Créer un blog Présentation

Nom du blog :
edouardtamba
Description du blog :
Mes articles, dont quelques uns publiés dans le quotidien Le Messager au Cameroun.
Catégorie :
Blog Actualité
Date de création :
30.04.2007
Dernière mise à jour :
02.07.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· Affaire Feicom (6)
· Affaire Sic (6)
· Communication (5)
· Economie (14)
· Emeutes à Abong-Mbang (8)
· Entretien (8)
· Evasion de Yoko (7)
· Grand reportage (11)
· Inédit (11)
· Je wanda! (6)
· Lu ailleurs (7)
· Politique (9)
· Portrait (1)
· Sciences et technologies (2)
· Société (61)
· Sport (50)
· Yaoundé-Kribi: La route passe... la colère suit (13)

Navigation

Accueil
Livre d'or edouardtamba
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Accident mortel à Yaoundé
· Carnet de route Sangmelima-Djoum
· J.P. Akono: "Nous avons frappé un grand"
· Comment l'Etat a réagit
· L'Afrique du Sud reine du velo en Afrique
· Le Golf club de Yaoundé a 50 ans
· Entretien avec le maire de Lomie
· TKC : Essomba Eyenga rempile pour 4 ans
· Issa Hamza remet son titre en jeu
· Emeutes à Yaoundé

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

LEGITIMITE DE LA SOUVERAINETE DE JAH
21.07.2008
renseignement
17.07.2008
renseignement
17.07.2008
X X X X X X
09.07.2008
AVIS DE RECHERCHE ENFANT URGENT ET SERIEUX
15.06.2008
bien
14.06.2008
juste des améliorations
13.06.2008
Trop fort
06.06.2008
maillot equipe kenyane d athletisme
26.05.2008
L'eau à Elig Effa
25.05.2008
CLIQUE ICI!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
18.05.2008
Suis une fille d\\\'elig effa
15.05.2008
SERGINE TATIANA
17.04.2008
bonjour
20.03.2008
macaveli_master@yahoo.fr
07.03.2008
Sacerdoce
27.02.2008
Merci
26.02.2008
Voleurs d'images
20.02.2008
Course du désordre?
20.02.2008
Vive Sarah!
20.02.2008
RSS

Blogs à découvrir :

· fatma09
· canardlibere
· defensederapsodi
· chezlavandine
· maisondemetal
· souverainsdelafrance
· actuados
· lachezvous
· leparadisdesanimaux
· bienvenueababylone

Cameroun-Nigeria: La frontière maritime à sa carte

Posté le 14.03.2008 par edouardtamba
Affaire Bakassi

Cameroun/Nigeria : la frontière maritime délimitée

La commission mixte des Nations unies pour la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour internationale de justice rendu le 10 octobre 2002 boucle sa 21e session aujourd’hui, 14 mars 2008 à Yaoundé.

Les frontières terrestres et maritimes séparant la Nigeria du Cameroun ne sont pas entièrement matérialisées. Raison pour laquelle la Commission mixte mise sur pied pour faire appliquer l’arrêt de la Cour internationale de justice (Cij) du 10 octobre 2002, continue de travailler. La 21e session qui s’est ouverte hier à Yaoundé pourrait rentrer dans l’histoire. Car selon le nouveau président de cette commission, le général Lamine Cisse, “ au cours de la présente session, le Cameroun et le Nigeria signeront, sans doute, un instrument juridique marquant une nouvelle étape dans l’exécution du jugement de la Cour (…) à savoir, la carte maritime sur laquelle ont été transposés les calculs relatifs à la ligne loxodromique [trajectoire suivie par un navire lorsqu’il coupe les méridiens sous un même angle, dixit Le petit Robert 2006] vers l’océan ”.
Une carte qui fait suite à la délimitation maritime approuvée par les deux pays lors de la session extraordinaire de la Commission le 11 mai 2007. Les avancées de la commission concernent aussi près de 1690 Km de frontière terrestre entre le Cameroun et le Nigeria. A ce propos, “ je suis heureux de vous annoncer qu’à ce jour, l’équipe technique mixte s’est définitivement entendue sur plus de 830 Km de frontière à démarquer ”, poursuit le général sénégalais. A l’en croire, le marquage de cette frontière terrestre pourrait connaître une accélération. Car, “ un réseau de points géodésiques vient d’être établi de part et d’autre de la frontière sur toute sa longueur ”, révèle-t-il. Le discours du président de la Commission mixte a aussi laissé entendre que le Cameroun et le Nigeria “ se sont entendus sur le principe de la construction d’un poste frontalier de contrôle unique, sur le corridor Bamenda (Cameroun) – Enugu (Nigeria) ”, sur financement de la Banque africaine de développement.
Le chef de la délégation nigériane, Prince Bola Ajibola, se félicite de ce que les travaux commencés il y cinq ans, sont en bonne voie. La preuve : les multiples transferts de souveraineté opérés depuis 2003, “ le retrait de l’armée nigériane de la péninsule de Bakassi en 2006 ”, les contributions financières des deux pays pour le marquage de la frontière… Et, “ je voudrais réitérer à tous que le Nigeria met tout ce qui est à sa disposition pour assurer un bon déroulement du retrait de Bakassi en août 2008 ”, conformément à l’accord de Grentree signé en 2006. Mais la commission n’a pas les dernières nouvelles officielles du terrain, depuis la 20è session de novembre 2007 à Abuja.
“ Il avait été convenu de dépêcher une mission d’observation dans la péninsule, du 3 au 7 mars 2008. L’objectif n’a pu être atteint, à cause d’impératifs indépendants de la volonté des uns et des autres ”, regrette Lamine Cisse. N’empêche que “ l’occasion nous sera donnée d’évaluer les activités menées pendant cet intervalle inhabituellement long ”, assure le ministre délégué à la Justice, en lieu et place du Garde des sceaux, “ empêché ”. Selon lui, “ aucun incident n’a été signalé depuis la dernière mission des observateurs en octobre 2007 ”. Et les 21 militaires camerounais tués le 12 novembre dernier? Il s’agit de “ tristes événements ” que “ nos deux gouvernements ont su gérer dans la sérénité et la coopération ”, indique le ministre. La Commission mixte boucle sa 21e session ce jour, 14 mars 2008.

