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edouardtamba
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30.04.2007
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L'Afaire freedom Fm rebondit

Posté le 20.11.2007 par edouardtamba
Liberté de la Presse
L'ffaire Freedom Fm rebondit
Au moment où se célèbre la journée mondiale de la liberté de la presse, l’affaire Freedom FM rebondit. Pius N. Njawé, le directeur général de Free Media Group, saisit à nouveau l’Union Africaine, aux fins de faire réparer les préjudices subis par sa radio interdite et scellée en 2003.

Le promoteur de la radio Freedom Fm, Pius Njawe, a de nouveau saisi la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (Cadhp). Il l’a annoncé jeudi, 03 mai 2007, au cours d’une conférence de presse à Yaoundé. Les deux parties en conflit, le gouvernement du Cameroun et Free Media Group, pourraient comparaître entre le 24 et le 26 mai 2007 à Accra, au Ghana. “ Nous estimons que le cas Freedom Fm est suffisamment illustratif pour ce qui est des atteintes à la liberté d’expression au Cameroun ”, déclare Pius Njawe, assisté d’un autre responsable de la radio, Jean-Vincent Tchienehom. Ils ont en face d’eux une quinzaine de journalistes. Dans l’affaire qui les oppose au gouvernement depuis 2003, Pius Njawe estime que l’Etat du Cameroun a violé les lois internes sur la communication sociale, la déclaration de Windhœk, la Déclaration universelle des droits de l’homme et toutes les autres chartes sur la liberté de la presse.
Pour être plus précis, il justifie ce retour devant les instances de la Cadhp par le fait que l’Etat du Cameroun n’a pas entièrement respecté les clauses de “ la réunion conjointe entre le ministère de la Communication et le promoteur de la radio Freedom Fm ” du 24 juin 2005. Le rapport final de cette rencontre présente les trois points du “ plan d’action en vue du dénouement amiable de l’affaire ” Freedom Fm. Ce rapport indique que le ministère de la Communication s’engageait à “ se désister devant les tribunaux nationaux au sujet de toutes procédures contentieuses l’opposant à la radio Freedom Fm ”.
Pius Njawe avait pris le même engagement de “ désistement auprès des instances de la Commission africaine des Droits de l’homme et des peuples ”. Par ailleurs, le Mincom “ s’engageait aussi à saisir le gouverneur de la province du Littoral en vue de la levée des scellés en présence d’une commission mixte Mincom-Freedom Fm ”. Pour le choix entre l’autorisation provisoire et la procédure d’obtention d’une licence, “ le promoteur de Freedom Fm [s’était prononcé] pour la mesure transitoire de l’autorisation provisoire, en attendant l’aboutissement de la procédure de licence ”. Deux ans plus tard, seuls les deux premiers points ont été respectés.
Pius Njawe avait demandé au cours de cette réunion “ qu’en cas de préjudice subi par sa radio, des discussions soient ouvertes avec le Mincom ”, pour une éventualité de dédommagement. Un point de divergence dans la mesure où “ Le Mincom a tenu à préciser qu’il ne partage pas ce point de vue ”. N’empêche que le directeur de Freedom Fm s’en plaint. Selon lui, le matériel de la radio s’est détérioré pendant que le bâtiment était scellé. Il révèle que 80% de cet équipement est inutile. En plus, le groupe a dû payer le loyer pendant la période des scellés. Par conséquent, Pius Njawe annonce qu’il est “ décidé à mener la bataille jusqu’au bout.” Quitte à saisir le tribunal arbitral international ou toute autre juridiction compétente, jusqu’à ce que le droit soit dit.
“ Freedom Fm était la dernière étape de ma carrière de journaliste ”, confie J.V. Tchienehom. Malgré la tournure qu’ont pris les événements le 23 mai 2003, ce dernier garde espoir et “ plaide pour que le gouvernement camerounais comprenne enfin que la liberté de communication sociale impose des devoirs de part et d’autre ” Il croit savoir que les médias du secteur public ont aussi leur lot de problèmes. “ Par conséquent, le privé n’est pas un ennemi à abattre ”, poursuit-il. En attendant que la Cadhp se prononce à nouveau, le contentieux reste ouvert.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 04-05-07



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Comment l'argent public est gaspillé au Cameroun

Posté le 15.11.2007 par edouardtamba
Investissement public
Gestion du Bip : Le rapport qui dénonce
Les projets d’investissement publics régulièrement détournés ou mal exécutés.


