vous, visiblement, c’est tout au plus « regrettable ». Que des jeunes se déchaînent sur les symboles de nos institutions, et il ne faut bien évidemment y voir que des manipulations de ceux que vous appelez insolemment « apprentis sorciers ». Ne voyez-vous donc en ces révoltes, M. le Président, aucun message subliminal ? Aucune attente sociale ? Aucune aspiration populaire au mieux-vivre ? Pis, êtes-vous incapable de présenter des condoléances dignes de ce nom aux familles éplorées lors de ces émeutes ?

Non, tout cela vous est impossible. C’est impossible pour vous de faire preuve d’humilité. C’est normal, puisque tout va bien au Cameroun. La vie est belle, la démocratie suit son cours et tout le monde est content. Le Cameroun est un « Etat de droit » : merci, on ne le savait pas. Sincèrement, M. Le Président, de qui vous moquez-vous ? De quel « paix » parlez-vous quand la majorité des camerounais n’a pas la paix du ventre et croupit sous les pesanteurs d’une misère grandissante ?

Le 11 février dernier, à l’occasion de la fête de la Jeunesse, vous nous ressortiez d’ailleurs la vieille rengaine, éculée, de cette jeunesse qui serait selon vous « l’avenir du Cameroun », pour laquelle l’Etat se battrait corps et âme depuis des lustres. Cette jeunesse que vous vous targuez de connaître depuis 25 ans déjà mais que vous avez abandonnée, générations sur générations, de Senfo Tokam à Mouafo Djontu, sans que cela ne vous émeuve ou ne vous fasse sourciller de honte.

Depuis quelques jours donc, si vous n’en aviez pas connaissance, sachez que cette jeunesse vous a envoyé un signal fort de détresse et d’exaspération depuis Douala, Yaoundé, Kumba, Limbé, Bamenda, Bafoussam, et même depuis Paris à travers ce texte. Le peuple camerounais est fatigué. Fatigué de l’arbitraire et des privations. Fatigué du mépris et de l’arrogance. Fatigué de 25 ans d’illusions et d’incuries. Et il ne compte plus se laisser sacrifier sur l’autel de la mal gouvernance et de l’immobilisme. Il serait salvateur que vous l’intégriez une fois pour toute, M. le Président.

Car comme disait déjà Célestin Monga, que vous deviez bien connaître en son temps, « ne vous méprenez pas sur la patience manifestée par les camerounais jusqu’à présent, ils sont capables du meilleur comme du pire. »

Nous commençons petit à petit à en être tous convaincus.



**



Signé les jeunes de Bonaberi.com, Paris (FRANCE)
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Le discours de Paul BIYA le 27-02-08

Posté le 04.03.2008 par edouardtamba
L’adresse de Paul BIYA à la Nation

Le mercredi, 27 février 2008 à Yaoundé

“Notre pays est en train de vivre des événements qui nous rappellent les mauvais souvenirs d’une époque que nous croyons révolue. Si l’on peut comprendre qu’après l’échec d’une négociation, une revendication catégorielle s’exprime par l’exercice du droit de grève, il n’est pas admissible que celui-ci serve de prétexte à un déchaînement de violence à l’encontre des personnes et des biens. D’ailleurs, la preuve est maintenant faite qu’il est toujours possible de trouver une solution par la négociation à tout conflit social. Il ne s’agit pas de cela en réalité. Ce qui est en cause, c’est l’exploitation, pour ne pas dire l’instrumentalisation, qui a été faite de la grève des transporteurs, à des fins politiques.

