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edouardtamba
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Mes articles, dont quelques uns publiés dans le quotidien Le Messager au Cameroun.
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30.04.2007
Dernière mise à jour :
02.07.2008
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“ Le préfet a envoyé la police chasser les gens ”

Posté le 25.10.2007 par edouardtamba
JEAN ROGER MANAYONG
“ Le préfet a envoyé la police chasser les gens ”
Le président du comité d’organisation du Collectif des riverains de la route Yaoundé-Kribi, justifie la création de cette association tout en décriant l’attitude des autorités administratives de la Mefou et Akono.

Qu’est-ce qui motive la mise en place d’un collectif de riverains de la route Yaoundé-Kribi ?
C’est pour essayer de canaliser le mécontentement et la révolte des populations pour que ça ne débouche pas sur une situation comme celle que nous avons connu à Abong-Mbang. Pour que nous puissions exprimer de manière pacifique, mais ferme et légale, afin que les gens rentrent dans leurs droits dans l’indemnisation de leurs biens. Ensuite, nous voulons faire respecter la loi. Ca n’a pas été le cas par les autorités, au regard des textes qui doivent être appliqués. Il y a eu beaucoup d’irrégularités sur le terrain. La loi prescrit l’information des populations cela ne s’est pas fait. Les autorités n’ont associé personne. La dernière motivation, nous voulons que cette route soit enfin réalisée. Mais l’attitude prise par les autorités est en train de retarder les travaux. De telle manière que nous craignons pour la route.

Quelles sont les dispositions que vous avez prises pour la tenue de votre assemblée générale constitutive ?
Nous sommes légalistes. Personnellement je suis une autorité politique institutionnelle, membre du Conseil économique et social. Je dois respecter la loi. Pour mettre en place cette structure, j’avais déposé dans les temps prescrits par la loi de 1990 sur les associations une déclaration de tenue de réunion contre une décharge. Malheureusement, lorsque nous nous sommes retrouvés hier, pour la tenue de cette réunion, n’ayant pas eu la réaction du sous-préfet, je me suis rendu là-bas. On m’a signifié qu’il interdisait la réunion.

L’interdiction était verbale ou écrite ?
L’interdiction n’était pas écrite. Nous avons fait une déclaration de tenue d’une réunion. Il nous a verbalement dit à côté que nous devons nous adresser à l’autorité compétente pour la reconnaissance juridique de notre association. Nous n’avons pas fait une demande de reconnaissance juridique. Nous avons donc sollicité une réponse claire et écrite. Soit qu’il nous donne le récépissé de tenue de réunion. Ou alors, qu’il nous signifie officiellement et par écrit le refus de la tenue de réunion. Il n’a fait ni l’un ni l’autre. Et le préfet a envoyé le commissaire de sécurité publique pour chasser les gens (près de 200 personnes) qui étaient paisiblement installés dans notre salle de réunion.

Que comptez-vous faire maintenant que votre réunion n’a pu se tenir ?
Nous avons demandé aux populations de rentrer paisiblement. Mais elles sont décidées à se réunir de manière légale. Et au même lieu, dans le chef-lieu de notre département. Il n’y pas de raison que nous nous “ exilions ” pour aller tenir nos réunions. Nous allons saisir dans les prochains jours la hiérarchie, notamment le Minatd [ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, Ndlr], pour l’informer de cette situation. Et nous allons redéposer une déclaration de tenue de réunion à la date que nous allons fixer. En espérant que la hiérarchie va réagir légalement. En attendant, nous n’allons pas rester les bras croisés. Nous allons tout faire pour que la hiérarchie sache la dérive autoritaire qui caractérise le préfet de la Mefou et Akono depuis son arrivée il y a deux ans.

Interview réalisée par Edouard TAMBA
In Le Messager du 23-10-2007



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Un gendarme tue son "rival"

Posté le 15.10.2007 par edouardtamba
SOA-YAOUNDE
Un gendarme abat son "rival"
Un jeune homme de 23 ans a été abattu à bout portant dans la nuit du 12 au 13 octobre dernier à Soa.