Par Edouard TAMBA
Le 14-03-2008



--

L’armée “ encercle ” les étudiants à Yaoundé

Posté le 14.03.2008 par edouardtamba
Université de Yaoundé I
L’armée “ encercle ” les étudiants


Le dispositif n’avait rien de discret. Dès la matinée d’hier, 13 mars 2008, usagers et habitants de la zone de Ngoa Ekelle ont été surpris par le déploiement de forces de l’ordre dans ce quartier. Les gendarmes embusqués depuis quelques jours à l’entrée de l’Univesité de Yaoundé I sont en poste. “ Les policiers font quoi ici, nombreux comme ça ? ”, s’interroge le passager d’un taxi, non loin de l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs). Les policiers en question sont devant les deux commissariats d’en face. La plupart équipés de matériels anti-émeutes. Le char à eau baptisé ici “ Abraham ”, est garé à l’extérieur. Quelques heures plus tard. Les hommes en tenue sont encore plus nombreux.
Des gendarmes sont adossés le long de la clôture de l’Assemblée nationale. Une dizaine de gendarmes et militaires sont visibles dans la cour de la Brigade de gendarmerie de Melen. Idem en face du Ces de Ngoa Ekelle. Et le long de l’axe qui mène à l’entrée de l’Université. A cet endroit, c’est un militaire qui dirige la circulation. Kalachnikov chargée en bandoulière. “ Ils sont là parce que l’Addec [Association pour la défense des droits des étudiants du Cameroun, ndlr] veut faire des manifestations ”, explique un étudiant qui dit avoir été prévenu par Sms. Joint au téléphone, le président de l’Addec, Batogna Gnitchogna, pense aussi que c’est une présence dissuasive.
Ce dernier confirme leur opposition à une éventuelle révision de la Constitution. Mais une date n’a pas été révélée pour des manifestations. La session parlementaire s’ouvrant hier, les bidasses ont joué la carte de la prévention. L’Addec a tout de même confirmé la libération d’étudiants détenus à la prison centrale de Yaoundé suite au mouvement social du mois dernier. Ils “ continuent, cependant, de suivre avec attention et d’attendre avec impatience la libération de nos camarades de l’Université de Buéa ”, indique un communiqué de l’Addec. On y apprend aussi que “ des enquêtes sont en cours au niveau de l’Université de Douala pour identifier les étudiants qui sont dans une situation similaire à celle de leurs camarades de Buéa et leur apporter toute l’assistance dont ils pourraient avoir besoin ”.


Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 14-03-2008

L'armée "encercle" les étudiants à Yaoundé

Posté le 14.03.2008 par edouardtamba
Université de Yaoundé I
L’armée “ encercle ” les étudiants


Le dispositif n’avait rien de discret. Dès la matinée d’hier, 13 mars 2008, usagers et habitants de la zone de Ngoa Ekelle ont été surpris par le déploiement de forces de l’ordre dans ce quartier. Les gendarmes embusqués depuis quelques jours à l’entrée de l’Univesité de Yaoundé I sont en poste. “ Les policiers font quoi ici, nombreux comme ça ? ”, s’interroge le passager d’un taxi, non loin de l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs). Les policiers en question sont devant les deux commissariats d’en face. La plupart équipés de matériels anti-émeutes. Le char à eau baptisé ici “ Abraham ”, est garé à l’extérieur. Quelques heures plus tard. Les hommes en tenue sont encore plus nombreux.
Des gendarmes sont adossés le long de la clôture de l’Assemblée nationale. Une dizaine de gendarmes et militaires sont visibles dans la cour de la Brigade de gendarmerie de Melen. Idem en face du Ces de Ngoa Ekelle. Et le long de l’axe qui mène à l’entrée de l’Université. A cet endroit, c’est un militaire qui dirige la circulation. Kalachnikov chargée en bandoulière. “ Ils sont là parce que l’Addec [Association pour la défense des droits des étudiants du Cameroun, ndlr] veut faire des manifestations ”, explique un étudiant qui dit avoir été prévenu par Sms. Joint au téléphone, le président de l’Addec, Batogna Gnitchogna, pense aussi que c’est une présence dissuasive.
Ce dernier confirme leur opposition à une éventuelle révision de la Constitution. Mais une date n’a pas été révélée pour des manifestations. La session parlementaire s’ouvrant hier, les bidasses ont joué la carte de la prévention. L’Addec a tout de même confirmé la libération d’étudiants détenus à la prison centrale de Yaoundé suite au mouvement social du mois dernier. Ils “ continuent, cependant, de suivre avec attention et d’attendre avec impatience la libération de nos camarades de l’Université de Buéa ”, indique un communiqué de l’Addec. On y apprend aussi que “ des enquêtes sont en cours au niveau de l’Université de Douala pour identifier les étudiants qui sont dans une situation similaire à celle de leurs camarades de Buéa et leur apporter toute l’assistance dont ils pourraient avoir besoin ”.


Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 14-03-2008

La déclaration de l'Addec sur la crise sociale au Cameroun

Posté le 14.03.2008 par edouardtamba
L'intégralité de la déclaration qui a créé la panique dans les milieux du pouvoir à Yaoundé


DECLARATION

Le profond mouvement de protestation sociale et politique qui a secoué notre pays les 25, 26, 27, 28 et 29 février dernier a été animé principalement par les jeunes. Au cours de ces journées de mobilisation, des exactions des forces de l’ordre ont été commises sur des populations manifestant les mains nues .Des agressions sauvages et injustifiées ont été commises sur des étudiants à l’intérieur de la Cité Universitaire de l’Université de Yaoundé I. Les interpellations fantaisistes de quelques uns s’en sont suivies, avec leur cortège de traitements dégradants dans les cellules de la République. Au terme de ces folles journées de mobilisation et d’expression de frustrations longtemps refoulées, l’ADDEC tient à faire savoir qu’à la suite de l’enquête diligentée par elle, il ressort les constats hallucinants qui suivent :
Des agressions et interpellations d’étudiants :
- Dans la nuit du 27 février, après le discours du Chef de l’Etat, un escadron de militaires est descendu à la Cité universitaire de l’université de Yaoundé 1 et a causé des exactions graves. Les étudiants NTYAM Freddy Lionel, ZAMBO Franck Thierry, BIKOE Jean Renaud, EBO’O Félicien, ESSELEM Irénée ont eu, pour la plus part, des blessures profondes au niveau de la tête et des jambes brisées. Des dégâts matériels fort importants ont également été enregistrés (des portes de chambres défoncées, des scènes de pillage, etc.)
- Plusieurs étudiants de diverses universités du pays, arbitrairement interpelés, ont été victimes de mauvais traitements, de tortures et de détentions tout aussi arbitraires dans les commissariats et brigades de la république. En l’état actuel des ses investigations, l’ADDEC en a établi une liste – non exhaustive :
o ABIA David, University of Buea, Ancien Président de l’UBSU ; signataire de la déclaration du Conseil patriotique et populaire de la Jeunesse (CPPJ) du 17 février dernier.
o NGOYA Carlos, University of Buea, Ancien Vice-président de l’UBSU ;
o TCHIENGWA DJOMO Paul Merlin, Université de Yaoundé I, Faculté des Sciences, Filière Sciences de la Terre Niveau 4(ST4), Matricule 02X136,
o SANDJONG Yannick, Université de Yaoundé I, Faculté des Sciences, Filière Chimie (CH3) ;
o NJUTAPMVOUI Ernest Dubois, Université de Yaoundé I, Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines –FALSH- Histoire Niveau 3 (Histoire 3) ;
o ONVOHA Ernest Lincoln Université de Yaoundé I, Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines –FALSH- Arts du Spectacle (AS), Matricule 07K281 ;
o SIGNS KASINEY Gama, Université de Yaoundé I, Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines –FALSH- Linguistique Générale Appliquée Niveau 4 (LGA4).
o OSAKE Robert, University of Buea, Level 300, Economics ;
o OBEN Benjamin, University of Buea, Level 200, Education ;
o NYEMO BETUMAMI Charles, University of Buea, Level 200, Environmental Science ;
o ENGWOH NGOH Abia, University of Buea, Level 300, Sociology ;
o NGU BONGEN Blandon University of Buea;
- Suite à l’intervention de l’ADDEC, tous les étudiants incarcérés - issus de l’Université de Yaoundé I - ont pu être libérés.
- Le mouvement étudiant continue cependant de suivre avec attention et d’attendre avec impatience la libération de nos camarades de l’Université de Buéa, en cette veille de rentrée dans cette institution.
- Des enquêtes sont en cours au niveau de l’université de Douala pour identifier les étudiants qui sont dans une situation similaire à celle de leurs camarades de Buéa et leur apporter toute l’assistance dont ils pourraient avoir besoin.
- Des dispositions ont été également prises pour que tous ces cas d’abus soient quotidiennement rapportés à la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés, aux responsables directs en charge des questions de droits de l’Homme de plusieurs chancelleries accréditées au Cameroun, et des organisations internationales de défense des Droits de l’Homme à travers le monde ;
Au vue de tout ce qui précède :
L’ADDEC invite tout étudiant ou toute autre personne détenant d’autres informations sur un quelconque étudiant abusivement retenu dans une prison de la République à saisir promptement les instances de l’ADDEC pour une assistance appropriée ;
L’ADDEC invite les autorités gouvernementales et le Ministère de l’Enseignement Supérieur en particulier à tout mettre en œuvre pour la libération des étudiants et élèves abusivement détenus à la prison de Buéa ; tout en exigeant que les étudiants froidement et innocemment agressés par les forces de l’ordre dans leurs chambres alors qu’ils ne participaient aucunement aux manifestations soient indemnisés par le Gouvernement.