Pour certains, qui n’avaient d’ailleurs pas caché leurs intentions, l’objectif est d’obtenir par la violence ce qu’ils n’ont pu obtenir par la voie des urnes, c’est-à-dire par le fonctionnement normal de la démocratie. Ils n’ont donc pas hésité à jeter dans la rue des bandes de jeunes auxquels se sont mêlés des délinquants attirés par la possibilité de pillages. On en voit le résultat : des bâtiments publics détruits ou incendiés, des commerces et des entreprises pillés ou dévastés. Qu’il s’agisse du patrimoine de l’Etat, c’est-à-dire de notre bien commun, ou de locaux privés, ce sont des années d’efforts ainsi réduits à néant. Les apprentis sorciers qui dans l’ombre ont manipulé ces jeunes ne se sont pas préoccupés du risque qu’ils leur faisaient courir en les exposant à des affrontements avec les forces de l’ordre. Plusieurs d’entre eux ont de ce fait perdu la vie, ce qu’on ne peut évidemment que regretter. Lorsque le bilan humain et matériel de ces sombres journées pourra être fait, il sera probablement très lourd. Ceux qui sont derrière ces manipulations ne voulaient certainement pas le bien de notre peuple. On ne bâtit pas un pays en multipliant les ruines. Il faut donc que les choses soient bien claires.

Le Cameroun est un Etat de Droit et entend bien le rester. Il a des institutions démocratiques qui fonctionnent normalement. C’est dans ce cadre que sont traités les problèmes de la Nation. Ce n’est pas à la rue d’en décider. L’immense majorité de notre peuple aspire à la paix et à la stabilité. Les dernières consultations électorales en ont apporté la preuve. Les Camerounais savent que le désordre ne peut apporter que malheur et misère. Nous ne le permettrons pas. A ceux qui ont pris la responsabilité de manipuler des jeunes pour parvenir à leurs fins, je dis que leurs tentatives sont vouées à l’échec. Tous les moyens légaux dont dispose le Gouvernement seront mis en œuvre pour que force reste à la loi.”

Yaoundé s'enflamme_2

Posté le 29.02.2008 par edouardtamba
Au moins deux morts à Yaoundé VIe

« Je vais attendre. S’il n’y a pas au moins 600 cents taxis dehors, je ne sors pas », prévient Vincent P., taximan. Ce dernier justifie sa prudence par le fait qu’il ignore ce qui se passe hors du quartier Mendong. Il n’est pas encore 7h dans le quartier, mais déjà des taxis font des apparitions sporadiques. Le bus est déjà en service, bondé de monde. Les commerces tardent à ouvrir. Des policiers veillent à la station service Tradex. Trois jours déjà qu’ils y passent leurs nuits. L’ambiance de ce vendredi, 29 février 2008, est loin de la tension qui a prévalu deux jours plus tôt. La journée de jeudi ayant été calme. Avec les commerces fermés. Seule la station service du coin a ouvert après des négociations entre le sous-préfet de Yaoundé VIe et la direction de Tradex.

Mercredi, 27 février. Un passant renverse le kiosque du Pmuc, en face de la station service, et s’en sert pour barrer la route. Quelques taximen qui avaient repris du service rebroussent chemin. Une escouade de gendarmes arrive sur les lieux. Ils lancent des bombes à gaz lacrymogène dans toutes les directions. La foule amassée un peu partout détale. Les boîtes de gaz tombent dans des domiciles, et dans le collège Itse. Le gaz s’infiltre dans les salles de classe et sème la panique chez les élèves en pleine composition. Les responsables leurs demandent de sortir des salles. S’ensuit une bousculade, car le passage est étroit. Filles et garçons ne se font pas prier pour escalader.

Des élèves s’écroulent, étouffent et se font piétiner. « 0n a du réanimer environ dix élèves qui avaient besoin de Ventolline [médicament pulvériser pour soulager les crises d’asthme, ndlr] », explique Dr Zelefack, préfet des études. Tandis qu’une autre dizaine d’élèves a été évacuée vers l’Hôpital de district de Biyem-Assi. Les forces de l’ordre se dirigent vers le marché et le lycée de Mendong. Le gaz lacrymogène sème la panique sur leur passage. Tous les établissements commerciaux ferment leurs portes. Les élèves des établissements du coin descendent dans la rue. Idem au collège Les Sapins. Ici des manifestants du carrefour Jouvence ont tenté de se réfugier dans les salles. Le gaz et la barbarie des bidasses ne distinguent pas les frondeurs des élèves en tenue.