Ce n’est pas la première fois que M. Ayina F. perd un fils. Sauf que le dernier cas est brutal et tragique. Bilounga Ayina Alphonse, affectueusement appelé “ Lah ” séjourne à la morgue de l’Hôpital central depuis le 13 octobre. Raide mort. Le crâne ouvert par une balle de fusil tirée par un gendarme de la brigade de Soa. Le drame s’est noué dans la nuit du 12 au 13 octobre. Alors que la grande famille est réunie pour les obsèques d’une de leur fille. Des larmes s’échappent des yeux de la mère, visiblement plus éplorée. Un visiteur compatissant leur offre à boire en cette mi-journée dominicale. Ils boivent à peine. “ Papa, est-ce qu’il y a l’eau à boire ? ” Son père se souvient que Alphonse avait l’habitude de lui poser cette question les matins. En plus d’aller chercher de l’eau, il s’assurait que le véhicule de son père est propre. “ Ma voiture était toujours propre ”, se souvient-il. “ Je repense à ça. Il avait beaucoup de force. Il m’ont eu ”, regrette M. Ayina.
Les circonstances du décès de son fils ? Le papa du défunt raconte ce qu’il a appris. Bessala Angoula Georges, cousin du défunt, quant à lui a tout vu. “ L’incident a eu lieu autour de 3h30 de matin, entame-t-il, nous étions à une veillée, et mon cousin avait des problèmes avec sa petite amie. Elle était fâchée parce que ce dernier n’était pas auprès d’elle tout au long de la soirée. Au moment où elle voulait rentrer, il l‘a rejoint. Quelques minutes après, mon cousin est revenu en courant, dans un état crasseux. Il n’avait plus son t-shirt. ”
Il repart vers sa compagne. D’autres amis finissent par aller à son secours. Ils le retrouvent seul en route. Et s’en retournent en deux groupes. Georges voit une moto arriver. On l’interpelle. Les deux occupants de la moto garent. “ C’est la gendarmerie, mettez vos mains en évidence ! Je leur ai demandé, est-ce qu’il y’a un problème chef ? Il ne m’a pas répondu et ils se sont mis à nous fouiller. Le groupe de derrière nous a rejoint. En passant, la fille qui est venue annoncer la bagarre l’a pointé du doigt en disant ‘’Voilà le gars qui bagarrait avec mes frères et sœurs’’ ”, poursuit Georges. Les gendarmes entraînent Alphonse. “ Ils l’ont emmené de l’autre côté de la route, à côté de la radio qui est en construction. Là-bas, ils l’ont déshabillé. ” Georges se rend compte que l’autre groupe s’éloigne et lance : “ Vous partez où ? Vous voulez nous laisser ici ? ” Les autres auraient rétorqué : “ On va annoncer au village que vous êtes arrêtés. ”
“ Lah a sursauté comme s’il esquivait quelque chose. Le monsieur qui le tenait l’avait lâché et s’était mis de côté. Son arme était toujours accrochée. L’autre a tiré sur lui, Pan ! Pan ! Pan ! Trois coups, et il est tombé ”. Le collègue du tireur panique. Il démarre la moto en trombe et les deux s’en vont. “ J’ai crié au secours, personne n’est sorti. Je suis parti à ses côtés et j’ai éclairé à l’aide de ce portable. J’ai d’abord cru qu’il faisait le malin. Je constate que son crâne est ouvert du côté droit. Il était en train d’agoniser. Le liquide cérébral coulait par le nez et la bouche. Je ne sais pas comment décrire ça ”, dit le témoin. Bilounga Ayina Alphonse, né le 4 avril 1984, décède sur le coup.
Des chauffeurs et chargeurs de la ligne de Soa-Yaoundé, qui le connaissaient bien, sont sur les dents. Le commandant de la brigade (Cb) de Soa descend sur les lieux vers 5h30. Il s’ensuit une querelle avec la famille et les connaissances de la victime. La tension monte. Le Cb n’aura la vie sauve qu’en dégainant son arme pour se frayer un passage et fuir. La population barre la route. Le 4x4 de la brigade est brûlé. Le père de la victime tente de calmer le jeu. Les forces de l’ordre débarquent par camions. La circulation est rétablie dans l’après midi. Plusieurs autorités, administratives, judiciaires, et municipales font le déplacement et se saisissent de l’affaire.

Crime passionnel ?
Tout le monde croit savoir que c’est un crime passionnel. Des témoins affirment que “ Lah et le gendarme sortaient avec la même fille ”. Une certaine Messomo. D’autres par contre doutent de l’identité du gendarme. “ Je sais qu’elle sortait avec un gendarme, mais je ne sais pas si c’est lui qui a tiré ”, confie un proche de la famille. Moults interrogations fusent sur la présence des gendarmes alors qu'ils étaient en patrouille à l'entrée du campus. D'aucuns affirment qu'ils ont été appelés par une amie de la fille. D'autres pensent qu'ils ont été alertés d'une agression par le 117. Pour le moment, la fille au centre de l’affaire n’a pas été inquiétée. Alors que les deux gendarmes sont en garde-à-vue au secrétariat d’Etat à la défense (Sed). Le principal témoin y a été entendu dans la journée d’hier. Puis, une réunion de sécurité s’est tenue dans l’après-midi avec les autorités de la province du Centre. Des éléments de la légion du Centre sont en faction à la brigade de Soa.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 15-10-2007

Premières fausses notes

Posté le 09.10.2007 par edouardtamba
AXE YAOUNDE-KRIBI
La route passe...la colère suit
Les travaux d’aménagement de la route Yaoundé - Kribi traînent. Tandis que les propriétaires des biens détruits affirment être lésés.