L’ADDEC s’indigne et exprime sa consternation face à la brutalité et la logique de la violence qui font que la moindre descente des forces de sécurité, au moindre prétexte, devienne le premier facteur d’insécurité pour les citoyens, plus attentatoire encore que la « menace » qu’elles étaient censées neutraliser. Ce pis-aller autorise Bastonnades sanglantes et gratuites, pillages systématiques, rapine et racket de toutes sortes – et ceci dans une totale impunité. De plus en plus, ces déchaînements de violence se soldent par des morts d’hommes ; sans que les autorités administratives et politiques du pays s’en émeuvent. Les émeutes de la fin du mois de février dernier ont encore montré combien les interventions des forces dites de l’ordre, initialement destinées à contenir les manifestations, font si peu cas des droits humains les plus élémentaires et du respect de la vie des citoyens. La Cité universitaire de Yaoundé 1, les zones de résidence universitaire alentours, de DSCHANG et BUEA ont une fois de plus fait les frais de cette sauvagerie d’un autre âge.
Il convient par ailleurs de féliciter les étudiants pour le sens aigu de la responsabilité dont ils ont su faire montre, malgré les actes de provocation délibérément posés par les forces de l’ordre. Beaucoup d’entre eux se sont également mobilisés pour secourir leurs camarades injustement mis aux arrêts.
L’ADDEC tient à faire savoir qu’au cas où ces arrestations aboutissent à des emprisonnements, dans ces conditions où les procès sont expéditifs, en totale violation des dispositions du Nouveau Code de procédure pénale et des droits de la défense, notamment les principes basiques du débat contradictoire, et de la présomption d’innocence, lesdits étudiants seraient considérés comme des prisonniers politiques, car n’ayant commis aucune infraction de droit commun.
L’ADDEC tient à rappeler qu’elle ne ménagera aucun effort pour œuvrer à la libération des camarades détenus à la prison de Buéa ; et qu’elle ne fera l’économie d’aucun moyen de droit pour parvenir à cette fin.
A propos de l’insurrection populaire
Ces exactions perpétrées sur des étudiants se sont produites dans un contexte général de crise. Il convient de souligner que les émeutes qui ont secoué le pays les 25, 26, 27, 28 et 29 février sont la conséquence d’une crise économique, sociale et politique dont la grève des chauffeurs des taxis n’a été que le catalyseur. Dans ce contexte de frustrations généralisées, il était prévisible que le mécontentement populaire dérive en émeutes, voir en insurrection. Les émeutes de banlieues françaises montrent à suffisance qu’il ne s’agit pas du reste d’une exception camerounaise.
On ne peut donc que se désoler de la pauvreté et de la misère argumentative du discours officiel qui chaque fois qu’il est confronté à la colère des jeunes ou des autres laissés-pour-comptes se réfugie derrière le refrain aussi éculé que ringard de la manipulation pour ignorer la pertinence des revendications et étouffer le cri du peuple dans un flot de sang.
A cette occasion, l’ADDEC adresse ses condoléances les plus attristées aux familles si durement éprouvées, dont la progéniture, portée par un élan patriotique sincère de désobéissance civile, a trouvé la mort au cours de ces évènements.
Sans doute, les débordements de ces derniers jours témoignent-ils aussi - en partie - d’une absence d’organisation et d’un déficit d’éducation politique que la jeunesse devra combler impérativement. C’est dans ce sens que l’ADDEC compte, pour sa part, orienter ses réflexions et ses actions dans les prochaines semaines, afin que la jeunesse camerounaise et singulièrement les étudiants sachent se faire entendre sur les sujets qui engagent l’avenir de notre pays.
A propos de la Réaction du Chef de l’Etat :
Le Chef de l’Etat, à la suite de l’insubmersible insurrection populaire, a pris un train de mesures lors du Conseil ministériel du 07 mars 2008 dont l’objectif déclaré est de répondre aux préoccupations des citoyens et des jeunes en particulier ;
De ces résolutions, il ressort que malgré les différentes vies impunément supprimées par les forces de l’ordre dans les campus lors des revendications académiques initiées par l’ADDEC au cours de ces trois dernières années, les mesures du Chef de l’Etat sont restées inexplicablement silencieuses sur les revendications des étudiants.
Rien n’a été dit sur le retour de la bourse dont l’octroi aux étudiants améliorerait considérablement leur condition de vie dans un contexte où, malgré les mesures prises à grand renfort de publicité, le pouvoir d’achat des Camerounais et surtout de cette couche reste chroniquement insignifiant.
Que dire du silence sur la suppression ou la réduction du montant des droits universitaires suffisamment réclamée par les étudiants, revendications pour lesquelles plusieurs vies ont été perdues et qui semblent n’avoir guère retenu la très haute attention du Chef de l’Etat ;
Des mesures de moindre complexité délibérément bloquées par le Ministère de tutelle à l’instar de l’achèvement du processus d’harmonisation des coûts du logement étudiant, dont la prise en compte aurait bien pu persuader la communauté estudiantine de la bienveillante attention du Gouvernement, sont restées lettres-mortes.
Les étudiants s’interrogent donc légitimement, et refusent de croire que le Chef de l’Etat et ses collaborateurs en charge du sous secteur de l’enseignement supérieur, à travers ces décisions, ne leur font pas le procès de ne s’être pas mêlés formellement et conséquemment à cette campagne de désobéissance civile.