Vers 11h, des morceaux de parpaings, des éclats de pierre sur le bitume, et des morceaux de bois brûlés témoignent de la brutalité qui a prévalu. La vitre d’un bus a été cassée, après que la route ait été arrosée d’huile de vidange. Une vingtaine de gendarmes sécurisent les lieux, tout en molestant quelques manifestants aux arrêts. Des affrontements du genre ont eut lieu au niveau de Tam-Tam Week-end. Un taximan tabassé par la foule a succombé à ses blessures. Au niveau du Carrefour Biyem-Assi, c’est un élève du collège Ebanda qui a été bastonné à mort par les bidasses. Dans ces quartiers et les environs, les militaires de la brigade du Quartier général prennent position aux environs de midi. Ils occuperont les grands carrefours jusqu’au lendemain. Maintenant ainsi la ville dans une camisole d’intimidation.

Edouard TAMBA

Yaoundé s'enflamme_1

Posté le 29.02.2008 par edouardtamba
Les manifestants bloquent la poste centrale

C’est un centre ville calme à Yaoundé ce matin du 29 février 2008. Taxis, motos et véhicules personnels vont dans tous les sens. Les commerces sont ouverts. A l’exception de quelques grades surfaces comme Score. Des éléments du Groupement spécial des opérations (Gso) ouvrent l’œil. Leurs confrères du Bataillon d’intervention rapide (Bir) occupent l’Avenue Kennedy. Il y’en a un sur tous les 20m. L’armée est ainsi à son deuxième jour de garde. Car le centre ville de Yaoundé n’a pas échappé à la furie du 27 février dernier. Une horde d’une centaine de manifestants sortis de nulle part, a pris position sur la place Amadou Ahidjo vers 11h30. Torses nus, les faciès laissant imaginer une tranche d’âge variant de 16 à 25 ans. Leur mouvement bloque la circulation au rond-point de la poste centrale.
« On veut le travail », « La vie est trop chère », « On souffre trop », scandent-ils sous le regard médusé de la population et de quelques policiers. Les véhicules venant du boulevard du 20 mai, de la montée Sni, de Mvog-Mbi, de la Sonel centrale… sont attaqués à coup de bâtons et de pierres. Quelques vitres et pare-brises volent en éclats. On apprend qu’ils viennent de semer la panique au marché central, tout en demandant aux commerçant de « grever ». Ces derniers se dirigent ensuite vers le boulevard du 20 mai. « Allez les gars, allons par ici », lance celui qui semble commander les « troupes ». Ils mettent au trot et avancent en criant leurs revendications. Destination : l’Immeuble étoile, siège du Premier ministère. Les lieux sont investis. Les manifestants secouent les grilles et continuent de se défouler en criant. C’est alors qu’ils sont surpris par …des militaires de la brigade du Quartier général.
La Grande muette est sortie des casernes. Treillis, mitraillettes de type AK 47, casques lourds, casques pour se protéger des détonations… Cinq manifestants tombent dans leurs filets. Ils sont passés à tabac. Les passants du boulevard du 20 mai et des environs prennent quelques « coups perdus ». Mal en prend les laveurs de véhicules installés à côté d’immeuble siège de la Campost. L’un d’eux a été stoppé par le staccato de la Kalachnikov. « J’ai seulement entendu tchak tchak et je me suis arrêté. Ils nous ont demandé de nous couché dans la boue. Ils nous ont tapé avec les fusils et les casques et ils nous ont fouetté tout le monde, 15 coups chacun », raconte une victime en présentant des ecchymoses au front. Par petit groupe, les militaires se positionnent devant les édifices publics. Un hélicoptère survole la ville. On apprend qu’il aurait repéré une bande de manifestants en marche vers le Palais de l’Unité à Etoudi…

Edouard TAMBA

Yaoundé: l'armée impose la grève à Mendong

Posté le 27.02.2008 par edouardtamba
YAOUNDE
L’armée impose la grève à Mendong

Les commerçants du marché de Mendong en sont encore interloqués. Ils sont réunis en petit groupes à travers le marché, et s’étonnent de la situation qui de leur est arriver. « On vient de voir le feu », lance un vendeur d’accessoires pour téléphones cellulaires. Une soixantaine de gendarmes à investit les lieux aux environs de 10h, ce 26 février 2008. Tous descendus de deux camions. Ceux-ci étaient suivis par une équipe de militaires occupant une Land-Rover de couleur verte. On pouvait y remarquer des grades de capitaine et commandant sur les épaulettes. Ces bidasses ordonnent aux commerçants de fermer leurs boutiques. De même qu’à d’autres d’emporter leurs marchandises étalées à même le sol. « Fermez », s’entendent dire les vendeurs.