Partir de Yaoundé pour Kribi relève peut-être d’une balade de plaisir sur de l’asphalte. Mais ce voyage de la province du Centre vers celle du Sud impose un détour par le Littoral. Celui d’Edéa coûte des kilomètres, du temps et du carburant en trop. Il existe pourtant un projet de route plus direct. Un projet qui daterait de 1972, selon plusieurs sources. Le chef du village Nkong-Meyos I, Omgba Bomba Martin, confirme “ c’est une vieille route qui devait voir le jour depuis longtemps. ” Au départ “ c’était la nationale n°1 du Cameroun. Aujourd’hui c’est la départementale n°8 ”, révèle-t-il.
Si l’on s’en tient aux promesses du gouvernement, Yaoundé-Kribi via Edéa ne sera plus qu’un lointain souvenir. Pour preuve, le “ projet d’aménagement de la route Yaoundé-Kribi ” est en cours de réalisation. Avec le ministère des Travaux publics comme maître d’ouvrage. L’entreprise égyptienne Arab Contractors assure l’exécution des travaux. Depuis 2007, des engins creusent, aplatissent et bitument le premier tronçon. Du lieu dit Carrefou Biyem-Assi à Yaoundé, au pont d’Olama sur le Nyong. La chaussée devrait en principe avoir une largeur de 20m, avec des accotements de 10m par côté. Soit une emprise totale de 40m.
Les premières observations amènent à conclure que tout n’y est pas pour le meilleur des mondes. Le voyage de Yaoundé à Ngoumou est une gageure. La saison pluvieuse rend les déviations boueuses. Conséquence, le prix des titres de voyage augmente, de courtes distances en kilomètres s’avèrent longues en temps … Autre couac, le rythme d’évolution des travaux. Le délai de livraison a été prorogé. Les travaux butent sur des marécages à plusieurs endroits. Et plus grave, les lamentations des riverains dont les biens sont situés sur le passage de la route. Les uns attendent d’être indemnisés. Les autres, déjà indemnisés, affirment être lésés. Un congé technique pour cause de pluie a mis le chantier en veilleuse. Les travaux reprennent le 1er novembre prochain. Le Messager profite de cette suspension des travaux pour faire le point.

Une enquête menée par Edouard TAMBA
In Le Messager du 09-10-2007

Les indemnisations qui fachent

Posté le 09.10.2007 par edouardtamba
INDEMNISATIONS
Les populations se disent lésées
Les premiers riverains dédommagés sont aux abois.

1- Les autorités traditionnelles ignorées
La question de l’indemnisation semble taboue dans la ville de Ngoumou. Motus et bouche cousue quand ce n’est : “ On attend encore, on ne sait rien ”. Pourtant, après le pont situé à l’entrée de la ville, on remarque par des croix de diverses couleurs, que maisons, tombes, et plantations seront détruites. “ Il y’a une commission que j’ai mise sur pied qui constate les biens à détruire sur l’emprise de la route ”, indique le préfet.
C’est la “ Commission de constat et d’évaluation des biens à détruire en vue de la construction de la route Yaoundé-Kribi, tronçon n°1 ”. Une instance présidée par le préfet. On y compte d’autres responsables des services des domaines, de l’agriculture, des travaux publics, de l’énergie et l’eau … et des élus locaux (maire et député). “ Jusqu’à présent, les évaluations ont été faites sur les 52,5 Km, [de Mefou-Assi au Pont d’Olama, ndlr] et les états d’indemnisation déjà transmis au ministère des travaux publics ”, assure le préfet
Plus loin, le chef du groupement Nkong-Meyos tiré d’une sieste, est au bord de l’énervement. “ Je ne sais pas ce que je vais vous dire. Il n’y a rien. On nous ignore totalement. On ne voit jamais le préfet, ni le sous-préfet. Ils nous ont dit que le ministre allait remettre l’argent. Ce ministre est passé ici, sans s’arrêter ”, maugrée Dieudonné Amougou. “ Je suis même content parce que la route ne passe pas chez moi ”, lance le chef.
Son subalterne de Nkong-Meyos I n’est pas dans la même situation. “ J’avais 4000 pieds de cacaoyers. Je ne sais pas s’il en reste même 1000. Ils ont détruit mon lac. Je ne sais pas ce qu’on doit nous donner. Il faut qu’on nous dise pourquoi les expertises sont confidentielles. Au lieu d’évaluer les lattes, piquets, tôles, plantes et arbres, on ne vous dit rien. C’est dire qu’il y’a du faux dedans ”. Une lettre signée du sous-préfet le 1er août 2007 annonce aux chefs traditionnels, le déblocage par la société Arab contractors de la somme de 240 000 000 Fcfa pour le paiement des indemnisations. “ On donne 240 millions pour dédommager de Nomayos à Ngoumou. C’est insignifiant ”, commente Amougou Dieudonné.
“ Qu’est-ce que les chefs viennent faire là-dedans ? Ce n’est pas du folklore. Cette commission est constituée selon le régime foncier des domaines ”, rétorque Pierre Ndounda. Amougou Dieudonné en profite pour ironiser sur la situation des personnes ayant sollicité le passage de la route sur les biens. Surtout qu’il vient d’apprendre par le chef de Nomayos que des populations ont reçu des sommes “ insignifiantes ” de 300, 400, 500 ou 700 mille Fcfa à titre de dédommagement pour leurs maisons. “ Est-ce que ça peut construire une maison ? ” se demande-t-il.