1-Le tableau noir du Centre-Sud
Où en est-on avec l’aménagement du parc de la Mefou ? Ce projet annoncé à grand renfort de communication au début des années 2000 est introuvable à Mfou. Pourtant 35 millions de Fcfa ont été débloqués sur le budget d’investissement public de 2003 et 2004 pour les travaux. Ce cas qui s’apparente à un détournement de projet ou de deniers publics n’est pas unique au Cameroun. Quatre-vingt quatorze (94) projets sur cent quatre-vingt dix-sept (197) sont introuvables sur le terrain. Il s’agit projets annoncés par les journaux annuels de projet pour la période allant de 2000 à 2005 pour quatre communes du Cameroun. Akono et Mfou dans la province du Centre, Ngoulemakong dans le Sud et Mbengwi dans le Nord-Ouest. Ces projets concernent en priorité les secteurs de l’éducation, la santé l’énergie, l’eau, les infrastructures routières, la production rurale et l’administration.
Les chiffres viennent d’être rendus public par le Centre d’accompagnement de nouvelles alternatives de développement local (Canadel). A l’issue d’« étude pilote sur l’utilisation du budget d’investissement public dans quatre communes ». Cent vingt devraient être réalisés dans le Centre et le Sud. Le tout à hauteur de 1milliard, 821 millions 546 mille Fcfa. Soixante neuf (69) seulement ont été identifiés. Soit 40 sur 88 à Mfou. 18 sur 21 à Akono, et 11 sur 11 à Ngoulemakong. Le cas de Mfou est le plus criard avec à peine 30% des travaux réalisés. Le chantier de construction de l’Ecole normal des instituteurs de l’enseignement général (Enieg) est à l’abandon. Après avoir englouti 200 millions dans le Bip de 2002. La réhabilitation du poste forestier d’Edzassana dans la même commune est aussi à l’abandon. Malgré les 10 millions de Fcfa extraits du Bip de 2001.
Dans l’arrondissement de Mfou, quarante-huit (48) projets sont introuvables ; vingt-sept entièrement (27) réalisés, un (1) en cours de réalisation ; neuf (9) inachevés et trois (3) non réalisés. Dix-huit des projets d’Akono ont été identifiés. Et quinze en ont été réalisés. Pour ce qui est de Ngoulemakong, neuf projets sont bouclés tandis deux sont inachevés. Soit un taux de réalisation de 81,8%. Mais ici, l’envers du décor n’a rien d’amusant. Ici, un seul projet est jugé de bonne qualité. « Sur les 11 projets de la commune de Ngoulemakong, 7 ont été classés dans la catégorie des projets mal réalisés », relève le Canadel. Mfou et Akono ne sont pas mieux loties en terme de qualité. La première commune a cinq bonnes réalisations sur 37, et 3 sur 18 pour la seconde.

2-Les maires accusent
Les initiateurs de l’étude expliquent ces insuffisances dans la gestion du Bip en une huitaine de paramètres. Selon eux, plusieurs projets « préparés et présentés dans le journal des projets sont nébuleux », du coup l’identification et l’évaluation se compliquent. C’est ainsi par exemple que 1 millions de Fcfa ont été débloqués en 2005 pour le Gic des femmes productrice de palmiers à huiles et de manioc. Mais, « ce financement n’est jamais parvenu au Gic bénéficiaire. Ces femmes, jusqu’à ce qu’on le leur annonce, ignoraient complètement que leur structure avait fait l’objet d’un financement du Bip », affirme le Canadel. De plus, les projets ne correspondent pas toujours aux desiderata de la population. « Ce sont les entrepreneurs qui le plus souvent vont négocier les projets qu’ils aimeraient réaliser dabs une localité donnée », apprend-on. L’influence des élites, le clientélisme et l’opacité du processus font le reste.
Ici, les maires concernés se défendent. « Le maire, en la situation actuelle des choses n’est ni de près ni de loin mêlé à la gestion du Bip. C’est un peu une aberration. Le maire n’intervient ni à l’élaboration, ni à la phase de mise en œuvre, encore moins au suivi. Nous ne pouvons pas assumer la qualité de la prestation publique rendue à la population. Et c’est nous qui portons le mandat », décrie l’ex maire de Mfou, Protais Atangana dans un document vidéo réalisé par le Canadel. Son confrère de Ngoulemakong, Anicet Akoa, appuie : « Nous avons constitué notre commission communale des marchés qui ne s’est jamais réunie. Ça veut tout dire, mais, Au moment de lancer le marché, bizarrement vous n’êtes plus impliqué. Au moment du choix et du début des travaux vous n’êtes même pas saisi ».
William Sollo, maire d’Akono n’en dit pas moins. « Même la planification qu’elles auraient pu faire n’existe pas ou n’est pas prise en compte. La population peut accorder la priorité à l’électricité, et le Bip décide de faire une route qui va disparaître dans trois mois à cause de la saison des pluies », remarque-t-il. Ceux-ci, autant appellent à élaboration participative du Bip. Ce qui entraînerait le droit de regard des municipalités dans les phases d’exécution de suivi et d’évaluation. La Canadel propose même de confier la gestion du Bip aux maires. « La commune devrait quitter le stade de l’outil administratif où on signe les actes, pour devenir un catalyseur du développement local », pense le coordonnateur, Jeannot Minla Mfou’ou. Depuis 2006, l’Etat publie le journal des projets dans la presse. Volonté de transparence ou diversion ? Voire.
Edouard TAMBA

Focal : De l’importance du Bip
Le Budget d’investissement public « consiste en une forme de programmation des opérations à réaliser par l’Etat pendant une année ». Selon le coordonnateur du Canadel, ce budget est d’autant plus important parce que « de toutes les sources de financement possible de développement il y’en a une qui est très permanente et sûr à 100%, c’est le Bip d’un Etat ». Et, « l’Etat n’est légitime à exister et fonctionner que s’il œuvre au financement du développement et lutte contre la fracture sociale par des actions à effets réels et mesurables sur le niveau de vie des populations ».

