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edouardtamba
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30.04.2007
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Carnet de route Sangmelima-Djoum

Carnet de route Sangmelima-Djoum

Posté le 19.06.2007 par edouardtamba
SANGMELIMA – DJOUM
Dans la gueule des “ éléphants de la piste ”
Entre la beauté d’un paysage attrayant, et l'omniprésence des virages, les risques sont grands.

Piste défoncée et sinueuse
Djoum est une ville, mais aussi un arrondissement du département du Dja et Lobo, dans la province du Sud. Si vous venez des grandes villes telles que Yaoundé ou Douala, vous ferez le voyage en deux étapes. La première consiste à arriver dans la ville de Sangmelima. Bien qu’il y ait “ trop de virages ”, relève Moïse, un habitué de la route, c’est une étape aisée autant pour les chauffeurs que pour les passagers. Car la route est large et recouverte de bitume.
Tout le contraire de la seconde étape, longue d’environ 110 kilomètres. Qu’il est souhaitable de parcourir dans un 4x4 climatisé. Sinon, cette route rurale va plus que vous éreinter. Les cars de “ Super Garantie ”, la seule agence aperçue dans le coin, en plus d’être lents, ont des amortisseurs avachis. Un fonctionnaire du ministère de la Communication en a fait les frais récemment.
Plus de quatre heures de routes pour la centaine de kilomètres. Là aussi, il y des virages à profusion. Un confrère de la télévision nationale explique que “ les Allemands construisaient les routes comme ça pour mettre d’éventuels assaillants en difficulté.” Les Allemands n’étant plus là, ce sont les chauffeurs qui sont en difficulté. En plus des virages, la route est cabossée. A se demander si les projets d’entretien des routes rurales passent par là. “ Bien sur ! ”, affirme un conseiller municipal de la mairie de Djoum. “ On y verse souvent de la latérite ”, précise-t-il.
A gauche comme à droite, le paysage est monotone. A partir du village Ndjatom, des arbres à n’en plus finir. “ Ce sont des arbustes ”, lâche mon confrère. A l’en croire, les exploitants forestiers ont fini de piller le bois de la zone. Ces derniers sont désormais un peu plus loin, dans la forêt profonde.

Attention aux grumiers
C’est justement au niveau de ce village qu’on croise autour de 15h 30, notre premier “ éléphant de la piste ”. Un grumier. Il remonte vers Sangmelima, chargé de billes de bois. Vu l’étroitesse de la piste, Moïse, notre chauffeur est obligé de se ranger. Et d’attendre quelques secondes. Le “ pachyderme ” laisse derrière lui un nuage opaque de poussière. “ C’est déjà leur heure, explique Moïse, ils [les grumiers, ndlr] sont sûrement nombreux en route.” L’autre danger de cette route, ce sont les multiples ouvrages en bois qui tiennent lieu de pont. Etant sur votre siège, vous ressentez les vibrations de ces ponts, “ régulièrement réaménagés ”, et “ régulièrement défoncés ” par les grumiers. Ils contribuent à l’état de dégradation de la route.
De Minkan à Essang Mvout, en passant par Nnemeyong, Nkongo et Meyomessi, la verdure domine. Derrière les rares maisons d’habitation qui longent le parcours. La grande majorité de ces maisons est faite de piquets et de poto-poto. Toutes sont construites au bord de la route, avec des séchoirs surélevés dans les cours. “ Ce sont les colons français qui avaient obligé les populations indigènes à s’installer au bord de la route ”, rapporte-t-on. L’électricité est présente sur le parcours. Chacun a son compteur autonome. Peu importe l’état de la maison. Certaines cases, toitures usées par le temps et murs inclinés semblent ne tenir debout que grâce aux fils de courant qui les relient au poteau électrique. On n’arrête pas le développement.