2- Indemnisations au lance-pierre
Justement, la pilule est amère de ce côté. “ On a cassé mes maisons et on me donne 700 mille, c’est pour quoi faire ? ” Lance un riverain à Nkong-Binguela. Il est occupé à découper des fils de fer pour fabriquer des étriers utiles à la fixation des poteaux en béton de sa maison en chantier. “ Regardez, cette toiture m’a pris 64 tôles de 7 m. Je vous rappelle qu’une tôle coûte dans les 7200 Fcfa. Il faut dépenser plus de 5000 Francs pour faire arriver un sac de ciment ici. Je reconstruis parce que je ne peux pas mourir sans laisser une maison à mes enfants. C’est la maison que mon père m’avait laissée qu’ils ont détruite ”, raconte-t-il.
Au bord de la colère, ce dernier ajoute: “ Je ne sais pas s’ils ont bien ou mal calculé. Mais ils nous ont mal indemnisés. Regardez où on dort ! ” Sa maison en brique de terre n’a pas encore d’ouvertures. Le chef de ce village est tout aussi amer. “ On est dans les pleurs. Regardez ma maison, on m’a donné 500 mille francs. Et 80 mille pour la cuisine qui était derrière ”, se plaint-il. La maison en question est sur une surface d’environ 15mx7m avec une toiture en pyramide. Le sol est cimenté et les murs crépis. Le chef est tout de même moins déconcerté que certains car il avait deux maisons voisines dont l’une a été épargnée.
La traversée de ce village laisse voir des chantiers de part et d’autre de la route. Quand ce ne sont pas les restes des maisons détruites. Les travaux ont aussi privé les riverains de courant électrique. Tabi Nguini Dieudonné est au bord des larmes. Sa maison de 19,5mx9,5m a été coupée en deux. Il loge dans ce qui en reste avec onze autres personnes. L’argent reçu comme indemnité n’a pas servi à grand-chose. “ Mes beau-fils ont essayé de me soutenir, mais ils sont fatigués ”, dit-il en montrant une bâtisse inachevée, en parpaing. Les fermes pour la charpente sont déposées à côté. “ Est-ce qu’on peut construire une maison avec 365 mille ? Je n’ai même pas bu un verre de vin rouge avec l’argent-là ”, se lamente-t-il.
Le préfet reste catégorique en rappelant qu’ “ il y’a un barème national pour évaluer les cultures, les constructions… C’est sur cette base qu’on évalue, ce sont des critères scientifiques. ” Il croit savoir que certains ont encore à l’esprit les montants d’indemnisation du projet pipeline Tchad – Cameroun. “ Ils ont un barème international différent du notre. Ici, c’est le Cameroun qui supporte les indemnisations ”, précise-t-il. Une commission comme celle de la Mefou et Akono vient d’achever les travaux de recensement du côté de Yaoundé. Ici, les populations se sont passées le mot. “ Pas question de se faire avoir comme les villageois! ” A bon entendeur …

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 09-10-2007

Le regard de la société civile

Posté le 09.10.2007 par edouardtamba
Dupleix Kuenzob Pedeme

“ Les autorités administratives ont toujours délaissé les populations ”
Le Directeur des programmes du Service œcuménique pour la paix (SeP) dénonce les procédés d’indemnisation appliqués au Cameroun.

[b]Pensez-vous de la méthode employée par le gouvernement pour dédommager les victimes du passage de la route Yaoundé – Kribi ?[/b]
Il faut relever que les indemnisations et compensations au Cameroun n’ont pas toujours fait l’objet de la transparence vis-à-vis des populations. C’est un projet d’utilité publique, mais conformément à la directive 410 de la Banque mondiale, cela ne devrait pas ramener les populations à un niveau de vie plus bas. On se rend compte avec le décret du Premier ministre de 2003, que les taux sont très faibles. Vous comprenez que si les taux de 2003 sont appliqués en 2007, ils auront pour conséquence de réduire le niveau de vie des populations. Il y a un problème de barème. On ne voit pas les paramètres qui rentrent dans la détermination du coût. Tant que les coûts seront forfaitairement et arbitrairement déterminés, il n’y aura pas de justice dans les indemnisations. Il manque de clarifications en matière de destruction des immeubles. Celles qui existent défavorisent les victimes. Ce dans la mesure où elles demandent un inventaire des biens afin de se rendre compte de leur état d’amortissement. Si quelqu’un habite une maison et qu’elle est entièrement délabrée, elle lui sert tout de même d’abris. On a aussi constaté que les indemnisations ne tiennent pas compte du droit coutumier.

Au-delà de l’aspect légal, les populations se plaignent aussi des méthodes employées…
Au moment des décomptes, il est nécessaire que le bénéficiaire soit présent, avec les mêmes documents de référence dont se sert la commission chargée du recensement. Idem pour les paiements. Il faut associer les bénéficiaires à tous les niveaux de la procédure. De sorte que lorsqu’il y a un recours en contentieux, qu’effectivement il y’ait des données opposables à mettre sur la table des discussions. Malheureusement, cela n’a jamais été le cas. Nous notons que lors de ces indemnisations, il n’y a pas que les acteurs concernés. On y retrouve le gouverneur, le préfet, le sous-préfet … le commandant de brigade. Leur présence intimide les populations au point de les amener à taire leurs revendications. A notre sens, les paiement devraient être faits dans la journée, après une sensibilisation préalable. Il faut ouvrir un espace de dialogue pour qu’il n’y ait pas de pression psychologique.

