Posté le 12.04.2008 par edouardtamba
EPERVIER II
Abah Abah, Olanguena Awono… inculpés
Les personnalités interpellées le 31 mars denier à Yaoundé ont été transférées de la Direction de la police judiciaire à la prison centrale de Yaoundé aux premières heures d’hier. L’information judiciaire prend la relève de l’enquête préliminaire.
La prison centrale de Yaoundé a de nouveaux pensionnaires. Il s’agit principalement de l’ex-ministre de l’Economie et des finances, Polycarpe Abah Abah, et l’ex-ministre de la Santé publique, Urbain Olanguena Awono. Neuf de leurs anciens collaborateurs font partie de la bande. Il s’agit notamment des secrétaires permanents des comités nationaux de lutte contre le sida (Dr Maurice Feuzeu), le paludisme (Dr Raphaël Thérèse Okala), et la tuberculose (Dr Wang), et d’autres responsables du Trésor public, de la direction des Impôts et du ministère de la Santé publique, parmi lesquels trois (3) femmes.
“ Ils sont arrivés ici vers 1h du matin ”, apprend-on à la Prison centrale de Yaoundé (Pcy). “ Les femmes ont été envoyées au quartier 5, et les hommes sont dans les quartiers 11 et 12 ”, précise notre source. Comme il est d’usage ici, les onze (11) prévenus ont été auscultés par le staff médical de la Pcy. Leurs parents se bousculent déjà pour leur apporter à manger. Tandis que les avocats se préparent pour la suite des événements. Leurs clients étant pour l’instant en détention préventive. C’est le 9 avril dernier, aux environs de 23h 40 que ces personnes ont été fixées sur leur sort. A l’issue d’une audition de près de deux heures d’horloge devant le juge d’instruction.
Tout y commence autour de 19h30 lorsqu’on extrait les quatorze détenus des cellules de la direction de la police judiciaire (Dpj). Le premier stop a lieu au bureau du procureur de la République près le tribunal de grande instance du Mfoundi. Une centaine de parents, connaissances, curieux et policiers en civil attend à l’extérieur. Les détenus sortent du bâtiment vers 21h20. On apprend alors que le procureur de la République a ordonné la relaxe du secrétaire permanant adjoint du Comité national de lutte contre le sida, et le chef du service administratif et financier du même Comité. Les douze autres personnes s’engouffrent dans les cars de la police, en direction des services du juge d’instruction à quelques 200m du parquet.
Les lamentations des femmes reprennent de plus belle. Une dame lève ses béquilles et maudit les policiers. Ces derniers font une ceinture de sécurité pour tenir la foule à bonne distance. Quelques personnes “ tuent le temps ” en avalant des bouteilles de bière vendue à côté ou en pérorant sur l’issue de l’audition. L’ambiance est subitement troublée par une explosion de joie. “ Merci seigneur ! On est nous sortis sur ça ! Jésus Christ, tu es merveilleux ”, lance une dame, avant d’entonner un cantique de louange à Dieu. Et pour cause, le magistrat instructeur vient de “ libérer ” une prévenue : Mme Mbadjon Chantal. “ Ca ne m’étonne pas. Les instructions sont venues de la présidence pour qu’on la relaxe, elle travaille là-bas ”, commente un curieux. En effet, Mme Mbadjon y est en fonction comme chargée d’étude.
Une source proche du dossier laisse entendre que cette dernière a été inculpée, mais se présentera libre devant le juge d’instruction. L’ex-trésorier payeur général de Yaoundé, Etogo Mbezele Luc Evariste, bénéficie de la même mesure. Leurs compagnons de détention n’auront pas la même chance. Tous embarquent vers 23h 30 dans les cars de la police. “ Ils ont tous été mis en détention préventive et inculpés ”, indique un avocat qui précise qu’ils savent désormais ce qui leur est reproché. Leur départ du parquet pour la Pcy est encore suivi de cris et pleurs. C’est à partir de ce nouveau lieu de détention qu’ils seront sollicités pour l’information judiciaire ouverte par le magistrat instructeur.
Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 11-04-2008
Posté le 12.04.2008 par edouardtamba
EPERVIER II
Le parquet prolonge les séjours des prévenus à la Pj
Abah Abah, Olanguena Awono et leurs compagnons de détention ont encore passé la nuit dans les cellules de la Direction de la police judiciaire (Dpj) à Yaoundé. Mais avant de dormir, ils ont tous fait un tour au parquet du Tribunal de grande instance du Mfoundi. C’est aux environs de 19h qu’ils sont arrivés sur les lieux. Sous forte escorte des éléments des équipes d’intervention rapide (Esir). Une centaine de parents, connaissances et curieux est déjà sur les lieux. Certains ne s’empêchent pas de pleurer. Les prévenus descendent des deux cars de type Toyota Hiace qui les transportent. Les pleurs et cris redoublent d’ardeur à leur vue. Abah Abah, vêtu d’un costume sombre et d’une chemise blanche, les gratifient d’une geste de la main.
Les détenus s’engouffrent dans le bâtiment, en direction du bureau du procureur de la République, Ntamack Fils. S’ensuit des piles de documents liés aux enquêtes dont ils font l’objet. Un cameraman de télévision nationale se voit dessaisi de caméra de force. Et lui-même est amené manu militari dans le bâtiment. La police veille à l’extérieur. Ce dernier, ressort du bâtiment un quart d’heure plus tard. Sans la caméra. « C’est le procureur de la République lui-même qui a demandé de prendre la camera. Je n’ai rien filmé de mauvais. On a vu les images ensemble. Je filmais seulement dehors », explique-t-il, encore sous le choc. Un mouvement de policier interrompe ses explications. « Il n’y a rien hein ! On les ramène à la Pj », lance une avocat à une connaissance dans a foule. « Ils rentrent à la Pj pour complément d’enquête », apprend-on d’un avocat.
Selon lui « les éléments présentés au procureur de la République ont été jugés insuffisants » par ce dernier. L’avocat pense que « c’est l’illégalité qui se poursuit ». Les détenus apparaissent ensuite au perron du bâtiment. Olanguena Awono et ses ex collaborateurs prennent place dans un des cars. Idem pour l’ex Minefi dans l’autre car. Un Suzuki 4×4 de la Surêté nationale prend la tête du groupe de véhicules, suivi des deux cars et d’un pick-up chargé des éléments des Esir, armés. Et c’est en trombe qu’ils prennent le départ. Leur passage devant la foule déclenche à nouveau des cris et lamentations. « Woooyoooh ! », « On les amène où ? »… Certains n’hésitent pas à proférer des injures à l’endroit de policiers.
C’est depuis la Dpj que cette ambiance de quasi-deuil est observable. Ces proches des détenus y ont débarqué vers 13h, hier. Informé que les détenus étaient sur le point d’être déféré devant le parquet. Durant 5h d’horloge, ils attendent. Déchargeant leur colère sur les policiers. « Wèèèh ! Pourquoi vous faites tout ça ? Ils ont tué qui ? », se lamente une dame à chaude larme. Et un autre de rétorquer : « Laissez-les. N’est-ce pas vous avez déjà modifié votre constitution… » Insuffisant pour arrêter policiers. Et le suspense joue les prolongations.
Edouard TAMBA
Posté le 12.04.2008 par edouardtamba
BAGARRE
Des militaires enlèvent un Nigérian à Yaoundé
Pour une affaire de téléphone portable
Le quartier Essos à Yaoundé a connu des heures chaudes, lundi 7 avril 2008. Plus précisément entre le marché et le lieu-dit “ Apollo bar ”. Au finish, une personne enlevée pour une destination inconnue, des victimes portant des ecchymoses, et des commerces fermés. Ce, à cause d’un téléphone portable qui aurait disparu. L’affaire est sur toutes les lèvres dans les parages. “ Les militaires frappaient tout le monde ici. Les passants, les taximen et tous ceux qui demandaient ce qui se passe ”, se souvient Ndengue Christine. Les bidasses ont commencé par le responsable du salon de coiffure “ Koko Magic ”. “ Il voulait donner un coup de tête à mon patron. Mais il l’a raté et a plutôt frappé le mur avec son front et il s’est blessé ”, relate une coiffeuse.
Le militaire et son collègue appellent ensuite du renfort. C’est alors que débarquent cinq ou six autres, selon les témoignages. “ Ils avaient une petite voiture blanche et un car ”, racontent quelques témoins. “ J’ai été brutalisé parce que je faisais mon travail. J’informais les confrères de Canal 2 et Radio Siantou par téléphone ”, signale Christine. Alors qu’elle téléphone, deux des militaires s’en rendent compte et lui foncent dessus. Elle prend d’abord une torgnole au visage et manque de se renverser. “ C’est la maman-ci qui a bloqué le deuxième qui voulait me frapper ”, poursuit Christine, désignant une femme. Le mécanicien d’à côté n’a pas eu la même chance. Léo, comme on l’appelle ici, dit avoir été roué de coups.