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 31-10-07

Les lions militaires honorés

Posté le 25.10.2007 par edouardtamba
DISTINCTION
Le Mindef reçoit les héros de Hyderabad
Les vice-champions de football aux derniers Jeux du Comité international du sport militaire (Cism) sont de retour.

Le ministre de la Défense (Mindef), Rémy Ze Meka, a reçu hier, 24 octobre 2007 dans son département, l’équipe nationale militaire de football du Cameroun, médaillé d’argent à Hyderabad en Inde. Il tenait à faire la précision: ce n’est pas une réception, mais un “ accueil ” pour que les héros de Hyderabad ne rentrent pas en catimini. Leur séjour indien ayant manqué de médiatisation. La faute aux mesures de sécurité prises par le gouvernement indien. Selon le chef de la division de la Communication du Mindef, près de 10 000 hommes ont été déployés à Hyderabad, en plus du dispositif local.
Le Secrétaire général (Sg) du Mindef raconte l’épopée camerounaise à l’assistance. La Corée du Sud, l’Allemagne et la Grèce étaient les adversaires de poule. Score nul et vierge contre les premiers en ouverture. Un but partout face à l’Allemagne. La Grèce se désiste. Les Lions atomisent ensuite la Guinée par trois buts à zéro en quart de finale. La Corée prend un but en moins durant les demi-finales. “ Au début de la compétition, on a eu quelques petites difficultés. Puis, nous sommes montés en puissance, c’est pour cela qu’on est arrivé en finale ”, confie le capitaine des Lions, Amadou Ngomna.
Mais le20 octobre 2007, les Camerounais se font dompter par les militaires Egyptiens. Deux buts à zéro. Pourtant “ ce n’était pas un foudre de guerre ”, selon le Sg du Mindef. “ On a un problème d’expérience, avec de jeunes joueurs qui n’avaient jamais joué ce genre de match. On a aussi eu un manque de réalisme. Nous avons eu plusieurs occasions que nous n’avons pas pu concrétiser, contrairement aux Egyptiens qui n’ont eu que deux occasions et les ont concrétisées”, reconnaît le capitaine de la sélection, Amadou Ngomna. A l’en croire, leur grande difficulté est venue d’ailleurs. “ Il y avait aussi la fatigue, on n’avait pas totalement récupéré. C’est ce qui nous a vraiment fauché en finale ”, soutient-il.
Ce faux-pas en finale n’enlève rien à la joie de la délégation. “ Nous sommes allés là-bas comme des outsiders, un peu comme pour troubler la fête, relève le Sg, et nous sommes rentrés avec une médaille en Argent ”. De quoi en être fier. Surtout que la dernière participation du Cameroun à cette compétition remonte à 1977, à Damas. Soit trente ans à végéter loin de la compétition. C’est donc un exploit qui mérite d’être honoré. De ce fait, le Mindef promet à Jean-Paul Akono et à ses poulains, qu’ils seront honorés par le chef suprême des Forces armées, actuellement absent du pays.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 25-10-07

J.P. Akono: "Nous avons frappé un grand"

Posté le 25.10.2007 par edouardtamba
Jean Paul AKONO
“ Nous avons frappé un grand coup ”

Après la médaille d’Or aux Jeux olympiques 2000 et la victoire à la Coupe d’Afrique militaire 2006 (Camfoot 2006), “ Magnusson ” vient de conduire le Cameroun en finale de la coupe du monde militaire. Le coach des lions militaires revient sur le parcours de ses poulains en Inde.

Comment avez-vous constitué cette équipe ?
On se préparait au stade militaire. On a commencé par des présélections, avec trois à quatre regroupements nationaux. Ensuite une présélection de 24 joueurs a été arrêtée et nous sommes allés en Egypte peaufiner la préparation avec ces vingt-quatre (24). De là, nous sommes revenus et on a arrêté la liste des vingt (20) joueurs qui allaient faire le déplacement d’Hyderabad.