Pour ce cas, on observe que les populations sont abandonnées à elle même, et les autorités traditionnelles sont mises de côté …
Pour nous qui travaillons à accompagner les populations rurales, nous dirons que c’est un rituel au pays. Nos autorités administratives ont toujours rejeté les cadres de dialogue. Elles se sont toujours jouées des populations. Pourquoi ne pas aller directement en face de l’interlocuteur ? Les autorités administratives ont toujours délaissé les populations. La gouvernance voudrait qu’on trouve toujours le consensus selon les règles de l’art. Que j’exprime l’état de mes connaissances sur le sujet. Que j’exprime mes craintes, et qu’elles soient prises en considération. Que je fasse connaître mes intérêts. Et que j’exprime mes désirs. Voilà les quatre conditions nécessaires pour un consensus. Sinon ce sera l’affrontement. L’on aurait du préparer les populations. Les compenser à l’avance. Selon les directives internationales, on devrait les dédommager au moins six mois à l’avance. Et ces populations devraient être préparées durant au moins trois ans. Pourquoi le gouvernement refuse d’appliquer ces normes. Que vont devenir ces populations ? L’attitude de ces autorités participe de la négation de notre citoyenneté.



Entretien avec Edouard TAMBA
In Le Messager du 09-10-2007

Les plaintes d'une victime

Posté le 09.10.2007 par edouardtamba
DIEUDONNE TABI NGUINI
“Quand vous parlez, le préfet vous menace”
Victime du passage de la route, ce grabataire hémiplégique dénonce les méthodes d’indemnisation du gouvernement. Il a perçu 365.000 Fcfa pour sa case.

Comment avez-vous vous été informé de ce que vos biens allaient être détruits par la passage de la route ?
On n’était même pas informé. Ils avaient mis les croix rouges sur nos maisons depuis plus de quatre mois. Après on nous a demandé de monter à Mbankomo. Le peu d’argent qu’on a perçu là-bas, on nous donné une semaine pour construire. Et on est venu nous détruire. Est-ce que c’est normal ?

Qu’avez-vous perdu comme biens ?
Ma case de 19,5 mètres sur 9,5 m avec plus de cent (100) tôles dessus. J’avais des goyaviers ici et des safoutiers. Tout ça est parti “ Njoh ” [gratuitement, ndlr).

Combien avez-vous perçu à titre d’indemnisation ?
J’ai perçu 365 000 Fcfa pour ma case, et 50 000 Fcfa pour les arbres fruitiers. Dites-moi vous-même si on peut construire une maison avec 365 mille francs. Les tôles seulement coûtent combien ?

Mais vous n’étiez pas informé des méthodes de calculs de la commission ou au moins du barème applicable ?
On n’a été informé de rien. On vous appelle et vous signez sans voir la somme que vous percevez. Et on vous donne l’argent. Quand vous voulez parler, le préfet vous menace. Si vous voulez revendiquer, on vous arrête. Il avait amené des éléments du Gmi [Groupement mobile d’intervention de la police nationale, ndlr] le jour où on payait. Ils ont arrêté un jeune gars. Parce qu’il exigeait de voir le montant avant de signer. Alors, on n’est pas content. Ils nous ont payé vers 22h [le 16-07-09, ndlr]. Est-ce que c’est normal ? Vous avez déjà vu ça où ?

Que comptez-vous faire maintenant, puisque votre chantier est bloqué ?
Je vais faire comment ? Ça va rester comme ça. Je vais faire comment ? Je suis malade. Nous avons tout de même rédigé des requêtes que nous avons déposées à Mbankomo et à Ngoumou. Depuis nous n’avons pas eu de réponse.

Propos recueillis par Edouard TAMBA
In Le Messager du 09-10-2007

Yaoundé-Ngoumou: Voyage à haut risque

Posté le 09.10.2007 par edouardtamba
CARNET DE ROUTE
Yaoundé-Ngoumou: Voyage périlleux
L’aller-retour entre Yaoundé et Ngoumou est loin d’être une sinécure. Surtout en temps de pluies.

Moins de 100 Km séparent Yaoundé du chef-lieu de la Mefou et Akono, Ngoumou. Mais le voyage n’est pas de tout repos. Ce matin du 29 septembre 2007, les candidats au périple arrivent en compte-gouttes à la gare routière sise au lieu dit “ trois statues ” à Olezoa. Certains, habitués de la route, ont une idée de ce qui les attend. D’autres non. Ils verront sur place. En attendant, avertis et non avertis déboursent chacun la somme de 1200 Fcfa. Le chauffeur fait office de secrétaire et caissier. Jusqu’à 8h, le minibus de trente-six (36) places tarde à faire le plein de passagers. Pourtant il dessert des clients non seulement pour Ngoumou, mais aussi pour Nomayos, Nkong-Meyos … et Akono.
Le conducteur décide de mettre les gaz. Las d’attendre. “ Gars c’est fort sur la route ”, lui lance un autre chauffeur. Ce dernier dit avoir emprunté cet axe dans la nuit, avec d’énormes difficultés. A cause des effets de la pluie sur la route en terre. Décision est prise de contourner l’obstacle. Au prix d’une vingtaine de kilomètres en plus. “ On va passer par Otélé ”, annonce le conducteur. Son véhicule est loin d’être un bolide. N’empêche, il réussit à griller un contrôle de gendarmerie juste après la station de pesage de Mbankomo. “ Les gens-ci dérangent trop ! ” lâche-t-il.
Le véhicule bifurque à gauche. Et s’engouffre dans la brousse. La route côtoie les chemins de fer à plusieurs endroits. Quand elle ne les traverse pas. Aucun de ces multiples passages à niveaux n’est protégé. Le parcours est sinueux. Sur une route étroite. Les croisements obligent les véhicules à ralentir et serrer dans la broussaille. Quelques passagers descendent au niveau de la gare ferroviaire d’Otélé. Celle de Ngoumou apparaît une demi-heure plus loin. Après environ 2h de voyage.