Fait à Yaoundé le 12 mars 2008

POUR LE CONSEIL,

(é) BATOGNA GNITCHOGNA


"Aqua" prend ses quartiers à Yaoundé

Posté le 11.03.2008 par edouardtamba
INITIATIVE

Yaoundé: L’eau potable se rapproche des populations

Les habitants que quinze quartiers populaires de Yaoundé vont bénéficier d’une meilleure disponibilité de l’eau potable par le projet « Aqua ».


La question de l’accès à l’eau potable est d’actualité au Cameroun. D’où la mise en oeuvre du projet « Aqua ». Ce projet vise à améliorer « l’accès à l’eau, à l’assainissement et de la qualité de l’eau de consommation dans les quartiers populaires de Yaoundé ». Cette initiative dont la phase de sensibilisation est en cours, concerne environ quarante cinq mille (45 000) personnes réparties dans quinze (15) quartiers. Elig Effa 1 à 7, Melen 1, 3 à 5 et 8B (Onana meuble), Messa Mezala, Eba (Mvog-Betsi) et Nkomkana Plateau. Des quartiers particulièrement mal lotis en accès à l’eau potable. Le taux d’accès à l’eau potable est de 13% dans les deux derniers quartiers suscités. Et les treize autres zones pointent à 26% de taux d’accès. Ces chiffres sont issus d’une étude menée par les organismes initiateurs du projet.
Il s’agit du Laboratoire environnement et science de l’eau (Leseau) de l’Ecole nationale supérieure polytechnique, Environnement-recherche action-Cameroun (Era) et Ingénieurs sans frontières-Catalogne (Isf). La même étude constate que « le nombre de bornes fontaines y est passé de 1776 en 1987 à 276 en 1996 puis 126 en 2002 ». De plus, 80% des latrines dans ces zones « sont utilisées comme toilettes, ce qui accélère le contact entre les excrétas et la nappe d’eau sollicité par les puits et les sources ». De ce fait, Plus grave, « 60% de l’eau y est impropre à la consommation », indique le coordonnateur de Era-Cameroun. D’où la récurrence des maladies d’origines hydriques chez les enfants de moins de cinq ans y habitant, et une dépense de moyenne de 15 000 Fcfa par an comme « frais de santé dus aux mauvaises conditions d’assainissement pour chaque ménage ».
Les initiateurs de ce projet espère faire passer ces taux de accès à 40% dans les quartiers cibles. Pour cela, 725 familles seront raccordées au réseau Snec. Quant à ceux qui ne pourront se connecter, une disposition prévoit des bornes fontaines à moins de 50m de ses habitations. Des chiffres qui selon eux, amèneraient au moins 50% de la population à disposer de l’eau potable. Mais il faudrait en plus que les populations s’équipent de matériels adéquat pour une conservation saine de l’eau. Le projet inclut la construction de latrines à fosses ventilées dans les ménages, de même que des latrines communautaires et des latrines dans les écoles. « Aqua » bénéficie de l’appui de l’Union européenne à hauteur de 69%. Les bénéficiaires contribueront à hauteur de 7%, contre 24% venant de l’Agence catalane de coopération et de développement.