Quelle appréciation faites-vous de la compétition à laquelle vous venez de participer ?
Pour celui qui a vécu la Camfoot ici, c’était 2 à 3/4 au-dessus du niveau de la Camfoot. Pour ce qui concerne toutes les armées du monde, il n’y avait que douze (12) pays. Ca veut dire que c’était pratiquement les meilleurs. Le niveau était très élevé, et le Cameroun était dans une poule très compliquée. La Grèce s’est désistée à la dernière seconde et on s’est retrouvé avec la Corée et l’Allemagne. On a fini deuxième du groupe derrière la Corée qui avait battu l’Allemagne. On a éliminé la Guinée en quart de finale, et la Corée en demi-finale. Et nous avons perdu en finale par deux buts à zéro.

Justement, qu’est-ce qui n’a pas marché au cours de cette finale ?
Il y a toujours quelque chose qui ne marche pas quand on perd. Pour le cas d’espèce, c’était l’inattention des joueurs en début de match. Ils m’ont aussi semblé un peu passifs et naïfs. Ce qui nous a fait encaisser un but à la deuxième (2e) minute. Un but bête. Je dirais même que nous l’avons offert aux Egyptiens. A partir de là, nous nous sommes réveillés. Mais pour qui connaît le foot égyptien, quand ils vous mènent, vous souffrez pour égaliser. C’est ce qui s’est passé jusqu’à ce qu’il y ait encore une bourde à la deuxième (2e) mi-temps. Pratiquement à cinq (5) minutes de la fin alors qu’on les pressait. Nous avons fait l’essentiel du match et l’Egypte a gagné.

Etes-vous globalement satisfait de la prestation de vos poulains ?
Oui. L’unanimité a été faite autour de la prestation des Lions militaires du Cameroun. C’était pratiquement la meilleure équipe. D’ailleurs, la surprise générale est venue du fait que nous soyons battus. Même de l’Egypte. D’où leur énorme satisfaction. Ils n’y croyaient pas et ils ont gagné. Dire que je suis déçu, oui et non. Oui au regard de tout ce que ces gars ont produit comme football. Mais perdre les armes à la main comme on dit chez les militaires, ça crée une frustration. Sinon dans l’ensemble, ça fait trente (30) ans qu’on n’avait pas vu le Cameroun à ce niveau. C’est un grand coup que nous avons frappé, en atteignant le cap de la finale et en émerveillant par la qualité de notre jeu. Les militaires doivent s’enorgueillir. Le football camerounais doit en être fier et faire des efforts en terme d’organisation pour que les joueurs locaux aient les moyens de pouvoir effectivement s’exprimer.

Interview réalisée par
Edouard TAMBA
In Le Messager du 25-10-07

1988-2007: Ebolowa attend son Comice agropastoral

Posté le 25.10.2007 par edouardtamba
EBOLOWA / INITIATIVE DE DEVELOPPEMENT
20 ans après : chronique d’un comice manqué
Le site réquisitionné par le gouvernement pour le comice agropastoral de 1988 à Ebolowa est à l’abandon.

1- De hautes herbes à la place des stands
Des hautes herbes. Principale végétation du site réservé au comice agropastoral de 1988 à Ebolowa. Le site en question se trouve à Ngalane. Un village de Ebolowa Ier, sur l’axe qui mène sur Lolodorf. L’espace en forme de triangle a une surface de 38 hectares selon le “ propriétaire ”, Mvondo Ongotto Jean Albert. Parti du centre ville, le bitume se sépare au sommet de ce triangle pour en desservir deux côtés. L’endroit est en majorité recouvert de hautes herbes et d’arbres. Aucune trace des stands aménagés à l’époque pour accueillir le comice.
Le ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader) y a fait construire des cases communautaires. Des palmiers à huile et des bananiers - plantains y ont été plantés par la Minader. Le commissariat de sécurité publique du 4e arrondissement a été installé sur les lieux. Ainsi que d’autres bâtiments administratifs. Des paysans ont défriché çà et là pour les semailles. Quelques unes s’y affairent encore à retourner la terre en cette mi-journée du 18 octobre 2007. Une incursion dans la broussaille permet de découvrir des étangs à l’abandon. De même que des troncs d’arbustes fraîchement coupés.
“ Il y a le village voisin qui a aussi donné du terrain, pour l’atterrissage de l’hélicoptère du président de la République ”, indique Mvondo Ongotto J.A. Non loin du site justement, un héliport a été aménagé. L’héliport est au village Akak-Essatolo. Dans la brousse. Attendant toujours l’atterrissage du président de la République pour le comice agropastoral. Entre temps, l’aire sert de cour de jeu aux élèves de l’école publique du village. Des traces de pneus laissent croire que des apprentis chauffeurs s’exercent souvent dans le coin.