Les conducteurs accusent
Les conducteurs desservant les villages de la Mefou et Akono (Nomayos, Oveng, Binguela, Ngoumou, Akono … Olama) en veulent à l’entreprise qui exécute les travaux. Approché, l’un d’eux fulmine contre les désagréments que leur causent les travaux sur la route. Il s’agit précisément du “ projet d’aménagement de l’axe Yaoundé – Kribi ”. Les travaux sont actuellement en cours sur le tronçon Yaoundé – Olama. “ Ce qui nous dérange ce sont les déviations ”, dit-il.
L’ancien itinéraire a été modifié par la société exécutant les travaux, Arab contractors. Cette entreprise a creusé des voies parallèles à ses travaux, pour éviter des perturbations liées au trafic.
“ Ils [Arabs contractors, ndlr] passent juste un coup de pelle et on doit circuler dessus. Quand il pleut, c’est grave. Surtout la montée d’Oveng. Là les passagers sont souvent obligés de descendre pour pousser la voiture ”, poursuit notre source. Les conducteurs de mototaxi se plaignent des mêmes difficultés. “ Il faut être expérimenté pour rouler sur la route-là ”, se vante l’un d’eux. Ce qu’ils ne disent pas, c’est que les enchères sont montées. Près de 1000 Fcfa pour un aller simple vers la limite Nkong-Meyos – Binguela. Et plus si le client est un étranger.
La ligne de maisons et baraques situées derrière le marché est marquée. Des croix rouges, bleues et une autre de couleur jaune dans un cercle de même couleur. “ Ce sont les maisons qu’on va détruire. La route passe là en haut ”, indique l’agent de la commune. “ Le marché sera aussi détruit. On a déjà construit un autre là en bas ”, ajoute-t-il. “ Le nouveau marché devait être inauguré le 1er octobre 2007, mais les moyens ont fait défaut ”, confie le responsable d’urbanisme de la ville, pour la commune de Ngoumou, Nkoa Essama Jean B. Il ajoute qu’une circulaire a été remise aux populations riveraines de la future route. Selon lui, le texte indique comment les maisons devraient désormais être bâties. Au nom de l’esthétique.
Dans l’après-midi, il faut désormais débourser 1500 Fcfa pour rentrer vers Yaoundé. Un chauffeur téméraire s’engage sur cet axe. Il perd 3000 Fcfa en traversant trois barrières de contrôle. La mairie d’abord. La gendarmerie ensuite. La police enfin. La pluie recommence. Le chemin est boueux. Deux moto-taximen en font l’expérience après une baignade forcée dans la boue. Entre Binguela et Nomayos, il faut descendre par trois fois pour faire rouler la voiture à la force des bras.
Un premier revêtement de bitume a été déposé à certains endroits de ce tronçon. Mais des barricades empêchent de rouler dessus. Le goudron de l’axe lourd Yaoundé – Douala apparaît enfin. Le détour par Otélé à l’aller était une partie de plaisir. En témoigne les regards ahuris lancés vers les passagers au débarquement à Olezoa. Leur état de propreté en dit long.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 09-10-07

Pit Baccardi parraine les mineurs incarcérés

Posté le 09.10.2007 par edouardtamba
SOUTIEN AUX MINEURS
Pit Baccardi, parrain à Kondengui
Le rappeur d’origine camerounaise parraine l’école des mineurs incarcérés.

Les mineurs incarcérés à la prison centrale de Yaoundé ont de quoi sourire. Un hôte de marque leur a rendu visite le 3 octobre dernier. Il s’agit de Pit Baccardi, rappeur d’origine camerounaise, installé en France. “ Ca me fait plaisir de venir vous voir ”, leur a-t-il dit avant d’ajouter : “ Je m’engage aujourd’hui à être le parrain de votre école ”. L’annonce déclenche une salve d’applaudissements et des youyous de la part des bénéficiaires du jour. Pour marquer cet engagement, Pit promet aux enfants des appareils de musiques qui leur permettront de rester connectés à ses chansons.
La vedette ne manque pas de prodiguer quelques conseils. “ Si vous voulez qu’on vous donne, il faut savoir donner aussi. Soyez à l’écoute et disciplinés. Et nous vous donnerons tout ce qu’on est en mesure de vous donner ”, martèle-t-il. Ce parrainage de prestige est le résultat des actions de lobbying du “ Relais Enfants-parents (Rep)”. Depuis deux années, cette organisation présidée par Claire Ndi Samba “ s’occupe des enfants qui naissent dans les prisons et accompagne les enfants qui sont à l’extérieur [et qui souhaitent] rendre visite à leurs parents incarcérés. Nous accompagnons également les parents qui ont leurs enfants mineurs incarcérés. Pour lancer ce projet, nous avons jugé utile d’humaniser le quartier de mineurs. En re-dynamisant l’école qui est déjà animée par le foyer de l’espérance ”, indique la présidente.