Ses vêtements portent des tâches de boue. Il a une égratignure sanguinolente sous l’œil gauche. L’intérieure de sa lèvre inférieure est écorchée. C’est à cet endroit qu’il a pris le premier coup. “ Je suis venu leur expliquer que je suis le responsable de la maison. Ils m’ont dit qu’ils n’ont pas affaire à moi (…). Puis l’un a dit qu’il allait me battre si je continuais à parler. Et il m’a donné un coup de poing ici ”, se souvient Léo, montrant sa bouche malmenée. “ Je ne peux pas laisser ça, je m’en vais porter plainte ”, tempête-t-il. Quant à Koko, le propriétaire du salon, l’incertitude règne. “ Ils l’ont tabassé et ils l’ont emmené dans leur voiture. On ne sait pas où il est, et son téléphone ne passe pas ”, se plaint son employée.
D’après elle, tout serait parti d’une affaire de téléphone portable disparu dans le salon de coiffure. Une fille vivant dans les alentours déclare y avoir perdu son téléphone cellulaire le soir du 7 mars 2008. “ La fille qui a provoqué tout ça habite là à côté. Elle vient souvent ici perdre le temps. On est déjà comme la famille, puisqu’elle se coiffe ici gratuitement et elle nous aide souvent quand il y a beaucoup de clients ”, explique une employée du salon de coiffure en question. “ Le 7 mars, elle est venue se coiffer. Comme il y avait beaucoup de monde, on lui a demandé d’attendre, et de nous aider. Après, elle est revenue le lendemain nous dire que son téléphone a disparu ici ”, poursuit la coiffeuse.
Elle aurait ensuite accusé les personnels du salon, et revendiqué son bien. “ Elle harcelait Koko tout le temps à cause de ce téléphone ”, se rappelle Léo. Las d’attendre, elle aurait fini par solliciter son copain militaire pour une expédition punitive. Une thèse qui ne fait pas l’unanimité. “ Nous ne voulons pas être mêlés à cette affaire. Allez là-bas où on vous a raconté des mensonges. Ils ont volé le téléphone de Toutou. Un Samsung avec camera et ordinateur ”, lance une fille énervée. “ En tout cas, elle n’habite pas ici. Voilà sa maison et elle n’est pas là ”, tranche une autre, indiquant une autre baraque située non loin. Affaire à suivre…
Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 08-04-2008
Posté le 12.04.2008 par edouardtamba
EPERVIER II
La garde à vue joue les prolongations
Les personnalités interpellées le 31 mars 2008, sont toujours détenues à la Direction de la police judiciaire à Yaoundé. Le dénouement des enquêtes préliminaires reste attendu
La garde a baissé d’un cran à l’extérieure du bâtiment de la Direction de la police judiciaire (Dpj) à Yaoundé. Les policiers en armés ont disparu. Et les usagers circulent presque normalement depuis jeudi dernier. Urbain Olanguena Awono, Polycarpe Abah Abah et certains de leurs anciens collaborateurs respectifs y sont toujours détenus. « Ils ont pris certaines dispositions », reconnaît Me Mong Antoine Marcel, l’un des conseils de Olanguena Awono. Ce pour améliorer les conditions de détentions de ces détenus. La police aurait entrepris à ce propos, de remplacer les vitres cassées des fenêtres des cellules, et de réparer les toilettes. Mais, « à l’heure actuelle, il est illégalement détenu », relève Me Nouga en ce qui concerne l’ex ministre de l’Economie et des finances. Selon lui, la garde à vue prorogée mercredi dernier prenait fin au soir du vendredi suivant.
On n’est pas de cet avis du côté de la Direction de la police judiciaire (Dpj). Des sources ici se défendent en disant avoir oublié de notifier la prorogation de la garde à vue du Minefi. L’acte en question aurait été oublié du côté des services du procureur de la République près le tribunal de grande instance du Mfoundi. Ce qui n’est pas le cas pour l’ex Minsanté et d’autres détenus. « Ils ont prorogé les gardes à vue », affirme Me Mong Antoine Marcel. Selon lui, son client pourrait être déféré le procureur de la République « d’ici mardi [08-04-08, ndlr]». En attendant, Me Nouga et ses confrères comptent saisir la justice ce jour pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme la « détention illégale » de leur client. De même que la Cameroon radio and television (Crtv) est dans leur collimateur.