2- Du rêve à la désillusion
Vingt ans que ça dure. Et on s’en souvient à Ebolowa comme si c’était hier. Lors de la clôture du comice agropastoral de Maroua en 1987, le président de la République, Paul Biya, annonce la tenue de la prochaine édition à Ebolowa. Des instructions sont données au maire de la ville, Enam Mba Samuel pour qu’il trouve un site adéquat. Le relief accidenté rend les recherches infructueuses. Jusqu’à ce qu’un site adéquat est découvert au village Ngalane, à l’extrémité de la ville. Les terres appartiennent à Mvondo Ongotto Jean Albert et ses frères. Mais le premier n’est pas très “ chaud ” pour céder l’héritage familial. Encore qu’il y a une vaste plantation de cacaoyers.
Son épouse l’amène à changer d’avis. Elle lui rappelle que le domaine aurait dû accueillir le collège Bonneau qui “ fait la fierté d’Abang ”, le village voisin. A l’époque, des missionnaires canadiens avaient sollicité l’endroit, mais le père de son époux refusa. Un deuxième refus serait de trop. Et le contraire serait l’occasion de rendre au village sa fierté avec des infrastructures de développement. Le vieux cède. Il s’en réjouit même. Puisque le bitume et les lignes d’électricité arrivent enfin à Ngalane. Les prémices d’un futur radieux, selon lui.
Des constructions en matériaux provisoires, et des étangs piscicoles sont faits sur le site. La population de la Mvila en général, et celle de Ngalane en particulier se mettent au travail. Animaux de bétails, volailles et poissons d’eau douce sont nourris en double ration. Les agriculteurs s’y mettent aussi. Qui pour le plus gros régime de plantain, le plus gros melon, la plus grosse tubercule de manioc, le plus long bâton de manioc … Il faut faire sensation et remporter le premier le prix. La date retenue finit par arriver. Une année après, les paysans ne voient rien venir.

3- De l’espoir au bout d’un discours
Rendez-vous est pris pour l’année suivante. Une fois de plus, le comice agropastoral d’Ebolowa avorte. La population apprend que l’annulation du comice est officielle. L’Etat parle de “ crise économique ”. L’avenir radieux se transforme en cauchemar. “ Tout le monde a été découragé ”, selon un paysan du coin. Les installations sont pillées. “ Ce sont les responsables les ayant construites et gérées qui ont commencé à les démonter. Ils ont volé et la population en a profité ”, se souvient-il. L’administration a réagi à cet incivisme. “ L’armée a fouillé les maisons dans le village. Des gens ont été arrêtés, puis relaxés ”, poursuit notre source.
Le temps est passé. Les cultures ont repris sur le site à la faveur d’une autorisation de l’administration. “ C’est maintenant que je recommence à cultiver. J’avais arrêté. ”, lance Mme Mvondo Aka’ayele. Et d’ajouter qu’elle “ continue à faire mes cultures. J’ai eu une médaille le 20 mai 2007 pour l’agriculture ”. Son époux et elle croient encore à la tenue d’un comice agropastoral à Ebolowa. Le premier s’en tient aux propos du Minader, Jean Nkuete, le 16 octobre 2007.
A l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, le vice-Premier ministre aurait promis le comice. “ La ville d’Ebolowa jouera un rôle déterminant dans l’organisation des prochains comices provinciaux et nationaux ”, rapporte un confrère local qui dit citer Jean Nkuete. Aucune trace de ces mots dans la copie du discours. Approché par la presse au cours de cette cérémonie, ce dernier aurait précisé que ce n’est pas une promesse ferme. Trop tard ! “ On était au nombre de 7. Mes frères sont tous morts. J’espère que je serai encore vivant ”, dit Mvondo Engotto J.A. Comme lui, plusieurs paysans ont repris espoir. Et recommencent à attendre. Vingt ans après la promesse officielle.

Par Edouard TAMBA [i]à Ebolowa
In Le Messager du 23-10-2007[/i]

MVONDO ENGOTTO

Posté le 25.10.2007 par edouardtamba
JEAN ALBERT MVONDO ENGOTTO
“ J’ai eu de fausses promesses ”
Il continue d’attendre l’organisation du comice agropastoral à Ebolowa, vingt ans après avoir cédé ses terres à l’Etat pour l’événement.

Dans quelles circonstances avez-vous cédé vos terres pour l’organisation du comice agropastorale de 1988 ?
Le maire de la commune urbaine de l’époque, Enam Mba Samuel, est venu me voir, après avoir cherché un site dans toute la ville, sans succès. Mon terrain était assez grand, et n’était pas accidenté. Il m’a demandé si je peux accepter de le céder pour abriter le comice, quoique j’y ai beaucoup investi avec mes frères. C’était une grande cacaoyère de 38 hectares. J’ai eu de fausses promesses. Le maire m’avait dit que “ le comice ne prend pas les terrains. N’aie pas peur, après le terrain va te revenir ” et que “ on va te payer les cultures. Au cas où l’Etat a besoin de ce terrain, on va vous dédommager soit en vous payant, soit en vous donnant un terrain ailleurs ”. Après il y a eu des expertises pour évaluer les plantes. Ensuite on nous a donné 48 millions pour le dédommagement des cultures.