Eto’o Fils dans la ligne de mire
Pour cette année scolaire, Rep a offert à l’école des tables bancs et du matériel pédagogique tels que cahiers, stylo, fiches de progression … pour un total de 193 mineurs, âgés entre 14 et 18 ans. Leur école va de la Sil à la classe de première. Vingt-cinq (25) d’entre eux espèrent affronter les épreuves du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) cette année, contre quinze (15) pour le Certificat d’étude primaire (Cep). Le représentant du régisseur note que les résultats n’étaient pas reluisants l’année dernière, avec une seule réussite au Bepc. “ Je rends grâce à Dieu pour ce que je suis en train de vivre. C’est la preuve que nous sommes utiles à la société ”, confie le chef de classe, Abomo Didier, 18 ans.
Claire reconnaît que les responsables de la prison fournissent des efforts d’encadrement. “Ils font beaucoup d’effort pour humaniser la prison. Mais ils ne peuvent pas tout faire. C’est pour cela que nous venons en appui. Nous demandons aux ministères qui sont concernés de nous soutenir. Parce qu’à un moment nous serons essoufflés. Ça fait deux ans qu’on rame tout seul, et c’est vraiment dommage ”, clame-t-elle. Sans se décourager. “Nous avons trois grands événements. La fête des mère, la rentrée scolaire et l’arbre de noël. L’arbre de Noël est prévu en décembre avec Pit Baccardi, peut-être Eto’o Fils et un autre footballeur international. C’est encore en projet ” annonce Claire Ndi Samba.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 09-10-2007

Tsimi Evouna veut déloger 136 familles à Yaoundé

Posté le 02.10.2007 par edouardtamba
Camp Sic Tsinga
Tsimi Evouna veut déloger 136 familles
Les occupants du Camp municipal de Tsinga à Yaoundé sont sommés de libérer les logements au 1er avril 2008. Le délégué du gouvernement veut y loger les employés de la Communauté urbaine.

Le manque d’espace de loisir approprié au lieu communément appelé camp Sic Tsinga n’empêche pas les enfants de jouer. Cet après midi du 1er octobre 2007, ils courent sur les vérandas communes des immeubles, crient, rient à tout rompre. Ils ne se doutent de rien. Pourtant, ils pourraient être forcés d’aller jouer ailleurs dans quelques mois. Un huissier de justice, Me Ngwe G. Emmanuel, a servi une mise en demeure à leurs parents jeudi, 27 septembre dernier, « à la requête de la Communauté urbaine de Yaoundé agissant poursuite et diligence de son délégué du gouvernement (…) »
La mise en demeure intitulée « sommation de payer valant congé », rappelle à chacun des locataires « qu’il ne saurait nier, ni disconvenir sauf mauvaise foi manifeste de sa part, » être redevable au 11 septembre 2007, d’un montant correspondant à des « mois d’arriérés de loyer échus et impayés ». Les concernés sont loin de l’insouciance de leurs enfants. Mais personne ne consent à parler à découvert. «C’est vrai que nous sommes redevables. Je n’ai pas encore payé le mois d’août et celui de septembre qui vient de s’achever », reconnaît un locataire rencontré dans un immeuble à plusieurs appartements. D’autres locataires ont des mois d’arriérés encore plus longs. « Ce n’est pas la première fois que ça arrive, mais on paie toujours », affirme une autre source.
Ce qu’il a du mal à comprendre, c’est une autre partie de la mise en demeure. On y lit que « le propriétaire entend exercer son droit de reprise dudit immeuble conformément à l’article 10 du contrat de bail, ce à partir du 1er avril 2008 pour y loger le personnel de la communauté urbaine de Yaoundé. » Par conséquent, les concernés ont huit jours pour d’une part, « payer à la caisse du receveur municipal les arriérés de loyer sus indiqués », et d’autre part « libérer dans les six mois ledit logement tant de corps, de bien que de tous occupants de son chef ».

Incompréhension
« On nous met à la porte pour loger les personnels de la Communauté urbaine ? » s’indigne une dame. Elle avoue loger dans le camp depuis plus de vingt ans et se demande « si nous sommes des moutons ? D’ailleurs même les animaux ont un enclos. Je ne comprends pas d’où vient cette idée au délégué. Il y a des familles très pauvre ici, elles vont aller où ? » Cette dernière croit savoir que certains locataires ont beaucoup d’impayés. De ce fait, « il ne faut pas que le délégué généralise », souhaite-t-elle. Tout en notant comme la première source que la note manque de clarté, au cas où ce serait un préavis.
Il revient sur l’article 10(a) du contrat le liant à la Cuy qui dispose que « même en cours, le présent contrat peut être résilié à l’initiative de l’une quelconque des parties avec avis motivé informant le co-contactant de cette intention. Il respectera le prévis de trois mois francs ». Puis il se demande à quel moment ils ont donné leurs avis motivés. Pour ce chef d’une famille de dix personnes, « nous ne sommes pas en guerre contre l’Etat. Nous voulons qu’ils nous aident », clame-t-il. Certains responsables des cent trente six (136) logements impliqués ont mis sur pied un collectif. Objectif : informer les autorités et rencontrer le délégué du gouvernement auprès de la Cuy. Pour plus d’efficacité une locataire pense que tout le monde doit d’abord s’acquitter de ses arriérés.
Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 2-10-07

Focal : De la Sic à la Cuy
Des sources affirment que le camp de logement de Tsinga a été construit en 1964. Ce sur un domaine que le délégué du gouvernement de l’époque, André Fouda, avait cédé à la Société immobilière du Cameroun (Sic). La Sic y a assuré la gestion pendant 20 ans. Puis les logements ont été rétrocédés à la Cuy en 1990. C’est ainsi que le « Camp Sic de Tsinga » a été rebaptisé « Camp communal de Tsinga ». Et la Cuy en est devenue le bailleur. D’ailleurs, le contrat de location indique : « il n’existe qu’un seul gestionnaire du logement que vous occupez et qui du reste appartient à la municipalité ». Seulement, quelque vieux habitants regrette le temps de la Sic. « Ce n’était pas sale comme ça » affirme-t-on. Ou encore : « Ces bâtiments sont même déjà amortis. Ils doivent nous les vendre. Comme le camps de Madagascar ».

35 ans de prison ferme pour Gilles Roger Belinga

Posté le 30.09.2007 par edouardtamba
Gabegie à la Sic
35 ans de prison pour Gilles Roger Belinga
Les coupables dans l’affaire Sic ont été condamnés hier 27 septembre 2007. Leurs peines varient entre 35 et 15 ans.

L’assistance a été prise de court hier au tribunal de grande instance (Tgi) du Mfoundi - centre administratif. Lorsque le tribunal revient pour prononcer le verdict, bon nombre d’avocats, de journalistes et responsables de la sécurité sont éloignés. Insuffisant pour arrêter le cours de la justice. La présidente du tribunal, Mme Nnomo Zanga, déroule sa litanie. Les dix personnes déclarées coupables sont condamnées à des peines de prison ferme. L’ex-Dg de la Sic et principal accusé est condamné à 35 ans de prison ferme. Il en de même pour Hamadou Ousmanou l’ex-directeur administratif et financier (Daf). Le jugement recommande la délivrance d’un mandat d’arrêt à l’endroit de Hamadou Ousmanou. Les ex-commissaires aux comptes, Leuze Dieudonné et Messy Claude Bernard prennent chacun 25 ans. Amougou Jules Martin, Soppo François Roger, Ndengue Edmond Marie, Ayissi Tsala, Ngoune Bebe Charles et Nama Simi Patrice écopent chacun de 15 ans.
Un calme plat règne dans la salle. Belinga Gilles Roger garde la tête légèrement baissée. A la suite des peines privatives de liberté, Mme Nnomo Zanga annonce la confiscation des biens saisis. Comptes bancaires, argent en numéraires, immeubles bâtis et non bâtis, véhicules, téléviseurs, téléphones portables, climatiseurs, réfrigérateurs, cafetières, salons, armoires, guéridons et même des vêtements. Tous sont frappés d’ “ une déchéance de leurs droits civiques pour une durée de 10 ans ”. Ils devront aussi réparer le préjudice matériel subi par la Sic à hauteur de .716.906.027 Fcfa, et payer 1 milliard de Fcfa à titre de dommages et intérêts. Des paiements à titre individuel et collectif (Voir tableau). Le jugement prévoit aussi la main levée sur les biens des prévenus acquittés lors de l’audience du 20 septembre dernier.
L’audience est levée après une litanie de près d’une demi-heure. La sécurité se resserre autour des condamnés. Belinga G.R. échange avec ses avocats. Leuze D. et Messy ne sont pas loquaces. Le second annonce qu’il se pourvoira en appel. “ Un jugement de 15 ans n’est pas pour satisfaire un client, encore moins son avocat. Nous allons interjeter appel ”, lance l’avocat de l’ex chef du service de la maintenance, Nama Simi. Me Maloka, l’un des conseils de la Sic, se refuse à tout commentaire. “ Nous allons interjeter appel dès demain. Il y’a comme un goût d’inachevé ”, annonce-t-il. Même son de cloche du côté de la défense du principal accusé, Belinga G.R.
“ Le tribunal n’avait nullement pris en considération les éléments relevés au cours de notre plaidoirie. On appelle ça dans notre jargon une non réponse aux conclusion de la défense. C’est un motif de cassation, ou d’infirmation ”, égrène Me Mbiam. Et d’ajouter des observations telles que la non communication à la défense de certaine pièces prises en compte par le tribunal. “ Il y a eu dans ce jugement une contradiction de motifs. Le juge avait écarté l’Ohada, pour le droit applicable dans ce dossier. Malheureusement, pour prononcer la condamnation de certains accusés, le même juge a fait référence à l’Ohada. Dès demain matin, nous allons relever appel contre ce jugement ”, conclut-il.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 28-09-07
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