Cases et villas se côtoient
Un autre fait bizarre ne manque pas d’attirer notre attention. Il y a d’autres maisons, construites à l’aide des mêmes matériaux, mais plus petites. Ces petites maisons sont plus regroupées que les autres. D’un village à l’autre aucune de ces cases n’est branchée au réseau électrique. “ Ce sont des campements de pygmées ”, dit-on encore. Des Baka plus précisément. Ils préfèrent vivre à côté des populations bantou, et presque tous les villages ont un campement.
Aux environs de Nkolafendek, le premier village de l’arrondissement de Djoum, je suis brutalement arraché à mes contemplations du paysage, par un coup de frein de Moïse. Un nième grumier dont la cargaison est aussi large que la route nous oblige à rentrer dans le bois. On est, sur l’axe Bulu, à 26 kilomètres de Djoum, la prochaine ville. En fait, l’arrondissement de Djoum est composé de trois cantons : les Bulu, les Fang et les Zamane. Chacun de ces groupes est traversé par un axe routier dont le point d’intersection est Djoum.
Sur cet axe Bulu, il est impossible de manquer les villas de quelques grands commis de l’Etat. La longue clôture du domaine de l’ex-délégué général à la Sûreté nationale (Dgsn), Pierre Minlo’o Medjo, s’impose aux regards. La maison du gouverneur Akono Nna … et le must : le complexe immobilier baptisé “ Behome ” à Endengue, une propriété de Beh Mengue, le directeur général de l’Agence de régulation des Télécommunications (Art), font autorité.
Quelques kilomètres plus loin, je découvre de visu la mission catholique d’Abing. Petit frisson dans le dos. Et pour cause, j’ai encore en mémoire un film d’horreur qui s’est tourné ici sans trucage. Au matin du 12 août 1991, deux sœurs françaises de la congrégation des sœurs du sacré cœur avaient été retrouvées gisant dans la broussaille d’à côté. Sans vie. La plus âgée a même été violée. Un suspect a été accablé et condamné. Mais l’affaire n’est pas encore classée dans les mémoires.

Bienvenue à Djoum
Deux ou trois kilomètres après, un panneau publicitaire poussiéreux nous souhaite la “ Bienvenue à Djoum.” On a fait exactement deux heures de route. Et on se trouve à Nkane, un village du canton Fang. Il sert un peu de centre ville à Djoum. De la poussière partout. Même sur le monument aux couleurs nationales, représentant je ne sais qui. Mais le type tient une longue hampe. Des 4x4 y passent à vive allure. Les moto-taximans rivalisent de bruits avec le vendeur d’appareils électroniques qui est derrière eux. Il y a des militaires en treillis un peu partout, surtout dans les bars. Ils appartiennent peut-être à l’infanterie de la 111e compagnie de combat, installée derrière la mairie. Ou alors ce sont des élèves sous-officiers du Centre d’instruction des forces armées nationales (Cifan), situé plus loin, sur l’axe Zamane.
Tous les services sont comme sur une paume de la main. En face du lieu où moto-taximans, militaires et commerçants se confondent, il y a la sous-préfecture. A droite de la sous-préfecture, la tristement célèbre prison de Djoum. A gauche, le Foyer culturel inachevé, la mairie, l’hôpital de district. En face, le palais de justice et le parquet, la tribune officielle des cérémonies, l’école primaire publique … Derrière cette tribune officielle se trouve le futur Hôtel de ville de Djoum, dont le maire peine à achever les travaux. Sur un rayon de 100 mètres, tout autour, les différentes délégations de certains ministères. En dix minutes, le tour est bouclé. Probablement que vous n’avez pas entendu parlé de contrôles de police ou de gendarmerie pendant ce voyage. Moi non plus.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 27-03-2007



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:: Les commentaires des internautes

c'est vraiment la merde!
Posté par Tchiako le 26.12.2007
j'ai compté au moins six contrôle sur l'axe sangmelima-Djoum. l'état de la route en saison de crue contribue à renforcer le courroux des personnes qui empruntent ce chemin.Les risques d'accident sont nombreux. les passagers sont parfois contraint de pousser la voiture à certains endroits pour que celle-ci trouve son chemin entre plusieurs creux.Ils doivent descendre du car afin de lui permettre de grimper une colline aisément. L'electricité est présente dans certains village et pas dans d'autres.Dificile et excitant à la fois pour un reporter d'accomplir sa tâche dans ce coin du Cameroun.entre sangmelima et Nyabibeté ou se trouve le camp des pygmées Baka par exemple, aucune auberge pour vous soulager ou pour faire votre toilette. Dur dur la vie! et donc menagez vos montures si jamais l'aventure vous tente de ce côté!
Lien vers mon blog

Photos de la route et de Djoum
Posté par Alain le 20.01.2008
Je confirme que la piste est vraiment pénible en tous points. Les grumiers sont de véritables dangers. Arriver à Djoum ça se mérite.
Quelques photos sur mon site
www.e-monsite.com/djoum


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