Que s’est-il passé après que vous ayez cédé vos terres ?
Après, ils ont commencé des constructions en matériaux provisoires. Après deux ans, on nous dit que le comice n’a plus lieu, parce que l’Etat déclare la crise. On avait préparé beaucoup de cultures. Ma femme avait un grand champ de manioc. Toute la contrée était prête. Mais nous avons été tous découragés. Je ne peux pas vous confirmer qu’on est heureux. On veut des réalités de la part de notre gouvernement et de notre parti politique le Rdpc, qui parlent beaucoup sans réalisations. Quand on dit à un paysan attend 5F demain, donnez-lui les 5F. Si après-demain vous lui faites de nouvelles promesses, il aura confiance. Mais regardez vous-mêmes depuis 1980 qu’on a promis un comice à Ebolowa, ils ont fait la route et les installations électriques jusqu’à Ngalane, on était content. On avait l’espoir que la ville allait nous trouver ici. On a même eu des murmures que s’il n’y a pas comice, une université va être construite sur le site. On attend, on attend, mais jusque-là : rien ! Rien !

Le comice étant annulé quelles sont les dispositions qui ont été prises pour que vous rentriez en possession de vos terres ?
On ne nous dit rien. J’ai même écrit deux lettres à la présidence de la République pour ce terrain, mais je n’ai pas de suite. Après j’ai vu l’armée qui s’est engagée à venir borner le terrain. Je me suis fait entendre des histoires. J’ai des photocopies des levées topographiques que l’armée avait faites. J’ai une lettre ici dans laquelle la présidence dit au ministre de la Défense qu’elle n’accepte pas que l’armée s’y installe. Depuis que l’armée a laissé tomber, on est là. Le sous-préfet nous a autorisés à y cultiver des vivres, sauf les arbres fruitiers. Parce qu’on ne va pas nous dédommager deux fois pour les cultures. Il y a à peine un an qu’on a commencé les champs.

Mais il y a actuellement des constructions et des arbres sur le site…
L’Etat a pris une parcelle qui a été attribuée au ministère de l’Agriculture et du développement rural. Ils ont construit des cases communautaires, et ont planté des palmiers, des bananiers et d’autres arbres. Cette parcelle est déjà bornée et on ne peut plus la toucher. Maintenant, on nous dit que le terrain appartient à l’Etat. Et qu’il ne peut dédommager la parcelle titrée. Dans le cas contraire, ce n’est que par des doléances que l’Etat peut nous donner quelque chose, ou nous fournir un autre terrain. Nous avons perdu les plantations qui nourrissaient nos familles. Les enfants ne fréquentent plus, moi-même je suis déjà très malade. Mes frères sont tous morts. Quand il y avait espoir, il n’y a pas eu comice. Maintenant, on ne sait même pas dans quelle situation on se trouve.

Vous attendez toujours le comice agropastoral ?
Dans son discours, le ministre de l’Agriculture et du développement rural a redonné espoir que le comice aura bel et bien lieu. [Discours prononcé par le ministre de l’Agriculture et du développement rural le 16 octobre 2007 à Ebolowa à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, Ndlr]. Comme il a parlé, on attend l’Etat. Mais je suis inquiet, parce que je suis très malade. J’ai la typhoïde, j’ai la tension … Je suis fini. On a commencé les champs. Les paysans c’est l’agriculture. On souhaite qu’il y ait comice à Ebolowa comme il y en a eu partout ailleurs.

Entretien avec Edouard TAMBA [i]à Ebolowa
In Le Messager du 23-10-2007[/i]

Yaoundé en "état de siège"

Posté le 25.10.2007 par edouardtamba
INSECURITE
Yaoundé en “ état de siège ”
La capitale camerounaise est dans l’étau des forces de l’ordre. En réaction à l’assassinat des étrangers.