Les avocats et la Crtv
« La Crtv fait des appels au peuple pour condamner notre client », se plaint me Nouga. « On envisage une réaction contre cet organe de presse », projettent les avocats de l’ex Minefi. Les conseils des autres détenus sont tout aussi indignés. « On a fait une lettre de protestation à un certain nombre d’instances pour que ça ne se répète plus », déclare Me Mong Antoine Marcel. N’empêche, la procédure d’auditions et d’interpellations suit son cours. En effet, une nouvelle perquisition a été opérée au domicile de Polycarpe Abah Abah vendredi dernier 4 avril 2008, au quartier Odza. Une source policière croit savoir que coffres-forts et chéquiers étaient particulièrement recherchés au cours de l’opération. Ensuite, l’ex Minefi a continué de répondre aux questions des enquêteurs le lendemain.
« Pour l’instant c’est une enquête, on ne peut pas vous en dire plus », lance Me Jean-Calvin Bilong, l’un des conseils. Même son de cloche du côté de Me Mong Antoine M. La police quant à elle ne reçoit pas la presse. En ce qui concerne l’ex Minefi, il ne serait plus question d’une irrégularité dans le reversement de la Tva au Crédit foncier du Cameroun (Cfc) par la direction des Impôts. L’affaire tournerait plutôt autour d’un compte bancaire logé au Cfc, où un certain pourcentage était perçu par Abah Abah sur la redevance audiovisuelle, et la taxe foncière, alors qu’il était directeur des impôts. Ce dernier à l’époque avait signé une convention avec les institutions concernées. Les accusateurs évalueraient la somme détournée entre 6 et 8 milliards de Fcfa. Quand à Urbain Olanguena Awono et ses anciens collaborateurs, tout porte à croire qu’ils seraient entendus sur la gestion des sommes affectées à la lutte contre le sida, le paludisme et la tuberculose au Cameroun. La directrice de la lutte contre la maladie au Minsanté, Bella Assumpta, interpellée mercredi dernier pour la même enquête, a été libérée vendredi. Le même jour, trois nouveaux suspects ont été entendus, et un seul libéré.
Edouard TAMBA
Posté le 12.04.2008 par edouardtamba
Opération épervier II
Abah Abah s’écroule à la Pj
Le renouvellement, de 48h, de sa garde à vue, lui a été notifié sur son lit à l’Hôpital central de Yaoundé. Les enquêtes se poursuivent pour les autres personnes interpellées.
“ Non ! ” lâche sèchement le directeur de l’Hôpital central de Yaoundé, Biwole Sida Magloire, en détalant vers son bureau. Il s’adresse ainsi à des reporters l’ayant sollicité vers 17h pour en savoir davantage sur l’état de santé de Polycarpe Abah Abah. Ce dernier y étant interné depuis la mi-journée, suite à un malaise cardiaque (information à confirmer), selon une source. L’ex ministre de l’Economie et des finances (Minefi) reçoit des soins au “ Pavillon réanimation – Soins intensifs ”. La grille d’entrée de ce bâtiment est tenue par un cadenas de couleur noire. Et cinq policiers veillent. Armés. “ Allez vous renseigner à la guérite ou chez le directeur. Ne venez plus ici ”, lance un inspecteur de police aux journalistes. Et de les suivre pour s’assurer qu’ils sont vraiment partis.
Une source hospitalière affirme que Abah Abah va mieux. Il s’est réveillé et a retrouvé l’usage de la parole. La même source révèle qu’il pourrait être déplacé de cette unité, vers le pavillon haut standing. “ Il est arrivé là vers 11h ”, affirme-t-on ici. On y apprend aussi que l’ex membre du gouvernement est arrivée à bord d’une ambulance, escortée par des pick-up de la police. Son médecin et des membres de sa famille l’accompagnaient. C’est ensuite que d’autres parents sont venus à son chevet. Le dispositif de sécurité déployé à cet effet a rendu la journée difficile pour les usagers et même pour le personnel de l’hôpital.
Vers 16h, la tension est montée dans ce pavillon. Des policiers sont venus notifier au malade la prorogation de sa garde à vue. Ce pour une durée de 48h. Les flics tenaient à notifier Abah Abah en personne “ contre l’avis du médecin ”, eu égard à son état de santé. “ Ce n’est pas normal ”, s’en plaint Me Nouga, avocat du malade. Selon lui, c’est de l’acharnement. “ Les policiers peuvent notifier cette prorogation à ses avocats ”, suggère-t-il.