L’injonction est suivie de lancés de bombes à gaz lacrymogène. « Monsieur on vous demande de fermer. Si vous ne voulez pas fermez, on va revenir et vous aidez à fermer », tempête un officier à l’endroit d’un tenancier de kiosque à journaux et livres. Les « hommes en tenues » s’orientent ensuite vers le lieu dit « Montée Maman bar ». Les commerçants installés de part et d’autre de la route n’en croient pas leurs oreilles. « Vous ne grevez pas ? », Lance un gendarme. « Il faut grever, on va vous aider à grever », poursuit-il. Ses propos sont suivis d’un tir de gaz lacrymogène. La bombe atterrit dans la parfumerie dénommée « Tresor cosmétique ». Un autre tir est adressé à ceux installés en face. La panique s’installe. Et tout le monde s’exécute. Salons de coiffures, ateliers de réparations de motos, restaurants… ferment sans demander leur reste. Leur mission accomplie, gendarmes et militaires mettent le cap sur « Tkc » au quartier Etoug-Ebe.

Le sous-préfet de Yaoundé VI, de passage dans la zone reçoit les plaintes des commerçants. Selon des témoignages, ce dernier s’est dit surpris par l’action des bidasses. Le chef de terre aurait dit aux vendeurs qu’il n’est pas au courant de cette instruction. Entre temps, le quartier est toujours assiégé par des équipes de policiers et gendarmes. Ceux-ci ont patrouillé dans la nuit de lundi à mardi, avant d’être relevé hier matin. Quant à la trentaine de personnes interpellées et gardée à la brigade de recherche de Efoulan lundi matin, près d’une quinzaine a été libérée. « C’était au cas par cas ; On m’a libéré hier autour de 19h20 », précise une source. Selon lui, les personnes qui semblaient avoir des difficultés sont les jeunes ne disposant pas de pièces d’identité.

Édouard TAMBA



Deux jour déjà que Le Messager en version papier n'est pas disponible. La faute à la situation qui prévaut dans la ville de Douala.

Scènes de guerre à Yaoundé

Posté le 26.02.2008 par edouardtamba
YAOUNDE
Scènes de guerre à Mendong

La grève des transporteurs été effective dans la capital politique du Cameroun. Certains quartiers ont connus des échauffourées entre des manifestants et des forces de l’ordre.

C’est un matin paisible à Mendong, ce lundi 25 février 2008. Dès 6h30, trottoirs et chaussées sont encombrés par quelques piétons et véhicules personnels. Pas l’ombre d’un taxi. Les moto-taximen font quelques va-et-vient. “ On ne travaille pas ”, répondent-ils à ceux qui les hèlent. Seul le bus est en service. Puis la tension monte d’un coup. Une “ armée ” de moto-taximen décide de barrer la route au lieu dit “ Entrée Simbock ”. Un bac à ordures et un poteau électrique sont mis à contribution. Les conducteurs de véhicules personnels sont priés de rebrousser chemin. Certains tentent de négocier le passage, et d’autres s’exécutent. Les éléments du commissariat du 9ème arrondissement descendent sur les lieux. Et le commissaire leur demande de manifester sans rien casser.
Son départ est suivi de l’arrivée d’un groupe de gendarmes de la légion du Centre, puis de policiers du Groupement mobile d’intervention (Gmi) n°1. Boucliers, casques, protège-tibias, bombe à gaz lacrymogène et autres fusils sont de mise. Ils demandent aux protestataires de dégager la voie. Un autre groupe de gendarmes arrive. Menés par le commandant Essomba. Il s’entretient avec le commissaire en charge du Gmi n°1. Entre plusieurs coups de fils, et des instructions par radio. Subitement, les forces de l’ordre foncent dans la foule et interpellent quelques personnes. Coups de bottes, de matraques, de crosse et de poings y passent. C’est alors qu’un civil gare son véhicule et se défoule sur un autre manifestant interpellé. “ C’est toi qui m’a barré la route tout à l’heure non, tu es malade ”, lui lance-t-il.
Les frondeurs tentent d’organiser la résistance. Mais une centaine de gendarmes s’ajoute. Leur camion se remplit de civils interpellés au fur et à mesure. Le commandant de la légion du Centre évalue la situation depuis son véhicule 4×4. Les forces de l’ordre font la boucle du quartier et repartent aux environs de 11h. Une trentaine de personnes sont emmenées. Détenues à la brigade de recherche d’Efoulan, elles n’avaient pas encore été entendues jusqu’à hier soir. Des éléments veillent à tous les carrefours du coin. Mendong est “ pacifié ”, mais, vient probablement d’obtenir une place dans la liste des “ quartiers chauds ” de Yaoundé.

Par Edouard TAMBA

In Le Messager On line* du 26-02-08


* La situation de tension qui prévaut dans la ville de Douala a privé le pays du quotidien Le Messager en version papier. C’est aussi le cas pour d’autres journaux tels que Mutations…

Grève à Kumba

Posté le 26.02.2008 par edouardtamba
Les centrales syndicales des transporteurs terrestres ont initié une grève illimitée sur l’étendue du Cameroun. Le mot d’ordre a pris effet lundi, 25 février 2008. Ce au moins dans les provinces du Centre, du Littoral, de l’Ouest, du Sud-Ouest et du Nord-Ouest. Et l’affaire a pris une autre ampleur. En témoigne ce mail reçu d’un habitant de Kumba. Là-bas comme dans d’autres villes, ça chauffe.




All business places in Kumba are completely shut down now. The main market has been locked. PMUC kiosks have all been smashed. A really wild crowed is going around with a crucifix written on it “Even Jesus di vex” (Even Jesus himself is angry).

I am just coming back from a little stroll in town. I had hoped to eat in one restaurant around the market. The place is closed. All other restaurants in town are closed. I got a hamburger from a bakery through the back door. Posted in front of a barricade around the main gate of the Kumba market are some notices:

“Biya is old and tired”
“No peace for the government till further notice”
“Wreckless government”
“Biya must go”

I am yet to see a notice or placard on the hike in the price of fuel. No body seems to be talking about the price hikes too. A friend in Douala called to inform me that a police man has been beheaded. I will like that information confirmed please.

Alerte : La presse camerounaise en danger

Posté le 24.02.2008 par edouardtamba
Alerte : La presse camerounaise en danger

Je me garde très souvent de publier mes opinions sur cette tribune. Ce par respect pour l’intelligence de mes lecteurs. Chacun étant capable de tirer ses conclusions après avoir lu un compte-rendu. Je vais sacrifier ici ce principe cher. Parce que l’heure est grave. Plus que grave. La communication sociale est en danger. Les médias à capitaux privés étant la nouvelle cible du pouvoir en place. Jeudi, 21 février dernier, le ministre de la communication (Mincom), Jean-Pierre Biyiti Bi Essam, a rendu publique une « décision (…) portant fermeture de la chaîne de télévision dénommée Equinoxe Tv ». Et pan ! Selon le texte du Mincom, Equinoxe Tv (Etv) est dans une situation d’ « exercice illégal de la profession de diffuseur en communication audiovisuelle ».

Le ministre se réfère d’une part à article 36.2 de la loi n°90/052 sur la liberté de communication sociale. Et d’autre part, aux articles 52 et 53 du décret 2000/158 fixant les conditions et les modalités de création et d’exploitation des entreprises privées de communication audiovisuelle. Equinoxe Tv ne disposait pas de licence d’exploitation et fonctionnait depuis le avril 2006 grâce à la « tolérance administrative ». La décision du Mincom a été suivie d’une descente de policiers au siège de Etv sis au quartier (Akwa) à Douala. Ces derniers ont scellé les studios de la télévision. Equinoxe Tv y émet depuis 2005. Et emploie une cinquantaine de personnels. Dans les couloirs et bureau du Mincom, des fonctionnaires sont à la limite ahuris. Ils disent avoir été informés par voie de radio. Idem à la direction de la communication privée, et à la cellule juridique de ce département ministériel.

Le ministre est soupçonné de vouloir faire taire quelques médias nuisibles au projet de modification de la Constitution. Il s’en défend. Arguant qu’il s’agit d’une décision purement administrative. Soit ! Mais pourquoi avoir commencé par Etv, et pas une autre chaîne jouissant de la « tolérance administrative » ? Et pourquoi avoir attendu ce moment où le « front du NON » a le plus besoin de s’exprimer ? Les voies de Biyiti restent insondables. Mais l’opinion en est encore à exprimer sa surprise que re-pan ! Une décision du gouverneur du Littoral, Faï Yengo Francis, ferme Radio Equinoxe. Une entreprise appartenant au même groupe que Etv et installée dans le même bâtiment. Ce même gouverneur qui quelques semaines plus tôt a interdit toutes manifestation publiques dans son territoire de commandement.

Des indiscrétions annoncent des décisions du genre dans les jours à venir. Radios et télévisions à capitaux privés tremblez ! L’épée de Damoclès plane désormais sur vos têtes. Les chaînes disposant déjà de licence d’exploitation ne serait pas à l’abris. D’aucuns sont allés jusqu’à dire que Biyiti est « fou ». Que neni ! Il ne saurait être un électron libre. Le pouvoir en place a ses ambitions. Se débarrasser de la limitation des mandats présidentiels et « éterniser » le prince au pouvoir. Il faut pour cela « mettre hors d’état de nuire » ces médias qui non seulement donnent la parole aux « opposants », mais aussi montrent leurs manifestations et les exactions des forces de l’ordre à la télé. J’interprète ce qui arrive à Equinoxe comme un tir de semonce. Le message est clair. « Celui qui ne veut pas s’aligner en pâtira ! ».

L’actuel Mincom est donc en mission. Et avait déjà tombé son masque. Ce de part ses leçons de journalismes par lettres interposées. On avait alors entendu le mois dernier, un journaliste de formation, du haut de son statut de ministre de la Communication dire aux journalistes : « En république l’Armée est prénommée la ‘Grande muette’. Nous sommes en République, Messieurs ! L’armée ne parle pas ; ne parlez pas d’elle ; et nulle part au monde, elle n’est un sujet de reportage, pas même dans les vielles démocraties : la France, les Etats-Unis… » No comment ! Le même ministre s’est confondu à un journaliste pour expliquer dans les colonnes de Cameroon-Tribune, plus d’une fois, la nécessité de modifier la Constitution.

Dans les mêmes colonnes, il a cru devoir répondre à une interview de Bernard Muna, leader politique, sur les ondes de Rfi, et au quotidien Mutations ayant titré : « Révision de la Constitution : Paul Biya achète les députés ». A propos de B. Muna, il déclare « Bernard qui n’a pas de nom a perdu ce jour-là, sur les antennes de la Radio mondiale, pour moi tout au moins, une belle occasion de se faire un prénom ». Pour ce qui est du journal Mutations, « il abuse tout simplement le lecteur de bonne foi en tombant dans le piège du titre sensationnel : catégoriquement affirmatif à la une (…) foncièrement dubitatif à l’intérieur », poursuit le Mincom. Certains parlent d’un ministre souffrant d’une hypertrophie de zèle ? Je vous parle d’un faucon au service des basses manœuvres d’un régime au bord de l’implosion. Pour le malheur de la liberté de communication, des médias et des journalistes.

Edouard TAMBA

Inédit

Des inconnus renversent la stèle de Sarah Etonge

Posté le 20.02.2008 par edouardtamba
PROTESTATIONS

Des inconnus renversent la stèle de Sarah Etonge
Ils protestent contre la non ressemblance entre l’oeuvre et la personne représentée. Le président de la Fca est du même avis.


Même pas 24h. Et déjà en ruine. L’affaire est sur toutes les lèvres à Buea. La population n’a pas laissé le temps au reste du monde de redécouvrir la statue de Liengu Sarah Etonge. Une sculpture en béton nouvellement rénovée et présentée au public le 17 février. Juste après la fin des cérémonies liées à la 13e édition de la Course de l’espoir. Pour l’occasion, trois ministres sont allés voir l’oeuvre. Ainsi que le gouverneur de la province du Sud-Ouest, le maire de Buea, le président de la Fédération camerounaise d’athlétisme (Fca), d’autres personnalités, et Sarah Etonge en chair et en os. Au lieu-dit “ Police round about ” à Buea, ils découvrent une autre Sarah de béton et de fer. L’athlète est figée dans une posture de course. Vêtue d’un t-shirt blanc et d’un short jaune. Les mimiques trahissent la déception.
Certains ne s’empêchent pas de rire. “ Est-ce que c’est Sarah ? ”, murmure-t-on dans la foule. Le caractère protocolaire de la cérémonie pousse à la réserve. On applaudit ça et là. On félicite la vedette du jour. L’instant est immortalisé par les cameras et appareils photographiques. Au lendemain, l’oeuvre en question n’est plus. Il n’en reste que des gravats et de la ferraille. Des inconnus l’ont renversée quelques heures après la cérémonie. Raisons avancées : la statue ne ressemble pas à Sarah. “ Ce sont des motivations que je partage ”, affirme Ange Sama, président de la Fca. Car, “ la statue ne correspond pas au visage de Sarah ”, dit-il. “ C’est par pudeur et pour des raisons protocolaires que je n’ai pas moi-même cassé ça ”, tempête-t-il, encore sous le courroux. Et de s’insurger contre l’artiste ayant réalisé la stèle. “ Il est inadmissible que nous dépensions autant d’argent pour une connerie ”, poursuit Ange Sama. Surtout que selon lui, la somme dépensée par la Fca ne faisait pas partie du budget de la dernière ascension du Mont Cameroun.
L’artiste a perçu une avance de 300 000 Fcfa, sur les 450 000 Fcfa prévus. Ce, pour rénover la stèle vieille d’environ trois ans. La Fca précise que c’est le délégué provincial pour la culture, Lita Roger, qui s’était chargé de trouver cet artiste. “ J’étais tellement pris au niveau de l’animation au stade que je n’ai pas pu aller au niveau de la stèle pour la cérémonie ”, explique le délégué, joint au téléphone. Une fois informée de la destruction de la stèle “ j’ai appelé l’artiste qui a réalisé ce travail. Pour qu’il vienne me rencontrer et qu’on aille voir ensemble pourquoi l’oeuvre a été détruite ”, précise-t-il. Roger Lita dit connaître cet artiste, et pense que ce dernier devrait être informé des reproches faits à la stèle. Pour ce faire, il continue de l’attendre à ses services.


Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 20-02-2008

13e édition de la Course de l'Espoir

Posté le 18.02.2008 par edouardtamba
Athlétisme - Course de l`Espoir
Trois athlètes font main basse sur l`ascension
La 13e édition de la course de l`espoir s`est courue hier, 17 février 2008 a Buea. L`informatique y fait son ascension.

Exit la course de l`espoir, acte 13. La ville de Buea a vibré hier au rythme de l`ascension du mont Cameroun. Une compétition considérée comme l’une des plus ardue au monde dans le genre. Les candidats ont répondu présents. Le jour ne s`était pas complètement levé qu`ils avaient pris le Molyko stadium d`assaut. Lorsque sept heures pointe sur les montres, six cents vingt cinq s`élancent a la conquête du « Char des dieux ». La course des vétérans et des jeunes n`est pas longue. Les premiers tournent au niveau des services du gouverneur et reviennent au stade. Bani Salomon traverse la ligne d`arrivée après 55 minutes. Tincho Jean lui colle presque au train, suivi de Tiwa Zachee Darius. Nfor Eunice Nunding sème les autres dames en 1h03`. Cote jeunes, Temgoua Wamba Fabrice s`impose chez les garçons, et Wirnkar Nadeche chez les filles.
Ces arrivées n`intéressent pas grand monde. Les attentions sont focalisées sur les seniors. L`ont apprend que Bongkiyung Januarius mène la course et aurait traverse le premier refuge presque en solo. Puis le suspens revient. Aux environs de 10h30, l`on annonce le premier entrain de descendre entre les 2e et 1er refuge. Mais aucun nom ne filtre. C`est le retour de l`Alouette de l`armée de l`air au Molyko stadium qui indiquera que le dénouement est proche. La messe est dite en un quelques minutes. Les abonnés du podium depuis 1999 confirment que la montagne reconnaît les siens. Ngonga Pongha Tiafe Charle fait la passe de quatre victoires. Cet athlète remporte l`épreuve chez les seniors messieurs. Quarante et un kilomètres parcourus en 4h35`49``. Soit cinq minutes de moins que le vainqueur de la 12e édition. Mais pas suffisant pour inquiéter les 3h46`34`` du regrette Lekunze.
Bongkiyung Januarius, détenteur du titre depuis 2006 prend la deuxième place avec un chrono de 4h37`10. Suivi trois minutes plus tard de Kongnuy Joseph, champion de la montagne entre 1999 et 2001. Il faudra attendre près d`une heure pour voir arriver la première dame. Giwe Catherine Ngwang s`offre le luxe du double, en 5h39`21``. Juste devant une coureuse que personne n`attendait : Liengu Sarah Etonge. Consacrée a l`occasion “reine officielle de l`ascension du mont Cameroun ”. C`est la jeune Ngalim Lizette Narila qui ferme le tableau. L`absence d`équipes étrangères permet aux Camerounais de s`arroger les trois premières places du relais masculin. Le directeur technique national (Dtn), Michel Nkolo, se réjouit du déroulement de la course. Parce que, d`une part les hommes ont mieux fait que l`an dernier. “Chez les hommes, les trois premiers sont des habitués de la compétition. Ils se préparent continuellement ”, explique le Dtn.
“Mais, observe-t-il, l`entraînement est caractéristique de certaines circonstances telles que la santé, la maternité…” chez les dames. D`autre part, le contentement du directeur technique vient de l`introduction de l`outil informatique dans la gestion de la course. “C`est la toute première fois qu`on utilise ce type d`équipement en Afrique pour les courses de montagne” révèle le Dtn. Les athlètes étaient équipés de puces électroniques. Ce qui a permis de vérifier leur passage effectif a tous les points de contrôle. “Ca nous a permis de détecter tous les tricheurs et de les mettre a l`écart”, se félicite Michel Nkolo. De plus, les chiffres concernant d`éventuels abandons se précisaient plus vite. C`est ainsi qu`a une heure du temps limite, l`on savait au staff technique que deux cents neuf (209) athlètes sont arrives au troisième refuge. Heureuses perspectives pour les espoirs mis en cette Course de l`Espoir.

Edouard TAMBA
Envoyé special a Buea
In Le Messager du 18 février 2008



Résultats

Hommes - Seniors

1- NGONGA PONGHA Charles 04:35:49.55
2- BONGKIYUNG Januarius 04:37:10.25
3- KONGNUY Joseph 04:40:28.56

Dames - Seniors

1- GIWE Catherine NGWANG 05:39:21.95
2- Sarah LIENGU ETONGE 05:43:38.62
3- NGALIM Lizette NARILA 05:49:12.24


Hommes - Juniors

1- TEMGOUA WAMBA Fabrice 01:46:14 16.
2- Bakari Earnest NGINYUI 01:47:21 16.
3- SANDA Hamadu 01:49:04 16.

Dames - Juniors

1- WIRNKAR Nadeche NAVTI 02:11:04 13.73
2- NJOWUN Habib WARDZENY 02:11:43 13.67
3- NGORAN Immaculate 02:11:56 13.64




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