Raffles, contrôles inopinés et interpellations sont à la mode à Yaoundé depuis bientôt deux semaines. Vendredi dernier, 18 octobre 2007. Il est 23h et quelques minutes au lieu dit “ Carrefour Biyem-Assi ”. Un automobiliste est stoppé. “ Bonsoir, on peut voir les pièces du véhicule, et vos pièces personnelles ”, s’entend-il dire par un gendarme. Ce dernier vérifie et observe qu’en lieu et place d’une carte grise, le chauffeur dispose d’une photocopie non légalisée. Une infraction !
“ Où est votre carte grise ? ”, lui demande-t-on. “ Je n’ai pas encore fini d’acheter la voiture. La dame qui me la vend a retenu la carte grise ”, explique le conducteur, tout sourire. “ Ca vous amuse ? Qui vous a demandé de rire ? Nous allons amener le véhicule en fourrière ”, rétorque le pandore. Dans le même temps, une dizaine d’individus pris en défaut de carte nationale d’identité sont regroupés sur le trottoir. Plus haut, une demie douzaine de policiers fait un travail similaire. Le conducteur demande s’il n’est pas possible qu’on lui délivre une contravention. Afin qu’il paie le lendemain en présentant la carte grise originale. Le gendarme reste ferme et lance : “ donnez-nous les clés du véhicule si vous ne voulez pas ”.
Le conducteur choisit d’aller garer lui-même sa voiture à la brigade de gendarmerie de Biyem-Assi, au quartier Mendong. Le gendarme requiert les services de deux éléments du Groupement polyvalent d’intervention de la gendarmerie nationale (Gpign). “ Accompagnez-le à la brigade, et vous le faites entendre ”, ordonne-t-il. Les deux “ gardes ” sont armés de mitraillettes et portent des gilets pare-balle. Une fois au poste, le gendarme de permanence est surpris. “ Est-ce qu’on entend les gens la nuit ? Laissez la voiture et revenez le matin”, lance-t-il. Puis il se renseigne sur les raisons de la mise en fourrière. Et décide de renvoyer le conducteur et son véhicule vers le chef de patrouille, au “ Carrefour Biyem-Assi ”. Ces va-et-vient déplaisent aux éléments du Gpign. “ On n’est pas là pour ça. Nous sommes là pour une mission précise ”, confie l’un d’eux furieux.
En fait leur présence dans les patrouilles est due au fait que la criminalité à Yaoundé aurait atteint la côte d’alerte. Cette côte d’alerte se réfère à l’assassinat de trois étrangers. La Française Laurence Vergne en janvier 2007, le Marocain Khalid Barnossi et la Chinoise Zhang Weiling en septembre dernier. Installé dans un 4x4, le chef de patrouille libère le véhicule, tout en demandant au conducteur de penser à légaliser la copie de la carte grise qu’i détient. Soixante minutes sont passées. Ce dernier n’en revient pas et se demande comment un tel “ dispositif est déployé pour des étrangers ”. Alors que sept Camerounais sont morts en l’espace d’un mois, sous les balles de ceux qui étaient censés les protéger.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 23-10-2007

Un proviseur saisi près de 100 portables

Posté le 25.10.2007 par edouardtamba
Education/Discipline
Le proviseur met une classe hors réseau
Les élèves de Première espagnole du Lycée d’Elig-Essono ont vu leurs téléphones portables saisis le 10 octobre dernier.

Les élèves du Lycée d’Elig-Essono savent désormais à quoi s’en tenir. Particulièrement ceux de la classe de Première espagnol. Leurs téléphones portables ont été saisis le 10 octobre dernier par le proviseur de l’établissement, Okala Essama Vincent. L’incident est survenu dans la matinée du même jour. Selon les élèves, il n’y avait pas cours. Un des leurs se serait amusé à faire sonner son téléphone portable. La mélodie parvient aux oreilles d’un surveillant de secteur qui effectue sa ronde. Ce dernier entre dans la salle et demande que le propriétaire du téléphone remette son appareil.
Ne sachant pas qui est le coupable, il demande aux élèves de le dénoncer. Motus et bouche cousue. Solidarité oblige. Le surveillant menace de faire appel au proviseur. Les élèves campent sur leur silence. Le proviseur est alerté. Il arrive et ordonne que les élèves soient fouillés. « Ils ont procédé à une fouille systématique de tout les élèves », rapporte un proche d’une élève. Selon les élèves, aucun coin de leur corps n’a été épargné. Les garçons ayant dissimulé les appareils dans leurs slips ont été dépouillés. Idem chez les filles, sur qui une équipe de femme s’affairaient. Soutien-gorge et slip son vérifiés. Des téléphones sont extraits des entrejambes.
Face à la méticulosité de l’opération, les élèves rivalisent d’ingéniosité. Quelques unes réussissent à mettre leurs cellulaires en lieu sûr, dans leurs vagins. Une autre s’en sort en dissimulant le sien dans son sandwich. Au finish, le butin est mis dans un sac en plastique. Des dizaines d’appareils dont certaines pièces sont évaluées à 300 000 Fcfa l’unité. Les parents ont du mal à accepter la violation de l’intimité de leurs enfants. Mais ceux qui se pointent au lycée le lendemain ne recevront aucune explication. « On a essayé de rencontrer le proviseur et il nous a rabroué », déclare un parent. Celui confie que le numéro de téléphone de sa fille passe tout de même.
Entre temps, les élèves sont hors réseau tandis que leurs parents sont aux abois. Pourtant la police des examens et les règlements intérieurs interdisent l’usage des téléphones portables dans les salles. Le prix à payer lorsqu’on ignore que « L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté ». Approché hier sur la question, Okala Esssama Vincent a lancé : « Revenez demain ! » Nous y reviendrons.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 16-10-07