Etat critique
Le malaise dont souffre Polycarpe Abah Abah serait survenu aux environs de 8h hier, 2 avril 2008. Une autre source précise que le concerné prenait sa douche à la direction de la police judiciaire à Yaoundé. Il y est en effet détenu depuis le matin du 31 mars 2008. “ Je commence à m’inquiéter pour la santé de mon client. Je ne comprends pas. On l’a laissé en santé hier soir ”, s’inquiète Me Nouga.
Le lendemain, c’est un coup de fil qui l’informe de ce que son client a eu un choc. “ Est-ce que ce sont les conditions de détention, avec le froid, les moustiques, les rats, et il dort à même le sol, ou autre chose qui ont provoqué ce malaise ”, s’interroge l’avocat.
L’avocat et ses confrères rappliquent à la Dpj, ainsi que la famille et le médecin. Ils sollicitent l’évacuation de Abah Abah où il “ pourra recevoir de meilleurs soins ”. Niet ! Leur répond-on. Les officiers de police judiciaire en charge de l’enquête exigent de prendre connaissance du dossier médical de leur hôte. Au regard de ce dossier et de l’état de l’enquêté, “ les officiers ont aussi souhaité qu’il soit évacué. Mais ils sont revenus nous dire que des instructions venues de hauts lieux ne le permettent pas ”, relate Me Nouga.
Face à la situation apparemment critique, les hauts lieux ont finalement consenti à l’évacuation. Ensuite, “ Il a été admis en réa dans un état inquiétant ”, dit l’avocat. L’hospitalisation de l’ex ministre met ainsi une pause à l’audition dont il fait l’objet depuis lundi. Une situation quasi similaire à celle de l’ex trésorier payeur général de Yaoundé, Etogo Mbezele Luc Evariste. Lui aussi est interné dans un hôpital. C’est son épouse qui vient répondre aux questions de la police.
Quant à leurs compagnons de malheur, ils répondent aux enquêteurs de vive voix. Il s’agit de Urbain Olanguena Awono et Feuzeu Maurice et Okala Raphaël. Certaines sources annonçaient hier qu’ils y ont été rejoints par Hélène Mewoulou, Sylvain Ngono, Zacharie Abongo et Rose Banfegha.
Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 03-04-2008
Posté le 31.03.2008 par edouardtamba
INCIDENT
La chambre de Kodock réduite en cendre
Un incendie a léché la résidence de Augustin Frédéric Kodock à Yaoundé dans la soirée du 30 avril 2008. L’intervention des pompiers et des voisins limite les dégâts.
Fin de semaine en fumée au lieu-dit carrefour Biyem-Assi à Yaoundé. Il est 18h30, et une marée humaine trouble la circulation sur l’axe menant au quartier Etoug-Ebe. En plus des véhicules garées sur les abords de la voie. Cette foule encercle ainsi le domicile de Augustin Frédéric Kodock, secrétaire général d’une faction de l’Union des populations du Cameroun (Upc), et plusieurs fois membre du gouvernement. La villa en question a été victime d’un incendie. Les sapeurs pompiers s’activent encore, entre la maison et leur camion à l’extérieur. Les centaines de curieux agglutinés dehors veulent voir. Faute de pouvoir entrer, la clôture est prise d’assaut.
La vue de cet angle laisse apercevoir les meubles et appareils jonchant la cour. Au loin, une torche éclaire les débris. La fumée continue de s’élever du bâtiment. Les balcons de l’immeuble d’à côté offre une vue imprenable aux photographes et cameramen. De là on a comme l’impression qu’une météorite s’est abattue sur la maison de l’ex-ministre. Le toit est parti en fumée. Tout comme le contenue de la pièce. Il s’agit la chambre de A.G. Kodock selon les témoignages. Les flammes n’y ont rien laissé. « Ca a comment entre 17h20 et 17h30. Nous étions en face de la station mobil. On a vu une flamme noire monter, et on a pensé que ce sont les fabricants d’aluminium qui brûlaient les pneus. Mais on se rend compte que la flamme est trop intense pour des roues », raconte un voisin ayant participé aux premiers secours. « C’est alors qu’un automobiliste en provenance d’Etoug-Ebe leur lance : « attention, la maison du ministre est entrain de brûler », poursuit-il.
C’est alors que d’autres personnes et lui courent vers la villa en flamme. Un autre témoin précise que seule l’épouse du ministre était dans la maison au début de l’incendie. « On a commencé à faire sortir tout ce que vous voyez là. On a même voulu faire sortir les voitures, mais les gens ne pouvaient pas pousser », continue de raconter notre premier témoin. La demie douzaine de véhicules en question est sauve. « On a voulu prendre les escaliers, mais la chaleur nous a repoussé. Certains ont pu contourner la maison pour intervenir ». L’eau issue du robinet de la cour étant insuffisante, « on a percé la citerne qui est en haut là. Plus on versait de l’eau, et plus la flamme augmentait. Les pompiers sont arrivés près de 30mn après. Le feu était encore intense et ils ont éteint », ajoute-t-il.