Edouard TAMBA
In Le Messager du 11-03-08

Rts awards désigne ses meilleurs artistes

Posté le 11.03.2008 par edouardtamba
CULTURE

Radio Siantou prime ses meilleurs artistes

C’est encore la saison des distinctions pour les artistes. Radio Tiemeni Siantou (Rts) a rendu sa copie vendredi dernier, 7 mars 2008 à Yaoundé. Aïe-Jo Mamadou triomphe encore. Les titres : Artiste de l’année, Chanson de l’année et Album de l’année sont allés au “ Lion blanc ”. Mais ce dernier n’a pu être présent à la cérémonie. Petite frustration pour le public ayant fait le déplacement du Club Camtel de Yaoundé. Il a dû aller honorer un contrat pour une série de spectacles du côté de Ngaoundéré.
L’impact de cette absence a été diluée par d’autres présences. Particulièrement celle de Lady Ponce. Elle s’est vue attribuer la distinction de “ Meilleure performance de l’année ”. Une performance illustrée par la sollicitation de cette dernière pour des concerts, sa diffusion sur les antennes des radio et télévisions, et sa présence en pôle position des dernières répartitions de la Cameroon music corporation (Cmc). Preuve, s’il en fallait encore, que les histoires de ventre et de bas ventre marchent bien au Cameroun. La nouvelle diva du bikutsi a donc eu droit aux feux d’artifice. Et à des cadeaux en nature, en plus des trophées et diplômes.
Mathematik de Petit Pays, qui n’a cesse d’accuser les hommes de tromper les femmes s’y est aussi distingué comme “ Révélation makossa de l’année ”. Titre similaire pour Charmant Ledoux dans le bikutsi. D’autres stars ont été primées, à l’instar de Ambroise Messi pour son come-back, les humoristes Mintoumba et Mado, Joséphine Ndagnou pour son “ Paris à tout prix ”, Dj Sniper de la discothèque le Katios… Comme de coutume dans les soirées people, il n’y avait pas que des artistes. Le public a vu défiler sur le podium des ministres comme Augustin Edjoa, Philipe Mbarga Mboa, l’ambassadeur itinérant Roger Milla, le Dg de la Crtv, Amadou Vamoulké, le politologue, Eric Mathias Owona Nguini…
On se serait attendu à voir ces personnalités remettre les plus grands prix. Que non ! “ Comment on peut appeler un type comme ça après Roger’s ? ”. s’insurgera un invité qui “ ne comprend pas pourquoi un inconnu passe sur le podium à la suite de Roger Milla ”. Ce ne sera pas le seul couac. La soirée prévue 20h a accusé plus de trois heures de retard. Mais il y avait aussi de l’inédit. Comme ce play-back improvisé de Sam Mbende ou encore, la retransmission télévisée de la cérémonie en direct de l’antenne de Ariane Tv.


Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 11-03-2008

Promesse de recrutements et baisse de prix au Cameroun

Posté le 11.03.2008 par edouardtamba
PERSPECTIVES
Recrutements et baisses des prix à l’horizon

Les décrets et ordonnances signés du président de la République Paul Biya le 7 mars 2008, relèvent du concret. Mais le communiqué de presse issu du conseil ministériel de vendredi dernier annonce d’autres mesures à venir. Ce notamment dans le domaine des prix des biens et services, et dans le domaine de l’emploi. En plus des ordonnances annonçant des diminution ou suspension de droits de douanes, ou encore la défiscalisation et l’importation de certains produits, Paul Biya a prescrit d’ « autres mesures ». A l’instar de « la prise par le Gouvernement des mesures appropriées pour accroître l’approvisionnement du marché local en denrée afin d’en améliorer la disponibilité ».

De même qu’ « à moyen terme », les tarifs des hydrocarbures et des services de téléphonie pourraient baisser. Car le chef de l’Etat a requis « l’examen de la possibilité d’une refonte totale de la structure des prix des produits pétroliers des tarifs de téléphones et du coup de la gestion des comptes bancaires dans le but d’en retirer des postes dont les coûts pourraient ne pas être supportés parle consommateur final ». Il a aussi demandé « l’accélération du traitement des dossiers » relatifs à l’amélioration de l’offre en énergie, « ainsi que des programmes spéciaux agricoles notamment dans les filières de la banane plantain, du riz et des racines et tubercules », précise le communiqué signé du secrétaire général de la présidence de la République.

Les perspectives sont tout aussi reluisantes quant à l’emploi. Ce avec « la finalisation de la procédure de recensement et la contractualisation des agents temporaires ». Ceux-ci seraient encirons 18 000 au service de l’Etat. On y évoque par ailleurs, « le lancement de la deuxième phase du programme de recrutement des instituteurs vacataires » et « le recrutement des personnels dans les secteurs d’encadrement administratif et de sécurité ». A cela s’ajoute « l’accélération des procédures ne vue de l’intégration et la prise en charge des diplômés des grandes écoles de formation », et le renforcement d’un certains nombre de programmes pour promouvoir l’« emploi des jeunes non diplômés ou en difficulté ».

La lutte contre la corruption, l’inertie, laxisme… n’est pas en reste. Quid de l’efficacité de toutes ces annonces ? Le président de la République estime que ce sont des mesures à court et à moyen terme visant à « apporter de premières réponses à l‘impatience qui se manifeste ». Qui vivra vera!

Edouard TAMBA

Les femmes entre allégeance et débauche au Cameroun

Posté le 11.03.2008 par edouardtamba
YAOUNDE

Les femmes entre allégeance et débauche

Le défilé marquant les célébrations de la journée internationale de la femme s’est déroulé le 8 mars dernier à Yaoundé. Sous la présidence de la 1ere dame.