Autopsie de la corruption en milieu scolaire

Posté le 25.10.2007 par edouardtamba
CORRUPTION A L’ECOLE
La Conac invite les syndicats à l’autopsie
On se serait cru sous un arbre à palabre ce 16 octobre 2007 au Palais des congrès de Yaoundé. Une quarantaine de responsables des syndicats du secteur de l’enseignement sont autour du président de la Commission national anti corruption (Conac) et ses collaborateurs. Toute une journée pour parler de la corruption en milieu scolaire. Chacun tient à prendre la parole.
« Allez voir le contenu et la qualité du paquet minimum et le moment où il arrive dans les écoles », lance un syndicaliste au président de la Conac. Pour un autre, les enseignants sont victime du « syndrome abandonique » (Sic), car « personne ne veut le développement des enseignants », argue-t-il. Pour ajouter de l’eau à son moulin, Jean Takougang du syndicat autonome des enseignants du secondaire, illustre les cas de lésion dont ils sont victime. « Lorsque nous surveillons les examens officiels de 6h à 18 h, on nous donne 2000 francs », décrie-t-il. Soit 125 Fcfa l’heure. Ce dernier observe que ses confrères sont mis en vacances de façon verbale et sans les avantages prévus.
Les critères de promotion restent assujettis au « pouvoir discrétionnaire de celui qui nomme », au grand dam du profil de carrière. « Quel est ce corps de métier où on entre instituteur et on sort instituteur ?» S’interroge un syndicaliste. Quid des frais de mission, de l’application des décrets de 2000 et 2001 ? Les responsables des services des ministères sont accusés. « Au Minesec, on vend les affectations à 100 mille francs », « Les proviseurs excluent beaucoup d’élèves en fin d’année pour vendre les places » …et l’obtention d’un arrêté ministériel coûte 10 mille francs.
Au regard des griefs relevés, « tout a été mis à contribution pour que l’enseignant soit corrompu. » De ce fait J. Takougang absout ses confrères :
« la corruption se trouve dans les hauteurs et non pas dans les salles de classes ». Ceux-ci pensent que la solution au problème passe par deux voies. « L’augmentation du pouvoir d’achat des enseignants, et la restauration du pouvoir de l’Etat ». La concertation s’est achevée en soirée avec les représentants du secteur de l’enseignement supérieur.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 10-10-07

Route Ydé-Kribi: La riposte des riverains avorte

Posté le 25.10.2007 par edouardtamba
ROUTE YAOUNDE-KRIBI
La riposte des riverains avorte
Le sous-préfet de Ngoumou a interdit la réunion des riverains de la route Yaoundé-Kribi annoncée pour vendredi dernier.

“ Monsieur, nous vous prions de bien vouloir prendre personnellement part à l’Assemblée générale constitutive de notre association dénommée “ Collectif des riverains de la route Yaoundé -Kribi ”. Ces assises se tiendront le 18 octobre 2007 à la Maison rouge, face à la sous-préfecture de Ngoumou (…).” La rencontre ici annoncée ne s’est pas tenue. Suite à un refus du sous-préfet de Ngoumou, Enana Jean Bosco. Les personnes venues pour y assister “ ont été chassées par la police ” selon le président du comité d’organisation (Pco), Jean Roger Manayong. Il évalue à environ 200 le nombre de personnes venues des différents villages de la Mefou et Akono. Mais, les listes qu’il brandit mentionnent 105 personnes.
Les organisateurs disent avoir “ déposé une déclaration de tenue d’une réunion dans les services du sous-préfet, le 15 octobre 2007 ”. N’ayant pas reçu de réaction de la sous-préfecture, J.R. Manayong s’en rapproche. C’est alors qu’il “ découvre ” que la réunion n’est pas autorisée. “ J’ai l’honneur de vous faire savoir qu’en dépit de l’examen bienveillant de votre demande, il ne m’a pas été possible de réserver une suite favorable à votre doléance ”, indique une note signée du sous-préfet, le 15 octobre 2007. Dans la même note, Enana Jean-Bosco précise : “ Afin de me permettre de répondre favorablement les jours à venir à de telles sollicitations, je vous invite à saisir l’autorité compétente pour la reconnaissance juridique de votre association. ”
Le Pco pense que le sous-préfet fait une confusion. “ Nous ne lui avons pas demandé à créer une association ”, dit-il. Et d’expliquer que c’est une assemblée constitutive pour l’élaboration d’un statut. Ensuite viendra le temps de saisir la préfecture pour la légalisation. De plus, le Pco soupçonne la sous-préfecture d’avoir antidaté le document. Joint au téléphone, le sous-préfet balaie tout d’un revers de la main. “ Je pense que ces gens ne sont pas sérieux. Ils viennent raconter n’importe quoi pour déranger les gens. Nous ne sommes pas là pour créer la division ”, déclare Enana Jean-Bosco. Il ajoute : “ Ils n’ont rien respecté, pourtant, je suis avec eux pour les aider. Je n’ai jamais refusé la tenue d’une réunion, même pour les partis politiques ”.
Enana Jean-Bosco estime que la rencontre avait pour but de freiner les travaux d’aménagement de la route Yaoundé-Kribi. Pourtant, “ la route est très importante et nous devons tout faire pour qu’elle passe ”, soutient le chef de terre. En face, les riverains affichent leur détermination à revendiquer leurs droits.

Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 23-10-2007
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