C’est alors qu’apparaissent les dégâts. « Il n’y a que la chambre du boss qui a brûlé. Toute la chambre a brûlé, tout. Le vieux a déclaré qu’il y avait des passeports, des carnets d’épargne, des documents. C’est le coffre-fort qu’on a pu récupérer », indique un autre témoin, secouriste à l’occasion. « D’après les déclarations du vieux, l’origine du feu est criminelle. Ca faisait sensiblement 30 mn qu’il était sorti », signale-t-il. Une indiscrétion laisse entendre que A.G. Kodock accuserait des militaires de la marine vivant dans son voisinage. Policiers et gendarmes présents de quoi se mettre sous la dent. D’ici aux résultats de l’enquête, c’est une retraite politique loin d’être paisible pour l’ex membre du gouvernement.
Edouard TAMBA
In Le Messager du 31 mars 2008
Posté le 31.03.2008 par edouardtamba
INCIDENT
La chambre de Kodock réduite en cendre
Un incendie a léché la résidence de Augustin Frédéric Kodock à Yaoundé dans la soirée du 30 avril 2008. L’intervention des pompiers et des voisins limite les dégâts.
Fin de semaine en fumée au lieu-dit carrefour Biyem-Assi à Yaoundé. Il est 18h30, et une marée humaine trouble la circulation sur l’axe menant au quartier Etoug-Ebe. En plus des véhicules garées sur les abords de la voie. Cette foule encercle ainsi le domicile de Augustin Frédéric Kodock, secrétaire général d’une faction de l’Union des populations du Cameroun (Upc), et plusieurs fois membre du gouvernement. La villa en question a été victime d’un incendie. Les sapeurs pompiers s’activent encore, entre la maison et leur camion à l’extérieur. Les centaines de curieux agglutinés dehors veulent voir. Faute de pouvoir entrer, la clôture est prise d’assaut.
La vue de cet angle laisse apercevoir les meubles et appareils jonchant la cour. Au loin, une torche éclaire les débris. La fumée continue de s’élever du bâtiment. Les balcons de l’immeuble d’à côté offre une vue imprenable aux photographes et cameramen. De là on a comme l’impression qu’une météorite s’est abattue sur la maison de l’ex-ministre. Le toit est parti en fumée. Tout comme le contenue de la pièce. Il s’agit la chambre de A.G. Kodock selon les témoignages. Les flammes n’y ont rien laissé. « Ca a comment entre 17h20 et 17h30. Nous étions en face de la station mobil. On a vu une flamme noire monter, et on a pensé que ce sont les fabricants d’aluminium qui brûlaient les pneus. Mais on se rend compte que la flamme est trop intense pour des roues », raconte un voisin ayant participé aux premiers secours. « C’est alors qu’un automobiliste en provenance d’Etoug-Ebe leur lance : « attention, la maison du ministre est entrain de brûler », poursuit-il.
C’est alors que d’autres personnes et lui courent vers la villa en flamme. Un autre témoin précise que seule l’épouse du ministre était dans la maison au début de l’incendie. « On a commencé à faire sortir tout ce que vous voyez là. On a même voulu faire sortir les voitures, mais les gens ne pouvaient pas pousser », continue de raconter notre premier témoin. La demie douzaine de véhicules en question est sauve. « On a voulu prendre les escaliers, mais la chaleur nous a repoussé. Certains ont pu contourner la maison pour intervenir ». L’eau issue du robinet de la cour étant insuffisante, « on a percé la citerne qui est en haut là. Plus on versait de l’eau, et plus la flamme augmentait. Les pompiers sont arrivés près de 30mn après. Le feu était encore intense et ils ont éteint », ajoute-t-il.
C’est alors qu’apparaissent les dégâts. « Il n’y a que la chambre du boss qui a brûlé. Toute la chambre a brûlé, tout. Le vieux a déclaré qu’il y avait des passeports, des carnets d’épargne, des documents. C’est le coffre-fort qu’on a pu récupérer », indique un autre témoin, secouriste à l’occasion. « D’après les déclarations du vieux, l’origine du feu est criminelle. Ca faisait sensiblement 30 mn qu’il était sorti », signale-t-il. Une indiscrétion laisse entendre que A.G. Kodock accuserait des militaires de la marine vivant dans son voisinage. Policiers et gendarmes présents de quoi se mettre sous la dent. D’ici aux résultats de l’enquête, c’est une retraite politique loin d’être paisible pour l’ex membre du gouvernement.
Edouard TAMBA
In Le Messager du 31 mars 2008
Posté le 14.03.2008 par edouardtamba
Affaire Bakassi
Cameroun/Nigeria : la frontière maritime délimitée
La commission mixte des Nations unies pour la mise en œuvre de l’arrêt de la Cour internationale de justice rendu le 10 octobre 2002 boucle sa 21e session aujourd’hui, 14 mars 2008 à Yaoundé.
Les frontières terrestres et maritimes séparant la Nigeria du Cameroun ne sont pas entièrement matérialisées. Raison pour laquelle la Commission mixte mise sur pied pour faire appliquer l’arrêt de la Cour internationale de justice (Cij) du 10 octobre 2002, continue de travailler. La 21e session qui s’est ouverte hier à Yaoundé pourrait rentrer dans l’histoire. Car selon le nouveau président de cette commission, le général Lamine Cisse, “ au cours de la présente session, le Cameroun et le Nigeria signeront, sans doute, un instrument juridique marquant une nouvelle étape dans l’exécution du jugement de la Cour (…) à savoir, la carte maritime sur laquelle ont été transposés les calculs relatifs à la ligne loxodromique [trajectoire suivie par un navire lorsqu’il coupe les méridiens sous un même angle, dixit Le petit Robert 2006] vers l’océan ”.
Une carte qui fait suite à la délimitation maritime approuvée par les deux pays lors de la session extraordinaire de la Commission le 11 mai 2007. Les avancées de la commission concernent aussi près de 1690 Km de frontière terrestre entre le Cameroun et le Nigeria. A ce propos, “ je suis heureux de vous annoncer qu’à ce jour, l’équipe technique mixte s’est définitivement entendue sur plus de 830 Km de frontière à démarquer ”, poursuit le général sénégalais. A l’en croire, le marquage de cette frontière terrestre pourrait connaître une accélération. Car, “ un réseau de points géodésiques vient d’être établi de part et d’autre de la frontière sur toute sa longueur ”, révèle-t-il. Le discours du président de la Commission mixte a aussi laissé entendre que le Cameroun et le Nigeria “ se sont entendus sur le principe de la construction d’un poste frontalier de contrôle unique, sur le corridor Bamenda (Cameroun) – Enugu (Nigeria) ”, sur financement de la Banque africaine de développement.
Le chef de la délégation nigériane, Prince Bola Ajibola, se félicite de ce que les travaux commencés il y cinq ans, sont en bonne voie. La preuve : les multiples transferts de souveraineté opérés depuis 2003, “ le retrait de l’armée nigériane de la péninsule de Bakassi en 2006 ”, les contributions financières des deux pays pour le marquage de la frontière… Et, “ je voudrais réitérer à tous que le Nigeria met tout ce qui est à sa disposition pour assurer un bon déroulement du retrait de Bakassi en août 2008 ”, conformément à l’accord de Grentree signé en 2006. Mais la commission n’a pas les dernières nouvelles officielles du terrain, depuis la 20è session de novembre 2007 à Abuja.
“ Il avait été convenu de dépêcher une mission d’observation dans la péninsule, du 3 au 7 mars 2008. L’objectif n’a pu être atteint, à cause d’impératifs indépendants de la volonté des uns et des autres ”, regrette Lamine Cisse. N’empêche que “ l’occasion nous sera donnée d’évaluer les activités menées pendant cet intervalle inhabituellement long ”, assure le ministre délégué à la Justice, en lieu et place du Garde des sceaux, “ empêché ”. Selon lui, “ aucun incident n’a été signalé depuis la dernière mission des observateurs en octobre 2007 ”. Et les 21 militaires camerounais tués le 12 novembre dernier? Il s’agit de “ tristes événements ” que “ nos deux gouvernements ont su gérer dans la sérénité et la coopération ”, indique le ministre. La Commission mixte boucle sa 21e session ce jour, 14 mars 2008.
Par Edouard TAMBA
Le 14-03-2008
Posté le 14.03.2008 par edouardtamba
Université de Yaoundé I
L’armée “ encercle ” les étudiants
Le dispositif n’avait rien de discret. Dès la matinée d’hier, 13 mars 2008, usagers et habitants de la zone de Ngoa Ekelle ont été surpris par le déploiement de forces de l’ordre dans ce quartier. Les gendarmes embusqués depuis quelques jours à l’entrée de l’Univesité de Yaoundé I sont en poste. “ Les policiers font quoi ici, nombreux comme ça ? ”, s’interroge le passager d’un taxi, non loin de l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs). Les policiers en question sont devant les deux commissariats d’en face. La plupart équipés de matériels anti-émeutes. Le char à eau baptisé ici “ Abraham ”, est garé à l’extérieur. Quelques heures plus tard. Les hommes en tenue sont encore plus nombreux.
Des gendarmes sont adossés le long de la clôture de l’Assemblée nationale. Une dizaine de gendarmes et militaires sont visibles dans la cour de la Brigade de gendarmerie de Melen. Idem en face du Ces de Ngoa Ekelle. Et le long de l’axe qui mène à l’entrée de l’Université. A cet endroit, c’est un militaire qui dirige la circulation. Kalachnikov chargée en bandoulière. “ Ils sont là parce que l’Addec [Association pour la défense des droits des étudiants du Cameroun, ndlr] veut faire des manifestations ”, explique un étudiant qui dit avoir été prévenu par Sms. Joint au téléphone, le président de l’Addec, Batogna Gnitchogna, pense aussi que c’est une présence dissuasive.
Ce dernier confirme leur opposition à une éventuelle révision de la Constitution. Mais une date n’a pas été révélée pour des manifestations. La session parlementaire s’ouvrant hier, les bidasses ont joué la carte de la prévention. L’Addec a tout de même confirmé la libération d’étudiants détenus à la prison centrale de Yaoundé suite au mouvement social du mois dernier. Ils “ continuent, cependant, de suivre avec attention et d’attendre avec impatience la libération de nos camarades de l’Université de Buéa ”, indique un communiqué de l’Addec. On y apprend aussi que “ des enquêtes sont en cours au niveau de l’Université de Douala pour identifier les étudiants qui sont dans une situation similaire à celle de leurs camarades de Buéa et leur apporter toute l’assistance dont ils pourraient avoir besoin ”.
Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 14-03-2008
Posté le 14.03.2008 par edouardtamba
Université de Yaoundé I
L’armée “ encercle ” les étudiants
Le dispositif n’avait rien de discret. Dès la matinée d’hier, 13 mars 2008, usagers et habitants de la zone de Ngoa Ekelle ont été surpris par le déploiement de forces de l’ordre dans ce quartier. Les gendarmes embusqués depuis quelques jours à l’entrée de l’Univesité de Yaoundé I sont en poste. “ Les policiers font quoi ici, nombreux comme ça ? ”, s’interroge le passager d’un taxi, non loin de l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs). Les policiers en question sont devant les deux commissariats d’en face. La plupart équipés de matériels anti-émeutes. Le char à eau baptisé ici “ Abraham ”, est garé à l’extérieur. Quelques heures plus tard. Les hommes en tenue sont encore plus nombreux.
Des gendarmes sont adossés le long de la clôture de l’Assemblée nationale. Une dizaine de gendarmes et militaires sont visibles dans la cour de la Brigade de gendarmerie de Melen. Idem en face du Ces de Ngoa Ekelle. Et le long de l’axe qui mène à l’entrée de l’Université. A cet endroit, c’est un militaire qui dirige la circulation. Kalachnikov chargée en bandoulière. “ Ils sont là parce que l’Addec [Association pour la défense des droits des étudiants du Cameroun, ndlr] veut faire des manifestations ”, explique un étudiant qui dit avoir été prévenu par Sms. Joint au téléphone, le président de l’Addec, Batogna Gnitchogna, pense aussi que c’est une présence dissuasive.
Ce dernier confirme leur opposition à une éventuelle révision de la Constitution. Mais une date n’a pas été révélée pour des manifestations. La session parlementaire s’ouvrant hier, les bidasses ont joué la carte de la prévention. L’Addec a tout de même confirmé la libération d’étudiants détenus à la prison centrale de Yaoundé suite au mouvement social du mois dernier. Ils “ continuent, cependant, de suivre avec attention et d’attendre avec impatience la libération de nos camarades de l’Université de Buéa ”, indique un communiqué de l’Addec. On y apprend aussi que “ des enquêtes sont en cours au niveau de l’Université de Douala pour identifier les étudiants qui sont dans une situation similaire à celle de leurs camarades de Buéa et leur apporter toute l’assistance dont ils pourraient avoir besoin ”.
Par Edouard TAMBA
In Le Messager du 14-03-2008