C’est désormais une tradition. La célébration de la Journée internationale de la femme (Jif) s’achève dans la débauche. La 23e édition célébrée samedi dernier à Yaoundé n’a pas fait l’exception. Dans la soirée du 8 mars 2008, discothèques, bar et autres lieux de plaisir ont vibré au rythme du sexe féminin. Dès 14h, filles et femmes avaient pris position dans les bars et snacks avoisinant le boulevard du 20 mai. Toutes habillées de tenues cousue avec le tissu dédié à la fête. « On est en haut. C’est notre jour aujourd’hui », lance une femme entre deux gorgées de bière, en bordure de l’avenue maréchal Foch. Le spectacle est similaire dans d’autres quartiers. Une cinquantaine de femme sont assises sur des casiers en face du Ces de Ngoa Ekele, presque sur la chaussée. Entre bières et le bavardage à tue-tête. Piétons et voitures se débrouillent.

Au lendemain des festivités, l’Hôpital central seul enregistre vingt-sept accidents de la circulation. Mais avant, les femmes ont fait allégeance à la première dame de la République. Cette dernière « a présidé » le défilé organisé à l’occasion. Direction de la sécurité présidentielle, garde présidentielle, protocole d’Etat, Hymne national devant les forces de sécurité…étaient là pour Chantal Biya. En plus de la fourchette des membres du gouvernement des deux sexes, et des quarante mille femmes (selon le ministère de la promotion de la femme et de la famille) ayant bravé la canicule pour marcher. Elle se sont succédé sur le boulevard du 20 mai pendant près de 3h d’horloge. Ce en onze wagons d’après les précisions du Comité d’organisation.

Ce Comité s’est voulu strict sur la tenue. Raison pour laquelle les fameux « kabas cellulaires », et autres tenues laissant apparaître le ventre ou le dos n’y ont pas été aperçu. Les défileuses se sont donc consacrées à rivaliser d’imagination pour marquer leur passage. A l’exemple des femmes de la société Le Bus conduisant un bus, et simulant une panne ensuite réparée par un mécano femme. Celles de la Société de développement du Cacao (Sodecao) exhibant des plants de cacao. Ou encore la Société nationale des eaux du Cameroun (Snec) dont le carré était menée par une femme portant un canari, comme sur le logo de l’entreprise. Carré après carré, les messages allaient dans le sens su thème retenue cette année : « Investir dans la femme et la fille ». Mis à part exceptions comme « ensemble pour un panier de la ménagère plus fourni ».

Autre constante, les images de Paul et Chantal Biya. La plupart des ministères, entreprises publiques, parapubliques et privées, associations et autres organisations en avaient. Pour le bonheur de la première dame qui n’a eu cesse d’applaudir à tout rompre et même de crier. Surtout lorsque Zakougla, célèbre humoriste de la chaîne Canal 2 International, a effectué son passage. C’est une visite de la foire de la femme au même boulevard qui a clôturé ce défilé. Occasion aussi de voir une certaine… Sarah Etonge dans la suite de Chantal Biya.

Edouard TAMBA

Un people des ruraux au Cameroun

Posté le 11.03.2008 par edouardtamba
PRESSE

Les campagnes d’Afrique en kiosque

Dynamique Afrique centrale a présenté sa nouvelle publication le, 5 mars 2008 à Yaoundé.


« Eclat d’Afrique ». Nom de baptême du nouveau né des magazines au Cameroun. La publication au slogan « le meilleur de nos campagnes », s’affirme comme étant le magazine people du monde rural. Cinquante-deux (52) pages « toutes en couleurs ». Le produit qui sera mensuel, tient dans un format entre le magazine et le tabloïd. On y découvre une « paysanne extraordinaire », Agnès Koa. Une dame âgée de 41 ans, spécialisée dans l’élevage ovin à Nkom Ndamba, non loin de Yaoundé. Cette dernière « ne peux plus laisser l’élevage ». Car, « J’y gagne beaucoup. Je suis milliardaire à mon niveau », affirme-t-elle. La une et les quatre pages qui lui sont consacrées laissent voir Agnès en action et en parole.

People après people, on y découvre un « Top model Banana ». Solange Nana, couturière à Bafoussam « a fait du tronc de bananier la matière de base des vêtements qu’elle confectionne ». La preuve en photos. Charles Thé en a aussi. Côté cour, c’est chercheur et professeur de génétique en service à l’Institut de recherches agricoles pour le développement (Irad) et l’Université de Yaoundé. Il a, à son actif, 18 variétés de maïs inventées. Et cerise sur le gâteau, 20 millions de Fcfa reçus comme prix spécial du président de la République au Jersic 2007. Côté jardin, c’est un sexagénaire encore vieux garçon. « Mes potentielles épouses se sont toujours senties reléguées en troisième position de mes priorités après mon tabac et mes recherches », explique le « génie du maïs ».

A des centaines de kilomètres de là, Nicolas Mbarga a d’autres soucis : dompter les hippopotames de la Bénoué à Garoua. 18 ans de service, et tellement motivé qu’il compte « demeurer ici ». « Eclat d’Afrique » c’est aussi le carnet de route, la palabre, la chronique, des mets comme le Nkui qu’ « il faut goûter »… Et des sujets pas très « campagnes ». A l’exemple de cette page « High tech » faisant l’apologie du IPhone de chez Apple. Ou encore ces insolites racontant l’opération chirurgicale d’une fille née en Inde avec huit membres, la mort de trois candidats à la gendarmerie Guinéenne et « un faux vrai camerounais dans la police française ».

Le journal de Bernard Njonga, directeur de la publication (Dp), pêche aussi par des fautes relevant de la typographie à l’instar de cette tirade de Agnès Koa dont le début n’est pas marqué. De plus, les caractères de la citation en question ne sont pas italiques comme les autres. Et Charles Thé serait âgé de 6 ans ? La prépondérance du rédacteur en chef, François Bimogo, est notable. Plus de dix pages à lui seul. Pour un coup d’essai, le Dp pense qu’ils peuvent mieux faire. C’est « un projet qui voudrait présenter d’autres visages de l’Afrique », explique-t-il. Mais encore, « enhardir les paysans africains », et « faire tomber les clichés réducteurs et dévalorisants à travers les quels les médias occidentaux présentent l’Afrique », souhaite Bernard Njonga. N’empêche qu’il a de quoi parader. Car selon lui, « c’est la première fois qu’un magazine se consacre aux ruraux », au moins dans la sous région. Les lecteurs devront débourser 1000 Fcfa pour en obtenir un exemplaire.

Edouard TAMBA

Après la crise: “ justice expéditive ” au Cameroun

Posté le 04.03.2008 par edouardtamba
REPRESSION

Des avocats dénoncent une “ justice expéditive ”

Des personnes interpellées dans le cadre des émeutes à Yaoundé passent à la barre ce jour. Une trentaine a été condamnée la semaine dernière.

Après quatre jours de tension, tout semble être rentré dans l’ordre au Cameroun. Sauf pour quelques centaines d’individus que l’Etat tient pour “ coupables ”. Certains d’entre eux seront fixés sur leur sort aujourd’hui, 4 mars 2008, devant les tribunaux de première instance du Mfoundi à Yaoundé. Ils pourraient rejoindre la trentaine de personnes jugées “ coupables ”, et condamnées à deux ans de prison ferme pour la plupart. Ces dernières, interpellées au cours des récents mouvements d’humeur à Yaoundé, sont poursuivies pour des infractions relevant du Code pénal : activité dangereuse (Art. 228), destruction des biens privés (Art. 316), etc. Les premiers verdicts du genre sont tombés jeudi dernier, 28 février 2008.
Le tribunal de première instance (Tpi) du Mfoundi –Ekounou a condamné dix prévenus. Ici, les audiences se seraient déroulées à huis clos selon des témoignages. Puis le Tpi de Yaoundé-centre administratif a pris le relais. Ouvrant les procès au public. Des avocats rencontrés à Yaoundé dénoncent le déroulement de cette procédure qu’ils qualifient de “ justice expéditive ”. Selon eux, les droits de la défense n’ont pas été respectés, et ce dès le début de la procédure. “ Tous avaient nié les faits qui leur étaient reprochés. Certains gendarmes sont allés jusqu’à disculper les prévenus sans que cela n’empêche le tribunal d’aller en voie de condamnation contre eux ”, regrette Me Djonko Francis, avocat à Yaoundé.

Entorses
“ Lorsque nous avons été informés de la situation, nous nous sommes constitués d’office, mes collègues et moi, pour quatre jeunes ”, indique-t-il. “ Notre démarche s’inscrit en droite ligne de la mission d’avocat. Lorsque à un moment donné, l’avocat constate que l’Etat manifeste une volonté de s’écarter de la loi, nous sommes interpellés pour signaler les dérives ”, précise-t-il. Les procès verbaux font état de ce que ces prévenus ont refusé d’être assistés par des avocats. “ Nous doutons de ce qu’on leur a effectivement offert cette possibilité ”, avance notre source. Plus grave, “ nous avons sollicité un renvoi pour mieux préparer notre défense, mais le tribunal a refusé ”, relève Me Djonko. “ Comment le juge en arrive à prononcer des peines semblables pour tout le monde alors que les faits sont différents ? ” se demande-il.
Pour, Me Togué “ on a l’impression que le Code de procédure pénale est mis entre parenthèses ; il s’agit d’une sorte de justice expéditive ”. De plus, ces avocats relèvent qu’ “ une décision ne peut pas être prononcée si elle n’est pas entièrement lue ” par le juge. Les avocats pensent que ce non respect des droits de la défense entraîne la nullité de la procédure. “ Nous sollicitions que la Justice qui est le bras séculier de l’Etat rende la justice sans vengeance, rancune ou faveur ”, lance Me Djonko. Ses confrères et lui se disent d’accord avec le chef de l’Etat qui martèle que force doit rester à la loi. Mais, “ autant force doit rester à la loi, autant la loi sera celle qui est applicable ”, rétorque Me Togué.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager 03-03-2008
Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus